Algérie

L'ouverture médiatique, pilier des réformes de Chadli

L'ouverture médiatique, première du genre en Algérie indépendante, initiée par le défunt président Chadli Bendjedid, décédé samedi dernier, avait permis non seulement de rompre avec la presse du parti unique, mais aussi l'apparition de titres de la presse privée, et ce, malgré les avis de professionnels qualifiant cette ouverture de "forcée".
L'ancien président de la République avait senti la nécessité d'opérer des changements dans le secteur de la presse, dès la moitié des années 1980, avec la création de deux quotidiens nationaux (Horizons2000 et EL Massa), ayant pour objectif de capter l'électorat jeune.
Cette période avait connu, notamment, l'un des rares débats houleux et contradictoires au sein de la presse nationale, sous le régime du parti unique, à travers en particulier l'hebdomadaire "Algérie Actualités" et le magazine du Front de libération nationale (FLN), "Révolution africaine", dont le projet de l'enrichissement de la Charte nationale fut le thème essentiel de ces débats.
C'est dans ce contexte que le vent des réformes dans les différents secteurs d'activités commençait à souffler, offrant, ainsi, plus de marge pour les professionnels de la presse d'amorcer un débat autour de l'avenir de leur profession.
Si l'explosion d'octobre 1988 fut à l'origine de la Constitution de 1989 qui avait consacré le pluralisme politique, les prémices de l'ouverture dans le secteur de la presse se furent sentir bien avant ces évènements, s'accordent à dire des membres fondateurs du Mouvement des journalistes algériens (MJA), auteurs de mémoires sur ce sujet.
Ainsi, le journaliste Lazhari Labter raconte dans son livre "Journalistes algériens entre le bâillon et les balles" que depuis la fin de l'année 1987, des journalistes algériens, peu au début, de plus en plus nombreux par la suite, "ont commencé à s'organiser (à) sans direction, dans des assemblées générales souveraines". Selon son témoignage, ces journalistes éditaient, déjà, un bulletin de liaison intitulé "Inter-organes".
Abondant dans le même sens, le journaliste Abderrahmane Mahmoudi, un des membres du MJA, raconte dans son livre-témoignage, "Information, la face cachée du mensonge", que "les assemblées générales et les rencontres auxquelles n'assistaient pas plus de 90 journalistes, issus en majorité de l'APS, d'El Moudjahid, de Révolution africaine, d'Horizons, d'Algérie Actualités, des chaînes III et IV de la radio et d'un ou deux journalistes de la Télévision, se transforment-elles en assemblées géantes auxquelles affluent la quasi majorité des rédactions du pays".
C'est dans ce contexte précis que la première plateforme commune des journalistes algériens fut adoptée.
Le journaliste, Ahmed Ancer, va dans le même sens, dans son livre-témoignage "Encre rouge", dans lequel il explique que l'ouverture médiatique, consacrée durant la présidence de Chadli Bendjedid, dans la loi sur l'information de 1990, fut aussi l'oeuvre de l'action des journalistes algériens.
La loi n° 90-07 du 3 avril 1990 relative à l'information, (publiée dans le Journal officiel du 4 avril 1990), avait permis, pour la première fois en Algérie, l'apparition de titres partisans, tels qu'Alger Républicain, quotidien proche du Parti de l'avant-garde socialiste (PAGS), Libre Algérie, publication du Front des forces socialistes (FFS), la Tribune du Mouvement pour la démocratie en Algérie (MDA) et d'autres.
C'est grâce, aussi, à l'aide de l'Etat, qui avait remis des avances sur salaires de plusieurs mois à des journalistes de la presse publique, que d'autres titres privés verront le jour cette année (1990).
Cette loi avait permis, également, la mise en place d'un Conseil supérieur de l'information ayant pour mission de réguler le métier et d'organiser le secteur de la presse.
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