Algérie

L'invité de la semaine



- Jusqu’à 30 m3 de détritus sont ramassés par jour, comment expliquez-vous l’insalubrité dans laquelle le se trouve la forêt de Baïnem ' L’une de nos priorités était la réhabilitation des lieux. Il s’agissait d’attirer la population dans la forêt qui était en 2005 complètement déserte. Mais qui dit retour de la population, dit retour des déchets. Nous souhaitons qu’il y ait encore beaucoup de monde qui aurait à fréquenter la forêt de Baïnem, et aussi que les gens se responsabilisent et ne jettent plus leurs ordures. Pour cela, il faut les sensibiliser et les éduquer.
- Pourquoi tant de difficultés à récupérer les déchets qui sont dans la forêt '
Nous collectons chaque jour 2 à 3 remorques de détritus, ce qui équivaut en moyenne à 10 m3 d’ordures par camion. La superficie de la forêt est de 500 ha, avec une brigade qui fait la tournée tous les jours, mais cela ne suffit pas. Nous ne sommes pas nombreux. Pour toute la wilaya, nous sommes 80 forestiers (en tenue), et il existe plus de 100 sites sur la wilaya d’Alger, faites le compte. Puis, nous avons un arsenal juridique qui est incomplet et qui freine la gestion des espaces récréatifs et de détente dans la forêt. Il existe une loi, mais le texte d’application n’existe toujours pas. Il permettrait de faire appel à des investisseurs privés ou publics pour la gestion de ces pôles de distraction. Une commission au niveau de la wilaya doit prendre en charge ces aspects de gestion, mais l’existence de cette commission dépend également du texte d’application.
- En attendant, comment comptez-vous résoudre le problème '
Nous avons fait appel au dispositif d’aide à l’insertion professionnelle pour avoir une main d’œuvre. A ce jour, nous avons obtenu 169 ouvriers sur les 240 demandés. Mais nous sommes très contents, même si cela s’avère insuffisant pour tous les sites d’Alger. Il faut souligner que les choses avancent, nous avons réhabilité la forêt en la sécurisant.
Nous l’avons clôturée pour empêcher toute urbanisation anarchique et réglé les réseaux routiers et d’éclairage. Il y a eu un traitement du couvert végétal en dégageant la surabondance de la végétation secondaire. Les populations sont appelées à y participer en s’organisant sous forme d’association à l’entretien et  à l’enrichissement de la forêt. Nous mettons à leur disposition les moyens matériels et techniques si elles veulent venir planter des arbres dans la forêt, par exemple.
- Quel est le budget dont dispose la forêt de Baïnem '
Il n’y a pas de budget par forêt, il y a des budgets par wilaya, dont le montant dépend de la couverture forestière et de l’importance de forêt pour la population. A Alger, les forêts ne servent par à faire vivre les gens comme c’est le cas ailleurs. Si elle participe économiquement à la vie d’une population, cela est pris en compte. Et puis, il y a les barrages, l’érosion que subit la forêt, ce qui augmente son financement.
- Y a-t-il un directeur par forêt '
Non, il y a un chef de circonscription et quatre circonscriptions à Alger, à savoir Baïnem, Rouiba, Bouchaoui et depuis peu Birkhadem. C’est trop peu. Pour autant de superficie, il faudrait 13 circonscriptions, ce qui permettrait d’avoir des chefs sur place, qui vivraient et travailleraient sur place. Il nous faut quelqu’un qui nous donne des informations quotidiennement.
 
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