Algérie

L’inflation atteint un taux de 4,9%

La facture salée du lait et des médicaments importés Le chef du gouvernement a finalement raison de mettre en garde sur le fait qu’un baril du pétrole en dessous de 65 dollars serait synonyme d’une crise économique pour l’Algérie. Pour cause, le Centre national de l’informatique et des statistiques (CNIS) confirme cette crainte dans son rapport semestriel sur la facture des importations rendu public hier. Ainsi, les importations de céréales et dérivés, de médicaments et de lait et produits laitiers ont coûté la bagatelle de 2,63 milliards de dollars au premier semestre 2008, contre 2,09 milliards de dollars en 2007. Cette facture salée est due principalement à la hausse des cours des matières premières sur les marchés internationaux et dont les prix de certains produits ont presque doublé durant cette période, expliquent les experts. Rien que pour les céréales, les semoules et la farine, la note a atteint 1,90 milliard de dollars (md USD) au premier semestre 2008, contre 910,4 millions USD à la même période en 2007, soit une hausse fulgurante de 109,53%. Au chapitre des produits pharmaceutiques, le bilan comptable n’est guère mieux. Avec une facture de 774,79 millions USD, contre 683,5 millions USD, le médicament enregistre une hausse de 13,36% dans un pays qui tablait pourtant sur le générique pour amortir la note. Quant aux produits alimentaires, le lait et les produits dérivés, la facture s’est également élevée de manière spectaculaire, à hauteur de 740,77 millions USD, contre 499,24 millions USD, soit une hausse de 48,38%. Au total, ces augmentations ont porté le taux d’inflation moyen à 4,9% au cours du premier semestre 2008, selon l’Office national des statistiques (ONS). Cette variation est due essentiellement à une augmentation de 9,2% des prix des biens alimentaires, avec 14,5% pour les produits alimentaires industriels et 4,5% pour les produits agricoles frais, souligne l’Office. S’agissant des prix des produits manufacturés et des services, ils ont progressé chacun de 0,90% pendant la période de référence, toujours d’après la même source. Cette évolution situe le rythme d’inflation annuel (juin 2007-juin 2008) à 2,5%, relève l’Office. La cause? Pour les experts de l’ONS, cela s’explique essentiellement par «l’envolée des cours des matières premières sur les marchés mondiaux». En effet, à l’exception des prix de la pomme de terre qui ont accusé une baisse de 9,10%, les prix du sucre et des produits sucrés (-6,70%) et à un degré moindre, la viande et abats de bœuf (0,40%), tous les produits du groupe alimentation avaient flambé. Cette hausse des prix a touché beaucoup plus les huiles et graisses avec (44,8%), café, thé et infusion (29,2%), fruits (17,9 %), poissons frais (17,5 %), lait, fromage et dérivés (9,8%), pain et céréales (9%) et volaille, lapin et œuf (7,7%). La hausse des produits du groupe s’étend également aux viandes et poissons en conserve (1,9%), la viande et abats de mouton (1,8%) et les boissons non alcoolisées (0,10%). Pour le mois de juin 2008, le taux d’inflation a connu une baisse de 2,1% par rapport au mois précédent, contre une hausse de 1,6% durant la même période de l’année 2007, selon l’ONS. Cette tendance, qui intervient après une augmentation de près de 0,9% relevée en mai 2008, est le fait des biens alimentaires qui ont baissé de 4,2%, résultat d’une chute de 8,4% des prix des produits agricoles frais. Des baisses sensibles caractérisent certains produits, notamment les légumes (25%) et la pomme de terre avec -15,6%. Malgré ces millions de dollars supplémentaires déboursés par le Trésor public, l’Algérie a tout de même réalisé, durant le premier semestre 2008, un excédent commercial de 22,62 milliards de dollars, en hausse de 51,07% par rapport à la même période en 2007, grâce à un baril du brut qui a pulvérisé tous les records. Mais la substantielle chute actuelle des cours du brut risque de fausser tous les calculs, surtout que la tendance est plutôt au repli du marché pétrolier.   Amine Makri
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