Algérie

L'«'il borgne sur la Syrie», nombril du Monde


L'«'il borgne sur la Syrie», nombril du Monde
Le Monde : de quotidien vespéral de référence à quotidien crépusculaire de déférence. Le Monde se veut non le centre du Monde, mais le nombril du Monde. De ce privilège, il use souvent avec discernement, le plus souvent, sans discernement.Pour information la rançon réclamée par les ravisseurs du prêtre italien est de l'ordre de 50 millions de dollars, un chiffre comparativement infiniment plus élevé que celui fixé pour les journalistes français « en raison de la passivité de l'Italie en Syrie ». Un « 'il borgne sur la Syrie » ne saurait porter un bon regard sur la Syrie, tout au plus un regard torve. Telles sont les lois implacables de l'optique et de la vision. Emporté par son aveuglement dogmatique, Al Kazzaz ira même jusqu'à justifier la prise d'otages par les djihadistes des religieuses de Maaloula (Syrie), en toute quiétude d'esprit. Une opération de désinformation dans la pure tradition de l'agitprop des régimes totalitaires : «L'attaque de Maaloula moins menaçante pour les Chrétiens que certaines couvertures médiatiques », a écrit son fils Frantz Glasman, en digne successeur du pousse au crime. Autrement dit, le saccage d'une bourgade chrétienne et la capture de 17 religieuses, -c'est- à- dire des dames, civiles en habit religieux et désarmées-, est moins grave qu'un article de presse. Cette monstruosité déclenchera une riposte vigoureuse de l'Agence FIDES, le contraignant à un rétropédalage honteux, sans le moindre rappel à l'ordre de la hiérarchie. Tout autre journal que Le Monde aurait été rivé au sol pour « négationnisme » pour une telle énormité... Décidément Jabhat An Nosra fait du « bon travail en Syrie » au point de gangrener le cortex cérébral du clan Glasman. Cf. Sur ce lien http://www.renenaba.com/les-mediactivistes-francais-une-lecture-de-l-histoire-par-le-filtre-religieux/ Un deuxième site du Monde est précisément animé par un qatarophile compulsif incompressible, Nabil En Nasri, reconverti dans la « dé-radicalisation » après avoir longtemps soufflé sur les braises depuis les colonnes même du Monde. Plus grave, au delà des intimidations et de la partialité dont il a fait preuve dans le traitement de la guerre, se sont superposées, les analyses fallacieuses de l'équipe rédactionnelle, au diapason de la thématique du Quai d'Orsay. Ainsi un papier collectif signé de dix mains désignera le ministre des Affaires étrangères du Qatar, Hamad Ben Jassem, comme le diplomate le plus fin du Monde arabe, alors que HBJ, de sinistre mémoire, passe pour avoir été le responsable direct du désastre de Bab Amro, (région de Homs, Février 2012) qui a sonné le glas des espérances atlantistes, particulièrement françaises, en Syrie. http://www.renenaba.com/hbj-le-symptome-de-la-megalocephalite/. HBJ, celui là même qui s'est opposé avec force à la constitution d'un Front démocratique commun entre Haytham Manna et Bourhane Ghalioune, son ancien lieutenant, le jugeant « mou ». Cette information est contenue dans la « tribune libre » adressée par Haytham Manna au Monde, en janvier 2016, et censurée par le quotidien vespéral. Imprudence supplémentaire, cette distinction était de surcroît intervenue six mois avant l'éjection du qatari impulsif par sa télécommande américaine. La métaphore animalière du cobra et de la mangouste Autre exemple de la divagation des prétendus spécialistes français du Monde arabe, la trop fameuse métaphore animalière du «cobra» Mohammad Morsi terrassant la « mangouste » (armée égyptienne). Un papier qui se voulait définitif sur ce sujet. Par malchance, le président néo-islamiste a été emporté au terme d'un an de son mandat rendant caduque cette métaphore et risible son auteur. Même les documentaires animaliers confirment la supériorité de la mangouste, qui s'empare de la gorge du cobra, au terme d'un combat épique et le traîne pour son festin mérité. Partout la mangouste triomphe, sauf au journal le Monde. La preuve par l'image sur ce lien : https://www.youtube.com/watch'v=ztOAvhcWY-8 Pour mémoire, le « cobra » du Monde avait déjà mordu la poussière une première fois, sous Nasser, en 1954. Venant de la part du chef du service international du journal, une telle faribole a révélé le manque de connaissance du journaliste sur un pays dont il a été pourtant correspondant en poste pendant 5 ans (1994-1999), son absence de perspicacité en même temps que l'altération de la fonction critique du journalisme. N'est pas Eric Rouleau qui veut. Un strabisme divergent qui confond le tout et le n'importe quoi, alors que la zoologie converge sur ce point avec une froide analyse des rapports de force. CF. à ce propos : http://www.lemonde.fr/international/article/2012/08/13/le-president-egyptien-frappe-l-armee-a-la-tete_1745535_3210.htmlPar Christophe Ayad. http://www.renenaba.com/l-egypte-caution-sunnite-de-la-russie-face-a-la-triplette-pro-djihadiste-arabie-saoudite-qatar-turquie Le chimique soluble dans le ridicule Soyons charitables et passons sur la grande enquête de deux envoyés spéciaux du Monde à propos de l'usage par l'armée syrienne des armes chimiques dans la région de Ghotta, banlieue de Damas. Des échantillons d'une preuve irréfutable, soutenaient-ils, avant que les justiciers ne sombrent dans le ridicule dans la foulée de la remarquable enquête de Seymour Hersch qui en démontrera et la manipulation et la mystification de l'une des plus grandes opérations d'intoxication de l'époque contemporaine. http://www.madaniya.info/2014/12/15/seymour-hersh-the-red-line-and-the-rat-line/ Le journal Le Monde actera d'ailleurs la défaite française, en même temps que la sienne propre, dans son édition du 1er octobre 2013 : « Loin d'être à la remorque des Américains, la France a cherché à les tirer vers une politique plus décisive sur une politique qui a fait 110 000 morts et menace tout le Moyen-Orient », soutiendra Nathalie Nougayrède dans un éditorial intitulé « les limites de l'influence française ». Ce constat a retenti comme une oraison funèbre de la diplomatie française. Il a été d'autant plus amère que le journal dressait ce jour-là un portrait, en double page, de sa bête noire et de ses blogueurs attitrés : « Bachar Al-Assad, sans une égratignure... Le Lion de Damas sort renforcé du compromis diplomatique qui a suivi le massacre au sarin ». Non Nathalie Nougayrède. Pas du fait du massacre au sarin. Mais du fait du délire des parrains de l'opposition off-shore syrienne et des dérives de leurs poulains. Non Madame, la France n'assume pas une fonction de « diplomatie de repère », ni de balises, mais une diplomatie de repaires et de tanières. De la casuistique du Monde Le Monde (6 janvier 2016), mu par un souci tardif de fausse objectivité, s'est résolu à demander des explications à Mohammad Allouche, chef de Jaych Al Islam, sur ces relations avec Jabhat An Nosra, la franchise syrienne d'Al Qaida. Le chef du mouvement salafiste djihadiste lui a répondu en ces termes sibyllins : « Aussi longtemps qu'Al Nosra combattra le régime, il y a de la place pour une coopération militaire, mais nous avons des différends idéologiques. Nous avons demandé au Front Al Nosra de se distancier d'Al Qaida. Cela a échoué ». Le Monde, curieusement, s'abstiendra de poser la moindre question sur le sort du père Paolo Dall'Oglio, détenu par ses collègues djihadistes. Surtout pas des questions qui fâchent. Point barre. Circulez, il n'y a rien à voir. Point n'est pourtant besoin d'être grand clair pour décrypter ce langage abscons, sans doute formaté par les sessions intensives des experts français dépêchés à Riyad pour initier les mercenaires wahhabites aux subtilités de la technique des éléments de langage. La réponse est là en toute clarté avec le mot d'ordre qui ne laisse place à aucune ambiguïté : « La démocratie c'est l'idolâtrie ». Il suffit de lire en détail, sur ce lien, la coopération entre Al Qaida, Jaych Al Islam, Ahrar Al Cham. http://www.madaniya.info/2016/02/01/le-mouvement-islamique-ahrar-al-sham-les-hommes-libres-du-levant/ Que les confrères du Monde souffre ce rappel à l'ordre. Foin de casuistique : Daech, Al Qaida, Jaych Al Islam, Ahrar Al Cham constituent autant de variations sur le même thème : L'Etat de Droit qu'ils préconisent repose sur un traitement d'égalité fondé sur l'injustice, en ce qu'un minoritaire est condamné du fait même de son statut de minorité qui fait qu'il n'a pas le choix, soit il renonce à son identité d'origine, soit il meurt. Qu'un sunnite n'est pas condamné du fait de sa naissance, mais du fait de sa divergence avec la ligne idéologique dominante. Qu'enfin un musulman non sunnite est tout simplement un non musulman et en subit les conséquences. Pour s'en convaincre observez le traitement journalistique que réserve Al Jazira aux opérations de Daech, où il n'est nul part fait mention de « victimes » quand il s'agit de signaler les « tués » de Daech. Pas « Dahhiya » mais « Qatil ». Jamais le terme de « terrorisme » pour les opérations de Daech par la chaîne du du Qatar, le propriétaire du « Paris Saint Germain », le club de la capitale sinistrée par ses affidés. Les arabisants médiatisés, les Français convertis au zèle de néophyte, les orientalistes de salon auraient dû relever ces distorsions de langage. Mais c'est prendre le risque de déplaire au Prince et de se vouer à une vie de cachot médiatique. Au delà de la lancinante question du maintien ou non à la tête de l'état syrien de Bachar Al Assad, force est d'admettre que l'idéologie djihadiste est une idéologie éradicatrice. Nier cette réalité, c'est se rendre au mieux complice d'une tentative d'éradication de toute diversité au Moyen orient, au pire partenaire d'un génocide. Pour aller plus loin sur la fable de « l'opposition modérée ». http://galacteros.over-blog.com/2016/02/camaieu-de-vert-fonce-l-instructif-panorama-des-rebelles-syriens.html Le Mic Mac du Monde avec Haytham Manna, opposant historique au régime syrien : le nec plus ultra de la fourberie La reprise des pourparlers de Genève III sur la Syrie, fin janvier 2016, a donné lieu à une rencontre entre Haytham Manna et un correspondant du Monde, au terme de cinq ans de brouille, à la demande du journaliste. Une telle prise de contact avait alors été interprétée par des observateurs sur place comme une volonté du Monde de nuancer sa position sur le conflit syrien à proximité du départ du Quai d'Orsay de Laurent Fabius, le mentor occulte du quotidien. Que nenni. En France, c'est bien connu, on ne change pas une équipe qui perd, surtout si elle va droit dans le mur en klaxonnant. L'entretien a duré 2 heures 30 au terme duquel l'assurance a été donnée qu'aucune retouche ne serait apporter au texte de l'opposant historique au régime syrien. Mais le texte a été refusé à la publication pour une sombre question de comptabilité des signes qui masquait mal une compatibilité des lettres. Gaidz Minassian, Directeur de la page « Idées » du journal Le Monde, -drôle d'idée- est membre du trio arménien composé des cousins Ara Toranian et Frank Mourad Papazian et de sa personne, qui s'est livré à une OPA sur la communauté arménienne de France en vue d'une synergie avec le CRIF. Proche de Frédéric Encel -le « GUD GUY » par excellence de l'extrême droite israélienne et réserviste de l'armée israélienne sur le Golan-, il est particulièrement sensible à la règle de jeu initiée par son mentor botuliste. Pour aller plus loin sur Gaidz Minassian, cf. à ce propos : http://www.madaniya.info/2015/04/25/hommage-aux-victimes-du-genocide-armenien-et-du-groupe-manouchian/ Ah les misères du journalisme d'accompagnement. La destruction de la Libye par la France et ses amis arabes (Qatar) a fragilisé le pré-carré français en Afrique (Mali, Tunisie). En toute impunité pour ses concepteurs. Au prix fort pour la Libye, ses habitants, son environnement et la sécurité régionale. Gardons nous donc d'une lecture exclusivement occidentaliste des événements : L'avènement d'une « Syrie nouvelle, sans Assad » présuppose l'avènement d'une « Arabie saoudite nouvelle, sans une dynastie obscurantiste et takfiriste », Il en est de même pour le Qatar. Et s'il n'y a « pas de printemps en Syrie », c'est tout bonnement parce qu'il n'y a « pas eu de printemps à Bahreïn ». Et la sécurité du Monde arabe et son développement futur ne sont pas réductibles à la sanctuarisation d'Israël et du ravitaillement énergétique des pays industrialisés. D'autres paramètres s'imposent en priorité, notamment la constitution d'un « seul critique » du Monde arabe, par le dépassement de sa balkanisation, à l'effet de peser sur la scène mondiale, le réequilibrage stratégique du Monde pour le dégager de l'étreinte de la majorité de blocage détenue au sein de la Ligue arabe par les monarchies arabes du fait de leur alliance avec les confettis de l'empire (Djibouti et Comores). Enfin, dernier et non le moindre des priorités, le combat contre l'alliance contre nature des « grandes démocraties occidentales » avec le syndicat monarchique le plus obscurantiste de la planète, qui entrave toute fluidité politique et sociale du Monde arabe de même qu'une évolution harmonieuse de l'Islam. Le Monde de même que Libération ont ainsi assumé une fonction invasive dans cette guerre... À la manière d'une plante invasive, ils ont détruit la biodiversité dans les espaces qu'ils ont conquis. De quotidien vespéral de référence, Le Monde a muté, à la faveur de la guerre de Syrie, en quotidien crépusculaire de déférence. Au « Hall of Fame » de la profession aurait pu y figurer le site « Médiapart » n'était-ce la présence insidieuse et sournoise, tapie dans ses colonnes, de l'islamophiliste Thomas Pierret « burqa Boy's » par excellence et archétype des intellectoïdales français. Pierret stigmatisera, arbitrairement, de « pro-assad » le « Collectif pour la Syrie », alors que ce groupement apolitique qui fédère la fine fleur de l'intelligentzia syrienne de France et des sympathisants français de la Syrie maintiendra à flot, contre la volonté des pouvoirs publics, mais grâce à son réseau relationnel, le prestigieux Lycée Charles de Gaulle de Damas, l'ultime instance culturelle française encore en activité en Syrie. La couverture médiatique de la guerre de Syrie passera à la postérité comme l'un des épisodes les plus honteux de l'histoire de la presse française. Durant cette séquence, l'honneur de la presse française a porté le nom de 3 titres : la Croix, L'Humanité et le Figaro. L'honneur de la profession. L'honneur de la France. (Suite et fin)


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