Algérie

L?anticorps de la mort

On avait fait peur, on avait affolé les poulets et les mangeurs de poulets, on avait cru à la grippe aviaire décimant par les oiseaux migrateurs de l?Apocalypse toute la terre algérienne et ses habitants. On avait lu les chiffres et cru à l?hypertension généralisée là où chaque formalité administrative peut provoquer un pic fatal, tant les obstacles sont nombreux et surviennent toujours là où ils ne sont pas censés surgir. On avait parcouru les statistiques effarantes et on pensait au diabète pour tous dans une terre trop salée où chacun se gave de sucre pour mieux résister à la déprime. On a pensé aux malaises cardiaques dans un pays qui fait encore peur, à une pandémie de sida dans une contrée où les gens aiment se serrer en dépit des interdits. On a cru à la peste totale dans un pays où les gens ont désappris les règles élémentaires de l?hygiène, on s?est demandé quel fléau allait finir par achever ces Algériens qui ont perdu tant des leurs lors des dernières guerres, catastrophes naturelles et humaines. Finalement, les Algériens résistent assez bien. Malgré les prix incroyables des médicaments, malgré une médecine publique sinistrée qui fait pousser à l?exil pour une simple indigestion. Malgré les produits avariés, les sandwichs d?occasion et les containers d?aliments frelatés, malgré la torture de l?ENTV, la pression des islamistes et la menace permanente de l?Etat. Finalement, ce sont les dirigeants qui tombent malades. Il n?y a peut-être là aucun message particulier, à part que l?hiver est une saison difficile et que les gouvernants, même s?ils sont mieux protégés, mieux nourris et plus choyés, peuvent tomber malades. Quant au reste des Algériens, ils ont développé assez d?anticorps pour tenir mille ans. Quelque chose qui puisse les rendre malades ? L?interdiction des paraboles ou le rétablissement de l?autorisation de sortie.
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