Algérie

«L'Algérie n'a nul besoin des Qataris pour créer de la richesse» Kamel Benkoussa. Financier pour un fonds d'investissement américain

L'offensive des fonds souverains qataris fait jaser dans de nombreux pays européens, mais elle inquiète aussi et surtout en Algérie. Le sens d'une telle offensive laisse perplexe.
C'est à ce titre justement que le financier algérien Kamel Benkoussa, qui animait hier une conférence à l'université d'Alger, a estimé que l'Algérie n'a nul besoin des fonds souverains de l'émirat du Golfe pour faire fructifier ses avoirs financiers.
Loin de mettre en doute les capacités et les compétences des Qataris en la matière, le financier et consultant auprès d'un fonds d'investissement américain, basé à la City de Londres, affirme que confier de la sorte ses avoirs aux fonds d'investissement qataris, c'est faire comme s'il n'y avait pas de compétences en Algérie capables de gérer un fonds souverain algérien. Il se demande d'ailleurs si un seul investissement qatari opéré à ce jour en Algérie a été créateur de richesse. La réponse par la négative conforte ainsi dans son propos le trader, partenaire au sein de GH Trading LLP.
Celui-ci estime ainsi que la création de richesse et de valeur ajoutée ne peut être que le fait des Algériens. Aussi, la création d'un fonds souverain algérien permettrait aux nationaux d'améliorer leurs capacités en matière de gestion des risques, de maîtriser les outils, en plus d'ouvrir à l'Algérie l'accès aux marchés. Une nécessité pour le financier qui croit qu'actuellement, le pays est loin de réaliser les performances qu'il devrait atteindre. Mettant en avant la dépendance chronique au produit de l'exportation des hydrocarbures,
M. Benkoussa estime que les avoirs financiers dont dispose l'Algérie sont loin d'être la panacée. Des réserves de change d'un peu plus de 183 milliards de dollars, lesquels ne représentent que quatre années d'importations, et un PIB à 190 milliards de dollars pourraient sembler comme une goutte d'eau dans l'océan des flux financiers en circulation quotidiennement. Il estime ainsi que le PIB de l'Algérie devrait être 10 fois supérieur à ce qu'il est aujourd'hui et atteindre un minimum d'un trillion (1000 milliards) de dollars.
Le financier pense aussi que l'Algérie est capable d'atteindre un taux de croissance de 10% à l'horizon 2025. Selon lui, l'Algérie est condamnée à devenir performante dans la mesure où dans le contexte actuel, le pays risquerait de pâtir des effets de la crise de la dette souveraine. Elle serait ainsi impactée, dans un premier temps, par un recul des cours du baril, mais surtout par une hyperinflation à venir que les économies occidentales alimenteront dans le seul objectif de réduire le poids de leurs dettes souveraines. Une inflation que l'Algérie introduira via ses importations. Ce qui alimentera à son tour les pressions inflationnistes et finira par se traduire par une grogne sociale grandissante.
Le trader estime également qu'il ne faut surtout pas compter sur l'apport des puissances occidentales pour s'en sortir, car ces dernières sont prêtes à dilapider les avoirs de 100 pays comme l'Algérie pour servir les intérêts de leurs populations.
Or, des solutions existent, selon le financier, pour peu que l'on mette un terme à la navigation à vue qui a caractérisé l'Algérie depuis 2000 et qui s'est soldée par une croissance médiocre (2,6% de croissance du PIB), malgré un programme d'investissements publics de 286 milliards de dollars. Investir dans l'infrastructure et l'éducation, mais aussi associer des industriels visionnaires à la croissance. La création d'un fonds souverain de 20 à 50 milliards de dollars serait aussi, selon M. Benkoussa, une solution parmi tant d'autres qui aurait le mérite de rentabiliser des avoirs financiers placés aujourd'hui en bons du Trésor avec un rendement réel actuellement négatif à -1%.
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