Algérie

14 Juillet «algérien»

14 Juillet «algérien»
Ils sont fameux, historiques, anonymes et ont provoqué une guerre, assise. Les trois militaires qui participeront aux défilés du 14 Juillet en France, place de la Concorde. On aimerait bien savoir de qui il s'agit, mais on ne le saura pas. Leur identité passe après l'identité. En gros, l'Algérie qui n'aime pas la France qui lui a fait mal avant même qu'elle ne vienne au monde, va célébrer le 14 Juillet. C'est ainsi, vu de loin. Pour la notice, on explique en Algérie qu'il s'agit de trois militaires et pas de toute l'armée, que cela vient avec les 80 autres nations qui ont leur lots de morts durant la Première Guerre mondiale. L'argumentaire se tient et a même un côté Peace and Love. Voilà une occasion et un geste qui aident à clore la guerre des mémoires, à dépasser la guerre par le spectacle et la commémoration et qui ?uvrent à la fameuse refondation. Vu par la notice ou par un étranger au couple Algérie-France, cela sonne bien, Lamamra, notre ministre des AE, s'en sort en mode Ghandi et on est presque convaincu qu'il n'y pas lieu d'en débattre ou même d'en parler. Sauf qu'on est Algériens. Et Français.Chez nous, cette décision est prise dans un pays intoxiqué à «la bataille d'Alger» sans fin, à l'hyper nationalisme de manipulation et à la détestation de la France comme ciment national et racine de l'unité. On a tellement manipulé la mémoire de ce peuple, ses souvenirs et ses émotions qu'aujourd'hui la décision de défiler «là-bas» passe mal, heurte et surprend. N'est-ce pas Bouteflika qui nous a si bien montés contre la France avant d'aller s'y soigner et y résider et s'y promener, lui, les siens et ses «Frères» du FLN ' Comment peut-on à la fois accuser les anti 4ème mandat à vie d'être des agents de la France, des infiltrés, des harkis et mettre en doute leur nationalité et leur patriotisme et à a fois décider de participer au 14 Juillet français sans consulter personne ' Comment une armée algérienne dit d'abord non à cette participation, avant de ne plus rien dire en Grande Muette, bien que Gaïd Salah ait interdit cette expression si exacte 'C'est que cette décision d'envoyer trois soldats algériens faire la paix est une décision saine dans un pays rendu malade par un régime devenu illégitime. On nous impose «la bataille d'Alger» ici et on court faire de la figuration dans un film d'amour là-bas. On ne peut pas à la fois nous monter comme des moutons au nom du mythe de la décolonisation et négocier avec la France une paix de spectacles et de mondanités. C'est que cette décision n'a pas les honneurs et la valeur d'une réconciliation transcendant les souvenirs, mais ressemble, aux yeux des Algériens, à une sorte de caprice mondain d'un homme qui veut plaire en mode international et se montrer généreux en geste symbolique avec des généreux de l'autre bord, de cet autre pays. Les explications de Lamamara sont belles mais vaseuses, les supposés du bon peuple sont confus mais procèdent du bon sens et du soupçon et de l'esprit de conséquence.On ne peut pas à la fois manipuler, pendant des décennies, un peuple en lui répétant que «tout est de la faute de la France» puis y envoyer, nonchalamment et avec légèreté, des militaires algériens y faire parade. On ne peut nous polluer l'esprit avec la génération des décolonisateurs et leurs mythes et idéologies imposées comme essence, puis se parfumer pour y aller deviser sur la paix et la réconciliation. Il est nécessaire et urgent d'aller au delà du souvenir de la guerre et l'usage que l'on fait encore de notre mémoire et assumer la blessure comme la proximité, mais il est nécessaire de le faire dans la transparence, avec des raisons nobles et entièrement, jusqu'au bout et sans revenir nous haranguer à chaque crise du régime sur notre devoir d'unité et la célébration infinie de notre guerre de Libération et ses enfants qui ne veulent pas mourir et nous laisser reposer en paix. La Réconciliation est un concept qui a déjà été utilisé pour abuser les Algériens chez eux, entre eux après la guerre des années 90. Voila que l'on nous le ressert, avec la même mauvaise foi, en mode bilatéral.Que l'on arrête de nous faire à nous la guerre au nom de la guerre de Libération. C'est alors que la paix sera vécue chez nous et ailleurs comme un désir. Les militaires algériens pourront défiler en France au nom d'une histoire assumée et dépassée et pas sur caprice d'un Roi. Et on pourra enseigner Albert Camus dans nos écoles sans que cela soit crime de traîtrise ni occasion d'insultes.Défiler le 15 juillet en France pour des militaires algériens est un geste audacieux mais ses raisons sont douteuses.


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