Algérie

Journée de la Femme : Récit d'une des premières combattantes de l'ALN

Hadja Mehdi Djamila, native de Maghnia (Tlemcen), une sage-femme actuellement en retraite, a, dès son jeune âge, rejoint en 1955 les maquis de la Zone II (Nedroma et Filaoucéne) de la wilaya 5 pour prendre part aux opérations aux côtés des djounoud de l'Armée de Libération Nationale (ALN). Son seul regret c'est d'être restée vivante et surtout de n'avoir pas rejoint la longue liste des martyrs de la révolution et tomber au champ d'honneur les armes à la main. Hadja Djamila, qui était une institutrice entre 1953 et 1954 au sein de la section locale de l'association des ulémas avant de regagner le maquis, assistait, dès le début du déclenchement de la révolution, les fidayîn dans des actions armées à Maghnia. A la suite d'un attentat et une dénonciation, un juge français, M. Dole, ami du père décédé, a avisé la famille que leur fille Djamila était soupçonnée et qu'elle allait être arrêtée par la police. Grâce à ses contacts, elle a pu quitter sa ville natale à l'âge de 18 ans pour rejoindre le maquis. A présent, elle se rappelle et décrit avec précision, pour un devoir de mémoire, les dures conditions de vie requises pour une jeune fille dans le maquis et son intégration avec une autre moudjahida, Anissa Derar, dans les rangs de l'ALN. Elle se remémore de sa s'ur « Tetma » qui était sa confidente et qui avait la charge de la famille et surtout de ses compagnons d'armes blessés grièvement ou qui ont laissé leur vie à la fleur de l'âge dans le combat libérateur ou en franchisant la ligne électrifiée Morris pour ravitailler en armes les maquis de l'intérieur. « Après un passage de quatre mois pour une formation militaire dans une base au Maroc sur ordre du Colonel Houari Boumediene, qui était entouré de Abdelhamid Boussouf qu'on nous avaient présentés, nous fûmes ensuite affectées dans une unité combattante pour des embuscades, soigner les blessés ou assister les populations civiles. Un dur travail de sensibilisation a été opéré par les cadres des commissariats politiques de l'ALN pour nous faire accepter au sein des populations ». Au lendemain de l'indépendance, elle prend le chemin de l'hôpital Parnet à Alger pour une formation de sage-femme qu'elle exerce à Oran au sein de la maternité du CHUO avant d'ouvrir une clinique qu'elle honora jusqu'à sa retraite.
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