Algérie

Initié en 2005 par un consortium algéro-émirati

Le projet d’aluminerie de Béni-Saf serait-il compromis ? Selon le site électronique «Tout sur l’Algérie», citant des cadres de la Sonatrach, le projet de l’aluminerie de Béni-Saf dans la wilaya d’Aïn Témouchent, annoncé en grande pompe depuis 3 ans, risque de ne pas voir le jour. Initié en 2005 par un consortium algéro-émirati, composé de Sonatrach, Sonelgaz, Dubal et Mubadala, le projet d’usine de production d’aluminium d’une capacité de 700.000 tonnes dans cette région touristique et agricole, fait face à quatre contraintes majeures. A savoir la répartition du capital de l’usine d’aluminium entre les parties algérienne et émiratie, les conditions d’exportation de l’aluminium brut, le coût du projet et son impact environnemental sur la ville, classée zone touristique. Selon la source, la répartition inégale du capital de l’aluminerie entre les Algériens (30%) et les Emiratis (70%) a suscité la convoitise au sein de la compagnie nationale pétrolière. Dans ce projet, Sonatrach et Sonelgaz se contentent de simples rôles de figurants, de facilitateurs et de fournisseurs d’énergie bon marché. Pour les cadres de la Sonatrach, le complexe d’aluminerie représente une grande réalisation pour l’Algérie dans la production de l’aluminium. L’étude de faisabilité établie en 2007 s’appuie sur le fait que la demande mondiale en aluminium est appelée à augmenter alors que, dans le même temps, plusieurs alumineries, devenues non performantes techniquement et économiquement, principalement en Europe, vont cesser toute production. Dans cette perspective, l’Algérie détient des atouts privilégiés pour disposer de ressources énergétiques fiables et compétitives, de la main-d’œuvre et d’être à proximité de l’Europe. Le projet, d’un coût de 5 milliards de dollars, va consister en la réalisation d’un complexe ayant une capacité de 700.000 tonnes/an d’aluminium dans une première phase. Sur ses 400 ha au sein des 6000 de la zone industrielle, il disposera d’une centrale thermique de 2000 MW pour ses besoins en électricité alors que ceux en eau seront satisfaits par usine de dessalement. Seulement, les cadres de la Sonatrach contestent la gestion du projet qui, selon eux, ne profite, dans une grande proportion, qu’aux Emiratis qui s’attèleront à produire uniquement de l’aluminium brut destiné à l’exportation. Ce qui n’est pas vraiment rentable pour l’Algérie dans la mesure où, soutiennent-ils, les Emiratis seraient gagnants à tout point de vue, profitant de l’énergie algérienne bon marché, pour exporter de l’aluminium brut à bas prix vers des marchés de proximité, en l’occurrence européens. De l’aluminium qui sera transformé ailleurs pour en faire un produit à valeur ajoutée. Selon des spécialistes, le coût de production d’une tonne d’aluminium brut avoisine les 1.700 dollars contre 3.000 à 6.000 dollars pour une tonne d’aluminium transformée sur le marché mondial. Autre obstacle, révèle la même source, les compagnies émiraties ne veulent pas mettre la main à la poche pour financer le chantier. Le projet risque, en effet, d’être entièrement financé par les banques publiques algériennes, autrement dit avec l’argent de l’Algérie. «On ne comprend pas franchement l’apport des Emiratis en terme de fonds. D’un côté, on dit que c’est un investissement étranger et de l’autre on sollicite nos banques pour financer cette aluminerie qui va coûter plus de 7 milliards de dollars», s’interroge un cadre de Sonatrach. Enfin, signale-t-on, le projet d’aluminerie bute également sur le problème des expropriations des terrains destinés à l’accueillir. Alors que des études d’environnement ont, pour leur part, mis en garde contre l’impact de ce grand projet de production d’aluminium sur la région de Béni-Saf, zone touristique et agricole par excellence. Chose qui n’est pas du goût de la direction de l’Energie et des Mines qui estime que l’impact économique de ce gigantesque projet est déjà acquis. Un port sera édifié pour l’importation de 1.750.000 tonnes/an de matière première et l’exportation de l’aluminium. La durée de réalisation du projet couvre 53 mois dont 20 pour sa conception. Pour ce qui est du volet environnement, il est certifié que le projet ne sera pas jugé uniquement pour son apport économique, mais également pour son impact sur la qualité de vie et l’environnement. L’impact économique se décline en 10.000 emplois durant le pic de la phase de construction et de 2.500 postes directs et 7.000 autres indirects ainsi que la création de nouvelles industries en aval pour la transformation. Enfin, il est indiqué que deux sociétés vont être créées dans le cadre du projet. La première prendra en charge la réalisation, l’exploitation et la maintenance du complexe ainsi que la vente de l’aluminium. Quant à la seconde, elle sera chargée d’acheter l’aluminium auprès de la première et de le commercialiser. En tous les cas, la décision de viabilité de cette usine géante sera prise avant la fin de l’année par les investisseurs selon les résultats de l’étude économique. Abed Tilioua
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