Algérie

Industrie du textile

Pression européenne sur la Chine L?Union européenne (UE) par la voix de son commissaire au commerce, Peter Mandelson, a demandé à la Chine de modérer ses exportations de textile, a rapporté l?AFP. L?Europe, qui craint un raz de marée des produits textiles chinois menaçant du coup l?industrie du vieux continent, espère ainsi que Pékin tiendra compte de ce message. Depuis la suppression des quotas dans le cadre de l?accord multifibres de l?Organisation mondiale du commerce (OMC) au début de l?année, une déferlante des produits textiles chinois sur le marché mondial a été constatée. Cet accord régissait une industrie dont la production annuelle est évaluée à 400 milliards de dollars. Vendus à des prix compétitifs, les produits chinois ont mis sur le carreau les industries du textile locales. Les parts de la Chine dans le marché mondial avoisinaient les 30% mais la levée des quotas lui a largement bénéficié, augmentant davantage sa domination dans ce segment. Il en est ainsi au Etats-Unis où la couverture des besoins du marché en matière de vêtements va passer de 29 à 50% par la production chinoise. D?où l?initiative européenne pour influencer la Chine afin qu?elle revoit à la baisse le volume de ses exportations en matière de textile vers l?UE. Ainsi, après la méthode forte, sans doute jugée peu diplomatique, les Européens ont fini par opter pour des moyens plus conciliants. Le commissaire européen au commerce, Peter Mandelson, a ainsi pris attache avec les Chinois pour, a-t-il indiqué dans un entretien accordé au quotidien français Le Monde, « prendre des mesures d?autorestriction de leurs exportations », en faisant valoir les arguments selon lesquels « la Chine a une grande responsabilité dans cette affaire, elle a des intérêts à long terme à faire prévaloir sur les avantages à court terme ». D?après lui, les autorités chinoises se sont montrées attentives à sa requête. « Je crois que le message a été entendu », a-t-il dit en substance. Réaction La crainte de déboucher sur une guerre commerciale a poussé les Européens à se mettre sur la table des négociations avec les Chinois qui n?ont pas du tout apprécié la manière peu élégante avec laquelle Américains et Européens ont agi pour contrer la production chinoise et en limiter l?introduction sur leurs marchés respectifs. Le gouvernement américain a été le premier à réagir en début de semaine en décidant d?examiner les effets des importations chinoises, une mesure qui pourrait entraîner l?imposition d?une limite à leur hausse. L?Union européenne a pris des mesures similaires quelques jours plus tard. Le gouvernement chinois a condamné ces mesures protectionnistes qui, selon lui, violaient les principes du libre-échange et pourraient compromettre les échanges mondiaux dans ce secteur. Mais il n?y a pas que les Occidentaux qui ont subi les répercussions de la suppression des quotas. Les exportations de vêtements du Bangladesh ont chuté de 21% en janvier. L?industrie textile dans ce pays emploie 1,8 million de personnes, la plupart des femmes, gagnant l?équivalent de 35 à 50 dollars par mois. Anisul Haq, président de l?Association des fabricants et exportateurs de vêtements du Bangladesh, prévoit la fermeture de 40% des entreprises du textile du pays d?ici à la fin de l?année. Le Sri Lanka s?inquiète aussi après une baisse des commandes en mars et le Cambodge a déjà perdu 20 000 emplois, selon les chiffres gouvernementaux.
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