Algérie

Il y a 7 ans, Aïn Témouchent était ébranlée par un séisme

Le miracle de l’Algérie indépendante La ville d’Aïn Témouchent et ses sept daïras menaient une vie paisible, telle la constellation de la Grande Ourse entourée de ses sept étoiles brillant dans la sérénité d’un ciel d’été. Ses ressources naturelles cultivées sur une terre vierge à vocation agricole séduisent tous les visiteurs de passage, jusqu’à la date funeste du 22 Décembre 1999. Il faut dire que la wilaya d’Aïn Témouchent est située à un carrefour formé par les 3 wilayas limitrophes et de grande importance, celles d’Oran, Tlemcen et Sidi Bel-Abbès. Dotée d’une superficie de 242.793 hectares, elle est peuplée de 350.000 âmes. Enfin, elle est limitée au nord par la Mer Méditerranée, sur laquelle elle possède une façade maritime de 80km de long. La carte géographique de cette région montre que son territoire est constitué de trois zones distinctes. La première située à l’intérieur et représentant 25,34% de la superficie globale, est constituée de plaines. La seconde zone, appelée «littoral» représente 22,10% de la superficie globale. Quant à la troisième, c’est une zone montagneuse occupant l’étendue la plus vaste avec 52,56% de la superficie globale. La configuration du terrain implique que la plus forte densité de la population se situe dans la zone intérieure, avec un taux de 46% de la population globale, soit 180.000 âmes. Cette population qui est répartie administrativement à travers 28 communes, ignorait jusqu’au fatidique 22 décembre 1999, qu’elle vivait sur une zone sismique, comme le prouvera l’événement qui va suivre. Dégâts humains et matériels C’était le 15ème jour du mois de Ramadhan. Il était 18h37, moment où les Témouchentois achevaient à peine leur bol de Hrira, après la rupture du jeûne, quand une secousse tellurique, accompagnée d’un violent bruit de rupture, brisa la torpeur habituelle, dans laquelle étaient plongées les trois agglomérations d’Aïn Témouchent, Sidi Ben Adda et Aïn Tolba avec son village satellite d’Aïn Laâlem. C’était un tremblement de terre, phénomène au demeurant naturel de la croûte terrestre, mais ignoré totalement de la quasi totalité des habitants. Dehors, les gens affolés erraient dans le noir absolu et dans tous les sens, toute la nuit durant, et ce, jusqu’à la levée du jour. Selon les informations scientifiques reçues, la magnitude de ce séisme était de 5,8 degrés sur l’échelle Richter, son épicentre étant situé à Tala, dans la localité d’Aïn Laâlem, soit à 20km à l’ouest du chef-lieu de la wilaya. Ces précisions venaient démentir les premières infos émanant du CRAAG et situant la magnitude entre 3 et 4 degrés de la même échelle et localisant l’épicentre à... Tessala, dans la région de Sidi Bel-Abbès, soit à 60km au sud d’Aïn Témouchent. Pour une magnitude de 5,8°, aisément contenue dans des pays autrement mieux préparés, les dégâts occasionnés sont immenses et les pertes humaines se chiffrent à 28 personnes décédées dans les trois communes ébranlées par le séisme. C’est ainsi qu’Aïn Témouchent comptait à elle seule 22 morts, alors que Aïn Laâlem et Sidi Ben Adda en comptaient 3 chacune. La disparition subite de deux personnes d’une même famille, en la personne des regrettés Bouchikhi Hachemi 56 ans et son fils Zine El-Abidine, est encore gravée dans les mémoires. Par miracle, le chef-lieu de la commune d’Aïn Tolba s’en est sorti sain et sauf. Par contre, le nombre de blessés s’élèvera à 160 personnes et pas moins de 5.000 familles seront sinistrées. Afin d’apaiser le deuil de ces familles et soutenir leur moral, le trésor public a alloué aux ayants droit des 28 personnes décédées, une indemnité globale de 20.335.000,00Da. Parmi les blessés, 42 personnes ont bénéficié de la carte de handicapé moteur et d’une allocation de 1.000Da chacune. Quant aux dégâts matériels, ils seront estimés à 412 milliards de centimes, et ce, tous secteurs confondus. Le premier secteur et le plus touché de tous a été celui de l’Habitat, qui a recensé 6.737 logements déclarés irrécupérables, 2.100 autres nécessitant des travaux de confortement et le reste considéré légèrement touché donc pratiquement indemne. En matière de prévision, la construction de 4.004 logements et le confortement de 864 autres nécessiteront une enveloppe de 275 milliards centimes. Du côté des édifices publics, les dégâts dépassent la barre des 35,8 milliards centimes. Ils sont au nombre de 25, parmi eux les sièges de l’APC et de la daïra d’Aïn Témouchent, tout comme le tribunal et la brigade de gendarmerie. L’hôpital principal de la même ville aura perdu 60% de ses capacités, tandis que 4 centres de santé, 3 salles de soins et le centre d’accueil des handicapés mentaux auront subi le même sort, les dégâts étant estimés globalement à 21,16 milliards de centimes. Les autres secteurs, comme les travaux publics et l’hydraulique ont nécessité, respectivement, 6,6 milliards de centimes et 7.500 mètres linéaires de canalisations. Les établissements éducatifs et scolaires qui ont été sérieusement endommagés, ont nécessité 62 milliards de cts pour leur réparation. Le défi à relever par l’Etat Il faudra attendre pas moins de 25 jours, soit le 15 janvier 2000, pour prendre connaissance officiellement de la déclaration de trois communes sinistrées, en l’occurrence, celles d’Aïn Témouchent, Sidi Ben Adda et Aïn Tolba avec son village satellite Aïn Laâlem. En même temps, l’annonce du programme de reconstruction a soulagé la population sinistrée. Immédiatement, plusieurs ministres du Gouvernement se sont succédés à Aïn Témouchent, pour s’enquérir chacun de l’état d’évaluation du sinistre touchant chaque secteur. Des terrains furent aménagés en urgence, pour servir de camps de toiles, pouvant abriter 4.688 familles déclarées sinistrées et réparties, respectivement, dans 1.432 tentes à Aïn Témouchent, 188 à Sidi Ben Adda et 360 entre Aïn Tolba et Aïn Laâlem. En outre, 612 familles ont pu être recasées dans des écoles relevant de la daïra d’Aïn Témouchent.Les services compétents travaillant en collaboration avec l’association des sinistrés ont réellement subvenu aux besoins des sinistrés, en matière d’approvisionnement alimentaire et couverture médicale et sociale. Les élèves ont été transférés dans autres écoles, sachant que le meilleur taux de réussite à l’examen de Bac à l’échelle nationale a été justement réalisé durant l’année scolaire 1999/2000. Pour accélérer l’opération de relogement des familles sinistrées, des aides à la reconstruction ont été allouées aux locataires. Selon la direction du logement et de l’équipement public (DLEP), une première tranche de 1.000 aides, d’un montant global de 50 millions de dinars, était destinée à la réhabilitation des constructions privées et au confortement de 6 cités touchées dans les trois communes sus-évoquées. Ces aides relevaient du programme FONAL de année 2002, auxquelles succéda un autre programme de rattrapage de 713 aides, reconverties et modulées selon les dégâts occasionnés, d’un montant global de 100 millions de dinars destinés à toutes les communes sinistrées. Pour rappel, chaque sinistré recensé a eu droit à une aide variant entre 50.000 et 200.000 dinars. Enfin, 687 sinistrés déclarés «omis» lors du recensement, se sont vus octroyer en décembre 2003 un montant global de 63.400.000 dinars, pour couvrir leurs travaux achevés. Ces deux derniers programmes étaient financés par la CNL. Il ne reste plus que 3 cas de travaux non achevés. A cela s’ajoutait le confortement des cités et les 30 logements évolutifs de Aïn Tolba et dont la facture dépassait les 26 millions de dinars. Il est a rappeler que des aides ont été également allouées pour les sinistrés habitant les fermes des communes ébranlées et autres localités voisines, telles que Aïn Kihal, Chaâbet El-Leham et même Sidi-Safi. Dans le cadre de la reconstruction de la zone sinistrée, des programmes d’urgence ont été entrepris, notamment, pour la réalisation de 3.400 logements à la nouvelle ville d’Aïn Témouchent, baptisée pour la circonstance «Akid Othmane» et accompagnée de toutes les structures administratives, sociales, éducatives et commerciales, la cerise sur le gâteau étant constituée par la mosquée récemment érigée. Les communes sinistrées de Aïn Tolba et Sidi Ben Adda ont bénéficié chacune de 200 logements. En conclusion, le programme de reconstruction des zones sinistrées, financé par un prêt de la Banque Mondiale (BM), a été évalué à 83 millions de dollars US. A cela, s’ajoutaient les fonds récoltés de l’opération de solidarité «Téléthon» et qui auraient atteint à la date du 05 février 2003, le montant de 369 millions de dinars. Ces fonds ont été répartis en trois chapitres, le premier pour financer le confortement des établissements scolaires et sociaux ébranlés. Le second soutenait l’opération de construction d’autres établissements scolaires, y compris une école coranique, 6 terrains combinés de sports et la polyclinique médicale. Ce même chapitre a contribué à la construction de la nouvelle bibliothèque, transformée en annexe de la Bibliothèque Nationale. Pour ce qui est de la polyclinique, elle est le fruit de la coopération algéro-koweitienne, dont les Emirs de ce pays frère ont entièrement financé cette structure, depuis sa première pierre jusqu’à son équipement final. Quant au troisième chapitre, il sera consacré à l’équipement en matériel informatique, à l’acquisition des tables, des chaises et des appareils de chauffage, ainsi qu’à l’achat de microbus et de fauteuils dentaires pour les unités de dépistage scolaire (UDS). Les grandes réalisations Parmi les grandes réalisations, citons la modernisation de 509km de routes, le raccordement au réseau de gaz de ville de 16.370 foyers, atteignant ainsi un taux de raccordement de 50% environ. Le raccordement de 5.610 foyers au réseau électrique a permis d’atteindre un taux de couverture de 98,59%. La réalisation de 17 centres téléphoniques a offert une capacité supplémentaire de 10.168 lignes. En même temps, ont été créés 1.000 postes de formation professionnelle, et planté 15.600 hectares de vignoble et 13.961 hectares en arboriculture. A cela, s’ajoute la pose de 352km linéaires de canalisations d’AEP, ce qui donne un taux de raccordement de 97%, alors qu’il était de 89% en 1998. Enfin, le secteur de l’Hydraulique a porté à son actif la pose de 251km linéaires de canalisations d’assainissement. En matière de sport, la principale réalisation tourne autour du complexe sportif «Omar Sikki», comportant un terrain en gazon naturel, une piste d’athlétisme homologuée avec 08 couloirs, une piscine semi-olympique et un terrain réplique, ce qui se traduit par un véritable poumon d’oxygène pour l’activité sportive dans la wilaya. Selon nos informations remontant au 13 décembre 2006, les dépenses totales couvrant toutes ces opérations frôleraient les 39 milliards de centimes, sachant que 19 autres stades communaux et 14 aires de jeux ont été financés sur le budget d’équipement de l’Etat. Le secteur de la Santé a été choyé par la réalisation du nouvel hôpital, qui porte déjà le nom du regretté Chahid Dr Benzerdjeb Benaouda et devrait ouvrir ses portes, promet-on, à la fin de l’année en cours. Il aura coûté plus de 40 millions de dollars US, dont 80% proviennent de la Banque Mondiale. Doté d’un équipement très sophistiqué, il permettra la création d’au moins 300 emplois nouveaux. Pour sa part, le secteur de la Pêche et des Ressources halieutiques, considéré comme un vecteur de développement durable, a bénéficié de plusieurs opérations visant l’aménagement et l’extension des ports de Béni-Saf et de Bouzedjar. Pour l’aquaculture, l’Etat a consenti d’énormes moyens financiers, pour aider les investisseurs à réaliser et à exploiter leurs fermes aquacoles. Concernant le second vecteur, le tourisme en l’occurrence, ses 17 plages surveillées et autorisées ont drainé, lors de la saison estivale 2006, quelque 8 millions de visiteurs. Depuis 1999 à la fin de l’année 2005, les dotations financières concernant le programme d’équipement (tous programmes confondus) ont atteint 25 milliards de dinars. Par ailleurs, les efforts consentis par l’Etat durant la même période, ont généré beaucoup d’emplois, au point de réduire le taux de chômage à 13,6%, alors qu’il affichait 19% en 2001. Promesse tenue Lors de sa visite du 05-06-2000 à Aïn Témouchent, le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a prédit que cette ville sera meilleure que celle de l’ère coloniale. En effet, plusieurs français natifs d’Aïn Témouchent, se sont étonnés du nouveau visage de cette ville. Certains d’entre eux se sont même demandés où était passé l’ancien «Graba» débaptisé au profit de «Haï Moulay Mostefa». Trois années après cette annonce, le Président est revenu avec un programme de soutien à la relance économique, d’un montant de 455 milliards de cts, pour lancer les secteurs stratégiques, comme l’Hydraulique, l’Agriculture, les Travaux Publics, la Santé, l’Education et la Jeunesse. Somme toute logique, la population sera éternellement reconnaissante à l’effet efficient de l’action du président de la République, à la solidarité du peuple algérien et à celle des autres pays amis et frères. C’est ce qu’on appelle la concrétisation d’un miracle de l’Algérie indépendante.
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