Algérie

Idhebalen se font toujours entendre

Une pièce maîtresse d'un mariage en Kabylie
Phénomène fgrappant cette année, ces quatre hommes en blanc et chéchias rouges reviennent en force dans les fêtes de mariage en Kabylie.
C'est un phénomène qui se généralise d'année en année. Après trois décennies de somnolence, ils ont presque disparu de la scène locale. Idhebalen, ou les tambourins, sont passés par une période de perte de prestige à cause des moyens modernes pour faire l'ambiance. Mais, phénomène ahurissant, cette année, ces quatre hommes en blanc et chéchias rouges reviennent en force dans les fêtes de mariage en Kabylie. Ces authentiques Idhebalen sont très prisés et très demandés. Une virée sur la place qu'ils se réservent dans une ruelle de la ville de Tizi Ouzou nous renseigne sur cette forte demande.
Pas loin du café qui porte leur nom, «Lkahwa Idhebalen», devant l'ancienne poste, leur place est légendaire. Tout le monde connaît cette ruelle qui porte leur nom à Tizi Ouzou. Sous des arbres au dense feuillage, nous les trouvons assis en groupes bien distincts. Tout le monde sait où les trouver. Sur place, nous constatons qu'ils sont très sollicités. C'est la période, pourrait-on répliquer. Mais, celui qui connaît cette place dans les années 90 et 2000 sait pertinemment que ces «faiseurs d'ambiance» par excellence ont frôlé la disparition. «Il fut un temps où on ne trouvait pas un tambourin sur cette place. Il fallait aller les chercher via des connaissances. Dans les années 90, il n'y avait même pas de fêtes. Les jeunes ne se mariaient pas», racontait une personne que nous avons rencontrée sur place en train de négocier une date. Aujourd'hui, après une longue traversée du désert, Idhebalen reviennent en force. Très demandés, les gens les sollicitent pour les fêtes de mariages et circoncisions. Nous avons voulu comprendre le pourquoi du comment, alors nous avons engagé des discussions avec les passants et les concernés eux-mêmes. «Je ne peux pas faire une fête sans les entendre devant la maison. Pour moi, s'ils sont absents, ma joie ne serait pas totale. Vive Idhebalen!», nous répond un homme visiblement dépassant les 70 ans. D'autres personnes estimaient que ces quatre hommes en blanc avec leurs tambours et ghaïtas sont le signe d'une fête kabyle. Ils sont irremplaçables. «Je ne sais pas comment on a voulu les enterrer ces Idhebalen. Il n'y a aucune joie sans eux» dit un autre.
En fait, les Idhebalen connaissent très bien les causes de leur déclin.
«Les gens aiment essayer autre chose. Après l'arrivée des moyens comme les mégaphones, les gens ont voulu essayer les chanteurs. Puis devenus trop chers, les familles s'en sont détournées pour aller chercher les disc-jockeys. Ces dernières années, beaucoup n'aiment pas ce procédé et ont renoué avec les anciennes traditions plus adaptées aux moeurs et aux traditions kabyles. Voilà, pourquoi, aujourd'hui, les gens reviennent auprès de nous», explique Ali, un adhebal de la région de Mizrana. Cette année, nos prix sont un peu élevés mais les gens préfèrent faire appel à nous que d'aller chercher des chanteurs. Certains chanteurs, après quelques fêtes, se prennent pour des vedettes et placent très haut la barre avec des tarifs excédant les 200.000 dinars», explique un autre. Enfin, cette année, la tendance donc est aux tambourins. Malgré la persistance des disc-jockeys, il n'en demeure pas moins que le retour de ces hommes habillés en blanc est salué par des pans entiers de la population. Idhebalen se confondent avec la liesse, mais aussi avec l'authenticité des villages de Kabylie d'antan. Les fêtes kabyles sont très belles avec leur présence et leur ambiance.
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