Algerie - Généalogie et Familles connues

Histoires vraies Le minable (5e partie et fin)



Histoires vraies Le minable (5e partie et fin)
Résumé de la 4e partie - Le dentier retrouvé sur le cadavre de la femme étranglée dans la forêt de Compiègne, s'adapte parfaitement à l'empreinte en plâtre du mécanicien-dentiste...
«La cliente, déclare alors le praticien, s'appelle Evelyne Joubert, quarante-trois ans, demeurant rue du Canal à Toulouse... Sans indiscrétion, commissaire, où avez-vous trouvé ce bridge '
' Sur son cadavre, il y a cinq mois, dans la forêt de Compiègne.»
Un quart d'heure plus tard, le commissaire Lurs fait irruption dans le meublé minable où loge le beau-père de Sylvain pour l'interroger. Lorsqu'il apprend l'assassinat de sa femme et la coïncidence des dates, il proteste :
«Ce n'est pas moi ! Ma femme m'a vraiment quitté. Tenez !»
Et il sort devant le commissaire le bref adieu manuscrit d'Evelyne, qu'il a déjà montré à son beau-fils.
«Mais alors, pourquoi inventer cette histoire de jambe cassée '»
L'homme hésite à répondre tellement l'aveu est méprisable :
«Elle m'a laissé sans le sou, j'avais besoin d'argent... Pour que Sylvain m'en envoie, il fallait bien que je lui donne une raison.»
Les yeux globuleux et la pipe en terre font face au visage en lame de couteau du jeune sergent d'aviation qui vient d'apprendre l'assassinat de sa mère :
«Bien sûr, explique le commissaire. J'ai aussitôt fait arrêter votre beau-père. Mais je vais être obligé de le relâcher si je n'ai pas d'autres présomptions.
' Non, monsieur le commissaire. Que ma mère l'ait quitté, c'est possible ; mais qu'elle ne m'ait pas écrit, c'est impossible ! Et il le sait...
' Qu'est-ce que vous voulez dire '
' S'il a inventé cette histoire de jambe cassée, c'est parce qu'il savait que ma mère ne m'avait pas écrit et qu'elle n'écrirait pas... qu'elle ne pouvait plus m'écrire.»
Voyant, dans le visage décomposé du jeune homme, la haine qui brusquement l'anime, le commissaire conclut :
«Vous devez avoir raison... L'assassin, c'est lui... Par jalousie, sans doute.»
C'est à Paris que le jeune sergent a retrouvé la trace de sa mère. Fuyant son lamentable époux, Evelyne avait décidé de vivre loin, de lui. Elle s'apprêtait à en informer son fils lorsque le «lamentable époux» la retrouva sans peine et la convainquit d'aller faire un tour en forêt de Compiègne, pour s'expliquer une dernière fois. Il est des hommes incapables de vivre sans un support nourricier. Que celui-ci menace de disparaître, et cela leur devient intolérable. Toute leur énergie a été consacrée au maintien de ce support. Trop paresseux, trop veules pour faire une autre carrière que celle de parasite, trop lâches pour accepter la défaite et le retour à la vie solitaire, ils choisissent de supprimer le support, de tuer, pour que personne d'autre n'en profite à leur place. Des minables. Le minable confondu a fini par avouer. Ainsi vont les minables, de lâcheté en aveu pleurnichard, rampant sur la vie des autres, et détruisant les autres pour exister.
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