
À partir du 1er janvier 2026, les prix des carburants en Algérie ont connu une augmentation significative, confirmée par des sources locales malgré l'absence d'annonce officielle préalable. Cette révision, effective dans les stations Naftal, intervient dans un contexte où les subventions publiques maintiennent les tarifs parmi les plus bas au monde. Cependant, cette hausse suscite des débats sur son impact sur les ménages, particulièrement en lien avec le Salaire National Minimum Garanti (SNMG), récemment relevé à 24 000 dinars algériens (DA) par mois, soit environ 185 USD.
Les prix uniformes sur le territoire national sont les suivants (en DA par litre) :
Cette augmentation représente une hausse d'environ 3 % pour l'essence et 7 % pour le gazole par rapport aux tarifs précédents (45,97 DA et 29,01 DA respectivement). Bien que modeste, elle intervient alors que la Loi de finances 2026 n'avait pas prévu de modification des taxes sur les produits pétroliers. Les associations de consommateurs et les transporteurs ont exprimé leur mécontentement face au manque de transparence.
Pour contextualiser ces tarifs, comparons-les avec ceux d'autres pays, en nous basant sur les prix en USD par litre au début de 2026. Nous nous concentrons sur l'essence sans plomb (octane 95) et le gazole, en incluant des pays voisins, des producteurs de pétrole et des économies développées. Les données proviennent de sources fiables comme GlobalPetrolPrices.
| Pays | Essence (USD/litre) | Gazole (USD/litre) | Notes |
|---|---|---|---|
| Algérie | 0.36 | 0.24 | Nouveaux tarifs 2026 |
| Maroc | 1.35 | 1.16 | Voisin, prix libéralisés |
| Tunisie | 0.81 | 0.71 | Voisin, subventions partielles (calculé à partir de 2.525 TND essence, 2.205 TND gazole, taux ~3.1 TND/USD) |
| Égypte | 0.44 | 0.37 | Producteur pétrolier africain |
| Arabie Saoudite | 0.62 | 0.44 | Grand producteur, prix subventionnés |
| Nigeria | 0.48 | 0.59 | Producteur africain, instabilité monétaire (calculé à partir de 766.5 NGN essence, 949.75 NGN gazole, taux ~1600 NGN/USD) |
| Venezuela | 0.50 (marché) | 0.01 (subventionné) | Plus bas au monde, hyperinflation |
| France | 1.89 | 1.81 | Économie développée, taxes élevées |
| États-Unis | 0.85 | 0.93 | Prix bas malgré statut développé |
| Royaume-Uni | 1.84 | 1.97 | Taxes environnementales fortes |
L'Algérie reste parmi les pays aux carburants les moins chers, grâce à ses subventions massives issues de ses ressources pétrolières. Par comparaison, les prix en Europe sont 4 à 5 fois plus élevés, reflétant des taxes plus importantes pour financer les transitions énergétiques. Chez les voisins maghrébins, les tarifs sont 2 à 3 fois supérieurs, tandis que chez d'autres producteurs comme l'Arabie Saoudite ou le Nigeria, ils sont légèrement plus élevés mais toujours subventionnés.
Pour évaluer l'accessibilité, considérons le nombre de litres d'essence sans plomb achetables avec le salaire minimum mensuel (convertis en USD pour comparabilité). Le SNMG algérien à 185 USD permet d'acheter environ 514 litres (185 / 0.36). Voici les comparaisons :
| Pays | Salaire minimum mensuel (USD approx.) | Litres d'essence par mois |
|---|---|---|
| Algérie | 185 | 514 |
| Maroc | 310 | 230 |
| Tunisie | 166 | 205 |
| Égypte | 138 | 314 |
| Arabie Saoudite | 1 067 | 1 721 |
| Nigeria | 44 | 92 |
| Venezuela | 1 (nominal, hyperinflation) | ~2 (marché) |
| France | 1 900 | 1 005 |
| États-Unis | 1 160 (fédéral) | 1 365 |
| Royaume-Uni | 2 500 | 1 359 |
En Algérie, le carburant reste très abordable par rapport au SNMG, représentant moins de 0.2 % du salaire par litre. Cela contraste avec le Nigeria, où le faible salaire minimum rend le carburant proportionnellement cher malgré des prix bas. En Europe, les salaires plus élevés compensent partiellement les prix élevés, mais l'impact sur les ménages modestes est notable. Cette hausse en Algérie pourrait augmenter les coûts de transport de 5-10 % pour les ménages dépendants du véhicule, potentiellement affectant l'inflation alimentaire et les services.
Les associations de consommateurs dénoncent un "coup dur" pour les classes moyennes, tandis que les transporteurs craignent une hausse des tarifs. Le gouvernement justifie ces ajustements par la nécessité de rationaliser les subventions, estimées à des milliards de dollars annuels. À long terme, avec la transition énergétique mondiale, l'Algérie pourrait diversifier ses revenus pour maintenir ces aides.
En conclusion, bien que les prix algériens restent compétitifs internationalement et abordables au regard du SNMG, cette hausse souligne les défis d'une économie dépendante du pétrole. Une communication accrue et des mesures compensatoires pourraient atténuer les impacts sociaux.
Posté par : frankfurter
Ecrit par : Rédaction