Algérie

Hausse de l'allocation touristique et… possible retour du crédit à la consommation

En frôlant les dix pour cent, l'inflation a créé un «choc» prévisible. Mais sauf retournement exceptionnel, la tendance sera à la baisse dès janvier 2013, a déclaré dimanche un responsable de la Banque d'Algérie, M. Djamel Benbelkacem. Il a également annoncé de nouvelles mesures pour l'achat et le transfert de devises.
L'Algérie va prochainement relever le montant de l'allocation touristique, ainsi que les montants des transferts à l'étranger destinés à financer des soins ou des études. Sans fournir de détails sur le montant et les délais pour l'application de ces mesures, M. Djamel Benbelkacem, directeur conseiller à la Banque centrale d'Algérie, a confirmé, hier lundi, ces augmentations, tout comme il a laissé entendre que le crédit à la consommation sera rétabli. «Il ne peut pas être suspendu éternellement», a-t-il à ce sujet, au cours d'une émission de radio.
Quant à l'inflation, qui va frôler les dix pour cent en 2012, elle atteindra «son niveau le plus élevé depuis douze ans», a reconnu M Benbelkacem. Selon lui, ce «choc», selon la formule utilisée par le gouverneur de la banque d'Algérie, M. Mohamed Laksaci, était prévisible. II est du à «un facteur essentiel», l'importante hausse des salaires «sans lien avec la productivité», décidée en 2011-2012, dont l'effet a été amplifié par «l'imperfection des marchés» algériens, qui «ne sont pas assez concurrentiels», a-t-il dit.
Le chiffre de l'inflation va baisser à partir de janvier prochain, a-t-il toutefois rassuré, précisant que l'inflation constatée est inégalement répartie. Reprenant les chiffres de l'Office National des Statistiques, il a indiqué que les produits frais, essentiellement les fruits et légumes, et la viande ovine, qui ont augmenté de 10.64%, ont contribué pour 58% à cette hausse du taux d'inflation. A l'inverse, les services, a-t-il noté à titre d'exemple, n'ont pas beaucoup varié.
M. Benbelkacem a également relevé le paradoxe des investissements, qui restent élevés, mais ne produisent pas l'effet escompté sur l'économie. Le taux d'investissement est «relativement élevé», avec 39% du PIB, mais il est dominé par les investissements de l'Etat, notamment dans les infrastructures, a-t-il noté. En outre, 46% des investissements sont publics, dont 23% pour le seul secteur des hydrocarbures. Pour l'année 2011, les investissements ont atteint 5.111 milliards de dinars (51 milliards d'euros), dont 1.900 milliards de dinars pour les infrastructures publiques. Le reste, soit 3.000 milliards de dinars, se partage entre Sonatrach et le reste de l'économie. Pour M. Benbelkacem, «il faut élever le niveau d'investissement hors hydrocarbures. C'est une nécessité pour industrialiser le pays et créer des emplois permanents».
ATOUTS POUR L'INVESTISSEMENT
Deux facteurs devraient faciliter l'investissement, a-t-il dit. D'une part, l'Algérie a atteint «un plafond» en investissements publics. Elle ne peut aller plus loin, car ses «capacités d'absorption» sont saturées. D'autre part, elle a la possibilité «d'investir sur fonds propres, sans prêt extérieur», car le taux épargne est «très élevé», avec même «un excès d'épargne sur les capacités d'investissement».
M. Benbelkacem a toutefois rejeté l'idée selon laquelle la faiblesse des investissements serait liée à un système bancaire qui ne jouerait pas le jeu, argument récurrent dans le discours des chefs d'entreprises. «Le crédit bancaire n'est qu'un paramètre parmi tant d'autres pour l'investissement», a-t-il dit, mettant en cause la faiblesse des entreprises et l'absence de transparence dans la gestion. «L'informel doit disparaitre», a-t-il dit.
Il a également annoncé que de nouvelles mesures seront prises pour la gestion des transferts de devises, mais que la compétence de la Banque d'Algérie est limitée en ce domaine. «Les décisions politiques obéissent à d'autres logiques», a-t-il dit. Il a rappelé que 48 bureaux de change ont été agréés, mais ils ont fermé, parce que non rentables. «Les bureaux de change ne vont pas régler le problème», a-t-il toutefois averti, faisant allusion à la polémique née en Algérie après les déclarations du ministre de l'intérieur Daho Ould Kablia, selon lesquelles le change parallèle, bien qu'illégal, remplissait une fonction sociale parce que l'Etat n'arrivait pas à jouer ce rôle. Le ministre des finances Karim Djoudi avait été contraint de répondre pour rappeler que le commerce parallèle était «illégal» et «doit être combattu».
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