Algérie

Harcèlement en milieu professionnel

Les femmes de ménage les plus exposées Le comité national des travailleuses algériennes, a saisi cette journée internationale consacrée à la femme pour débattre d’une réalité encore tabou dans notre pays, mais qui touche une frange importante de la gente féminine. D’où le thème principal de la rencontre tenue du 6 au 8 mars, à l’hôtel Khiala de Canastel, le harcèlement en milieu professionnel. Des femmes venues des différentes régions du pays, comme Oran, Tlemcen, Chlef, Djelfa, Alger, Bejaia et Oum El-Bouaghi, ont décidé de témoigner d’un vécu horrible au sein même de leur lieu de travail. Pour certaines d’entre elles, cette rencontre était aussi considérée comme une parfaite thérapie du fait qu’elles en parlaient pour la première fois, des larmes aux yeux et une forte émotion a, par moment, empêché certaines interlocutrices de terminer le récit de leurs mésaventures. Les constats, aussi amers soient-ils, font tout de même ressortir un chiffre avancé par l’Institut de Santé publique de l’ordre de 900.000 cas de violences physiques pour l’année 2006, selon la chargée de la communication du comité. Ce chiffre, assez alarmant il faut le dire, peut largement être revu à la hausse, du fait de la sensibilité du sujet où la dénonciation n’est pas toujours évidente. Un silence complice des pouvoirs publics, d’une part, et d’une société acquise à des traditions où les droits de la femme restent totalement ignorés. La catégorie de travailleuses, la plus exposée au harcèlement est, toujours selon notre interlocutrice, celle des femmes de ménage qui, pour diverses raisons, se plient aux exigences d’un chef, par peur de la perte de l’emploi donc perte de toute source financière pouvant répondre aux besoins le plus souvent familiaux. L’autre catégorie sociale, celle recrutée dans le cadre du filet social, qualifié de piège social, où les 3.000 dinars et l’absence de toute couverture sociale font de ces recrutées de véritables proies face à l’exigence de certains recruteurs sans scrupules. Ces journées ont aussi été l’occasion pour ces femmes, d’aborder des sujets d’actualité, comme les harraga qui sont devenus une préoccupation dont on arrive toujours pas à cerner réellement les motivations, encore moins d’arriver à des propositions de solutions efficaces. Il faut tout de même saluer le courage de ces femmes qui font partie intégrale et indissociable de notre société, et nul n’a plus le droit, aujourd’hui, de dire à propos de ces violences «je ne savais pas».
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