Algérie

H’lal alihoum, H’ram Alina

L’agriculture, le pétrole de l’avenir Il a beaucoup été question d’aide au développement à l’Afrique durant ce G8. C’est, d’ailleurs, la raison pour laquelle des présidents du continent Noir ont été invités. Les pays les plus riches ont promis de doubler leurs contributions financières, oubliant qu’ils n’ont pas tenu les promesses passées, pour des enveloppes moins importantes, et fermé les yeux sur le crime contre l’humanité à grande échelle qui est en train de se perpétrer: la flambée des prix des denrées alimentaires qui met des millions d’Africains sous terre, sur les routes, en dessous du seuil de la pauvreté, et réduit à néant les efforts de beaucoup de pays qui n’ont d’autres objectifs que de sortir de la famine.A Toyako, les grands ont également promis de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 50% à l’horizon 2050, c’est-à-dire dans 42 ans. Un vœu pieux mais qui fera la une des médias qui se féliciteront de cette avancée, sachant pertinemment que personne ne se souviendra, quand le moment sera venu, qu’en 2008 un Sommet a évoqué la question. D’ici là, de nouvelles priorités et d’autres préoccupations garniront les ordres du jour des pays qui composeront le G8 qui pourrait très bien muer en G10 ou G15. En attendant, chaque pays africain tente de mettre en place une stratégie agricole pour réduire les effets de la dépendance vis-à-vis des autres. L’Algérie, à l’instar de beaucoup d’autres, est en train de faire des efforts pour parvenir à une autosuffisance alimentaire. Une loi vient d’être votée, l’orientation agricole. Elle est censée définir les grands axes de la politique agricole et mettre en place une carte nationale qui spécialiserait les régions afin de parvenir à un seuil minimal d’autosuffisance qui viendrait consolider l’indépendance politique. La facture alimentaire qui est de 5 milliards de dollars, et qui est candidate à une hausse, est déjà préoccupante. L’aisance financière ne doit pas être un leurre et constituer le palliatif à tous nos échecs en encourageant une politique d’importation tous azimuts. L’Agriculture doit revêtir la même importance que les hydrocarbures. Produire du lait en quantité suffisante nous permettra d’économiser 1,2 milliard de dollars. Le même raisonnement pour les céréales, les huiles, et les viandes qui se taillent la part du lion dans les importations, doit être de rigueur. Le PNDA a été dénaturé parce que ceux qui en ont bénéficié ont agi selon des intérêts personnels et non une stratégie nationale. Une grande majorité des fellahs ont investi dans les fruits sans que cela règle quelque chose. On ne vit pas de dessert. La pomme de terre, l’oignon, la céréaliculture, l’élevage et l’industrie agroalimentaire auraient dû faire l’objet de plus d’attention. Il ne s’agit pas de réfléchir en termes d’exportation, et faire des projections mais d’exploiter les terres cultivables selon les spécificités de chaque région, des ressources en eau et de la population rurale. L’objectif n’est pas de dégager des surplus pour concurrencer les pays traditionnellement exportateurs mais d’arriver à des seuils de production qui couvrent les besoins nationaux. La stratégie agricole, parce qu’elle vise l’autosuffisance, doit intégrer la distribution, le stockage, le commerce de gros et le contrôle. Le feuilleton de la pomme de terre aura eu le mérite de dévoiler les dysfonctionnements des mécanismes mis en place. En dépit de l’avancée du béton, gagner la bataille de l’agroalimentaire est un défi à relever. Le pari n’est pas fou à condition que l’Etat prenne la mesure des barons des céréales, du sucre, des huiles, de la pomme de terre, et du lait. Economiser sur la facture alimentaire est une manière de réduire la dépendance des hydrocarbures. Miloud Horr
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