Algérie

H’lal alihoum, H’ram Alina

L’autre face de la démocratie L’Afrique s’est donné rendez-vous en Egypte pour des rencontres tridimensionnelles, UA, ODM et NEPAD. Bouteflika est de la partie. Il ne peut se faire représenter par son ancien représentant personnel redevenu chef de gouvernement, et Belkhadem, qui est en train de broyer son pain noir, ne peut pas remplir ses nouvelles fonctions de représentant personnel du président de la République. L’évaluation par les Pairs, une des dimensions de ce Sommet de Charm El-Cheikh, ne peut, en effet, se faire par un représentant. Un pair reste un pair, d’autant plus que Bouteflika est un des pères de ce Nepad qui est censé redorer le blason des présidents africains et donner une autre image de la bonne gouvernance aux Européens, anciens colonisateurs du continent, et qui conditionnent toute «aide» à des critères d’orthodoxie difficiles à remplir.Que peuvent les dirigeants africains pour régler les questions qui minent leur continent quand la décision dans leurs propres pays leur échappe? Quelles actions peuvent-ils bien entreprendre au Zimbabwe, par exemple, quand l’ONU, la puissante Amérique, la Grande-Bretagne ancien colonisateur et toute la communauté internationale qui ont des moyens autrement plus puissants que ceux dont disposent l’Algérie, le Nigeria ou l’Afrique du Sud, n’ont rien pu pour contraindre un Mugabe qui est en train de plonger son pays dans une guerre civile et qui s’agrippe, à 84 ans, à un pouvoir factice? Des Mugabe, il n’y a que ça en Afrique. Ils sont rois, présidents à vie ou à répétitions. Pour perpétuer leurs règnes, ils se donnent des titres -Raïs, Guide, Amir El Mouminine et autres- qui jouent le rôle de déflecteurs pour faire oublier qui ils sont en réalité: de simples mortels qui font croire à leurs peuples qu’il n’existe pas d’autres alternatives sans eux, oubliant qu’ils ne font que plonger les pays qu’ils ont libérés dans un cycle de violences pire que celui auquel les soumettaient les anciennes puissances coloniales. Du temps d’Ian Smith, la Rhodésie était un pays prometteur; et sans être au pouvoir, les Noirs se réveillaient le matin bien vivants, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui dans ce pays d’Afrique et dans plusieurs autres. Que peuvent encore promettre ces dirigeants qui n’ont rien fait des décennies durant, couler ce qui continue de marcher mis à part? Que peut faire Mugabe pour assurer une vie meilleure à ses compatriotes quand l’inflation dépasse les 165.000% et quand un simple paquet de cigarettes vaut un milliard de dollars, zimbabwéens? Les cas du Zimbabwe, de la Côte d’Ivoire et du Kenya sont des exemples qui nous renseignent sur la volonté des Africains à dépasser leurs petites personnes et qui n’hésitent pas à faire flamber tout un pays, pourvu qu’ils restent rivés à un fauteuil miteux. Kadhafi déclarait qu’il était contre l’UPM parce qu’elle faisait de l’ombre aux instances continentales (UA) et régionales (Ligue arabe et UMA). Sans soutenir la création d’un espace qui ne fera que permettre à Israël de pénétrer par effraction sans nous assurer qu’une adhésion de l’Algérie sera d’abord profitable aux Algériens, à quoi servent des mécanismes comme le NEPAD ou une organisation continentale dont l’impuissance ne peut qu’ouvrir la porte à des interventions étrangères? Si les Zimbabwéens n’ont le choix qu’entre Mugabe et Mugabe, c’est probablement avec la bénédiction d’une communauté internationale qui gesticule pour la forme mais qui se prépare à monnayer son silence.   Miloud Horr
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