Algérie

H’lal alihoum, H’ram Alina

La belle affaire ! Moumène Khalifa a été expulsé de Londres et a été enfermé à Serkadji, dans la suite qu’ont négociée pour lui les autorités britanniques. Il ne s’agit pas de la même prison que celle que l’on réserve habituellement aux autres voleurs, mais ses victimes auront, au moins, la consolation de le voir goûter à cette vie faite de privations dans laquelle il a précipité des centaines de milliers de ses compatriotes qui n’ont pas eu la chance, non pas de posséder une Jaguar comme lui, mais seulement d’en voir une «en chair et en os». La presse occidentale s’est, bien sûr, déchaînée et a parlé de scandale épouvantable, de procès truqué, d’atteintes aux droits de l’Homme et à la dignité humaine et a averti, en dépit de toutes les garanties offertes, que le (bad) boy risque d’être tué par des codétenus qui ont atterri dans le prestigieux établissement de réinsertion sociale, parce qu’ayant délesté de leurs économies d’autres Algériens que Khalifa n’avait pas eu le temps de dépouiller, en les agressant avec une arme au lieu d’un agrément officiel, il est vrai. Certains d’entre eux, les plus malins -il y en a toujours- lui colleront de près et joueront aux gardes du corps, pour avoir une part du butin que l’Anglais (c’est comme ça qu’on l’appelle en prison) cache quelque part, quand il(s) seront libérés, par la grâce d’une grâce ou à l’occasion d’échanges d’expériences pénitentiaires. Les moins malins, et ils sont légion, se demanderont à quoi servira sa détention. Ils songeront à écrire au Président pour lui demander de libérer Khalifa et de lui faciliter la délivrance d’un registre de commerce pour l’ouverture d’une pharmacie à Boughzoul, future capitale de l’Algérie, et veilleront à ce qu’il n’y ait pas d’autres pharmacies pour reconstituer les mêmes conditions dans lesquelles il a fait fortune. Ce sera le meilleur moyen de récupérer leur argent et de savoir si Khalifa a dit vrai, puisque les scientifiques prétendent que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Car pour faire fortune, il faut savoir conter. Le seul problème est que les bons contes ne font pas les bons amis et qu’ils endorment ceux qui y croient. En attendant, Moumène mène la belle vie à Londres où il est libre. Les autorités britanniques y veillent, car Khalifa aura toujours un ange gardien. Les petits épargnants qui lui ont fait confiance, parce que l’Etat lui a fait confiance, ne récupéreront rien. Parce que Boughzoul ne sera jamais capitale mais aussi parce que l’on ne fait pas fortune, au Royaume-Uni, en ouvrant une officine, et que la Banque britannique épluchera ses comptes et ne croira pas à ses contes. Le seul problème sera de savoir, alors, qui remboursera les milliards de la CNR, de l’UGTA, et des boîtes qui ont fait des dépôts censés être garantis par la Banque d’Algérie, afin de reconstituer le pactole disparu.
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