Algérie

H’lal alihoum, H’ram Alina


Ouyahia n’avait, peut-être, pas tort Le procès Khalifa, qui entame son second mois aura eu le mérite de faire remonter à la surface ce que l’égout retenait en profondeur, en dépit des mauvaises odeurs qui polluaient la vie en surface. Si de grosses pointures ont été citées lors de cette affaire, qualifiée d’arnaque du siècle, il reste que le slogan «l’homme qu’il faut à la place qu’il faut» qui a permis à plusieurs responsables d’être, justement, là où il ne faut pas aujourd’hui, traduit toute l’ironie et exprime le fond de la pensée de l’Algérien moyen qui a, depuis longtemps, retiré sa confiance à une large majorité de ses gouvernants. Si les élections présidentielles de 1995 avait connu un engouement exceptionnel, en dépit de la situation sécuritaire suicidaire qui prévalait et si les électeurs avaient choisi de renouveler leur confiance au candidat Bouteflika, en dépit d’une campagne féroce, c’est parce que les Algériens avaient besoin de se rassurer que tout n’était pas aussi pourri. Qu’ils ressentaient cette impérative nécessité de faire confiance à l’homme providence, qu’il s’agisse de feu Boudiaf, de Zéroual ou de Bouteflika, mais surtout, parce qu’ils avaient pressenti et souffert des effets de cette atmosphère polluée et de l’environnement décadent et immoral, bien avant que des agences, sensées évaluer la situation et apporter les correctifs, n’aient pu le faire. Des ministres qui se retrouvent au cœur du débat, victimes ou acteurs ; des responsables de partis, de (très) hauts responsables qui comptaient chichement les deniers de l’Etat quand il s’agissait d’améliorer le quotidien de leurs concitoyens, mais qui n’ont pas hésité, une seconde, à engager avec une légèreté aussi douteuse que le «je ne savais pas», qu’ils mirent en avant, des milliards qui ne leur appartenaient pas. Combien, parmi ces (gros) responsables qui prétendent avoir été attirés par le taux avantageux pour le bien-être de l’entreprise, ont-ils ouvert un compte personnel auprès d’une agence Kalifa? La question méritait d’être posée par la présidente du tribunal qui a, au moins, réussi par la tournure prise, à prouver que Ouyahia ne s’était pas trompé de cibles quand il avait déclaré la chasse aux mauvais gestionnaires. Le propos n’est pas de dédouaner l’ex-chef du gouvernement ou de remettre en cause la probité de ceux qui ont été, par la suite, réhabilités, mais de savoir jusqu’à quels niveaux s’allongera la liste de ceux qui décident, aujourd’hui, des stratégies à adopter et du destin de tout un pays, quand ils ont été incapables de «voir» les intérêts immédiats d’une entreprise qui reste, en dépit de son rayonnement national, petite par rapport aux fonds et aux richesses du pays.
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