
L'Algérie connaît une transformation économique majeure, avec un accent particulier sur le développement des start-ups et des micro-entreprises pour diversifier une économie historiquement dépendante des hydrocarbures. Le ministre de l'Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, M. Noureddine Ouadah, met l'accent sur la levée des obstacles pour les entrepreneurs, en favorisant un écosystème propice à l'innovation et à la compétitivité. Ce guide explore les défis, les opportunités et les initiatives gouvernementales pour soutenir l'entrepreneuriat en Algérie, en s'appuyant sur les déclarations et actions récentes du ministre.
Les entrepreneurs algériens font face à des procédures administratives complexes, notamment pour obtenir des permis d'exploitation ou des autorisations pour l'accès au foncier. Ces démarches chronophages détournent les entrepreneurs de leurs priorités, telles que le développement de produits et l'amélioration de la compétitivité. M. Ouadah a reconnu ce problème et a instruit les agences comme l'Agence nationale d'appui et de développement de l'entrepreneuriat (NESDA) et l'Agence nationale de gestion du microcrédit (ANGEM) pour simplifier ces processus.
Le financement reste un obstacle majeur. Bien que des mécanismes comme le Fonds National d’Investissement (FNI) et la Banque Algérienne de Développement (BADR) offrent des crédits, les garanties exigées par les banques découragent de nombreux porteurs de projets. Le crowdfunding, récemment autorisé par la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de bourse (COSOB), émerge comme une solution alternative, mais les plateformes locales en sont encore à leurs débuts.
Les micro-entreprises et start-ups algériennes, même celles répondant aux normes internationales, peinent à rivaliser avec les produits importés, souvent moins chers. Cela freine leur croissance sur le marché local et limite leur potentiel d'exportation.
L'accès à des locaux ou à des terrains pour établir des entreprises reste problématique. Les micro-zones d’activités et les assiettes foncières inexploitées représentent une opportunité, mais leur disponibilité et leur accessibilité doivent être améliorées.
Le ministère, sous la direction de M. Ouadah, travaille à réduire les charges administratives. Lors de sa visite de terrain à Alger le 10 juillet 2025, il a insisté sur la nécessité d'alléger les procédures pour permettre aux entrepreneurs de se concentrer sur l'innovation et la compétitivité. Par exemple, la carte d'auto-entrepreneur, lancée en janvier 2024, offre un statut légal simplifié avec des avantages fiscaux (taux de 0,5 % sur le chiffre d'affaires) et une dispense d'inscription au registre de commerce.
M. Ouadah a annoncé des efforts pour permettre aux entreprises d'accéder aux micro-zones d'activités et aux terrains inexploités. Cette mesure vise à fournir des espaces physiques aux start-ups et micro-entreprises pour développer leurs activités, notamment dans des secteurs comme la production de matériel médical ou les technologies numériques.
Fonds publics : L'Algerian Startup Fund (ASF), créé en 2020, a investi dans plus de 70 start-ups et financé 390 projets innovants. Ce fonds, en collaboration avec six banques publiques, soutient les entreprises labellisées "start-up" avec des financements en fonds propres ou quasi-fonds propres.
Révision des plafonds de financement : En mars 2025, M. Ouadah a annoncé une révision des montants alloués par la NESDA et l'ANGEM pour répondre aux besoins croissants des entrepreneurs face à l'inflation et à l'évolution des coûts de production.
Crowdfunding : L'introduction du cadre réglementaire pour le financement participatif ouvre de nouvelles perspectives pour les entrepreneurs, en particulier pour les projets à petite échelle.
Le ministre encourage les start-ups à se tourner vers l'exportation de solutions technologiques, notamment dans les domaines du SaaS, de la cybersécurité, de l'EdTech, de l'e-santé et de l'AgriTech. Lors d'une visite à Mostaganem en juin 2025, il a salué une start-up exportant des services numériques vers des pays arabes, soulignant l'importance de ce modèle économique pour diversifier les revenus du pays.
Le gouvernement met l'accent sur la formation pour garantir la viabilité des projets. Par exemple, un programme de formation de trois semaines à Tipaza a permis à des porteurs de projets d'obtenir un financement. De plus, 124 incubateurs universitaires sont actifs à travers le pays, soutenant l'innovation et l'entrepreneuriat chez les jeunes diplômés.
Un groupe de réflexion lancé en février 2025 avec la communauté algérienne à l'étranger vise à mobiliser les compétences de la diaspora pour renforcer l'écosystème entrepreneurial. Ce programme, soutenu par M. Ouadah, encourage les partenariats internationaux et l'investissement.
Depuis 2020, plus de 2 500 start-ups ont été labellisées, et le pays ambitionne d'atteindre 20 000 start-ups d'ici 2029. Cet écosystème est soutenu par 38 incubateurs labellisés et 1 600 laboratoires de recherche universitaires, offrant un environnement fertile pour l'innovation.
Technologies numériques : Les start-ups spécialisées dans les solutions SaaS, la cybersécurité et l'intelligence artificielle bénéficient d'un fort potentiel d'exportation.
Santé : Les cliniques privées, comme celle visitée à Hussein Dey, et les start-ups dans l'e-santé sont en plein essor.
Industrie verte : Les entreprises axées sur les énergies renouvelables et les solutions écologiques, comme celles du complexe GSP Electric à Mostaganem, répondent à la demande mondiale pour des technologies durables.
Produits traditionnels et cosmétiques : Les micro-entreprises développant des produits locaux, comme les cosmétiques, bénéficient d'un marché en expansion.
Le label "start-up" offre des exonérations fiscales et un accès facilité aux financements. La carte d'auto-entrepreneur, avec plus de 30 000 bénéficiaires depuis janvier 2024, simplifie l'entrée dans l'économie formelle et offre une couverture sociale.
L'Algérie forme plus de 250 000 diplômés par an, dont 110 000 dans des filières techniques et numériques. Le coût horaire moyen d'un développeur algérien (moins de 10 dollars) est nettement inférieur à celui des marchés européens, offrant un avantage compétitif.
S'informer sur les dispositifs existants : Consultez les plateformes de l'ANAE, de la NESDA et de l'ANGEM pour accéder aux financements, aux formations et aux labels.
Participer aux salons et réseaux : Les événements comme le Salon national de l'auto-entrepreneur offrent des opportunités de réseautage et de partenariats.
Miser sur l'exportation : Orientez vos produits ou services vers les marchés internationaux, en particulier dans les secteurs technologiques et verts.
Collaborer avec les incubateurs : Les incubateurs universitaires et privés, comme Algeria Venture, fournissent un accompagnement technique et stratégique.
Simplifier les démarches via le numérique : Utilisez les plateformes numériques pour les inscriptions et les demandes de financement, comme celle de l'ANAE, qui permet d'obtenir la carte d'auto-entrepreneur en moins de 10 minutes.
L'Algérie est en train de bâtir un écosystème entrepreneurial dynamique, porté par une vision de diversification économique et d'innovation. Sous l'impulsion de M. Noureddine Ouadah, le gouvernement s'engage à lever les obstacles administratifs, faciliter l'accès au foncier et au financement, et promouvoir l'exportation. Malgré les défis persistants, les opportunités pour les entrepreneurs sont nombreuses, notamment dans les secteurs technologiques, de la santé et de l'économie verte. En s'appuyant sur les dispositifs existants et en collaborant avec les structures d'accompagnement, les entrepreneurs algériens peuvent transformer leurs idées en projets viables et compétitifs, contribuant ainsi à une Algérie nouvelle, résiliente et innovante.
Sources :
Algérie Presse Service, 10 juillet 2025
Dar Algeria, 17 février 2025
Maghreb Émergent, 11 juillet 2025
Algérie Presse Service, 16 juin 2025
La Nouvelle République Algérie, 12 mai 2025
We are Tech, 26 juin 2025
Posté par : frankfurter
Ecrit par : Rédaction