
L’activité connue sous le nom de commerce du cabas — souvent pratiquée dans l’informel avec des valises et petites quantités de marchandises — est désormais intégrée dans le cadre juridique algérien grâce à un décret spécifique publié en 2025. Ce guide te donne toutes les clés pour comprendre, démarrer et réussir dans cette activité.
La micro-importation est l’activité d’importation de biens par une personne physique lors de ses déplacements à l’étranger, dans le but de les revendre en l’état en Algérie, et ce dans un cadre légal strict réservé aux auto-entrepreneurs. Elle vise à intégrer un pan important de l’économie informelle dans le circuit formel.
La base juridique :
Décret exécutif n°25-170 du 28 juin 2025, publié au Journal officiel n° 40.
Ce texte définit les règles d’exercice de l’activité, auparavant tolérée mais non codifiée.
✅ Être algérien, majeur et résidant en Algérie.
✅ Être titulaire d’une carte d’auto-entrepreneur mentionnant l’activité micro-importation.
✅ Être affilié à la CASNOS (sécurité sociale des non-salariés).
✅ Avoir un compte bancaire en devises à la Banque Extérieure d’Algérie (BEA), utilisé exclusivement pour acheter à l’étranger.
✅ Obtenir une autorisation annuelle du ministère du Commerce extérieur (valide un an, personnelle et non transférable).
✅ Ne pas exercer d’autre activité salariée ou commerciale rémunérée.
Pour éviter une concurrence directe avec les importateurs classiques :
📌 Valeur maximale par voyage : 1 800 000 DA environ (~12 000 €) sur la base du taux de change officiel.
📌 Nombre de voyages autorisés : 2 par mois maximum.
📌 Ces plafonds sont indépendants de l’allocation touristique annuelle.
Le décret ne donne pas une liste complète des produits autorisés, mais il pose des critères :
Produits sensibles ou réglementés (équipements techniques spéciaux).
Produits pharmaceutiques ou nécessitant autorisation spéciale.
Produits portant atteinte à la sécurité, à l’ordre public ou à la morale.
Articles soumis à licences spéciales ou certificats techniques.
Bien que la loi ne fixe pas une liste exhaustive, ce que pratiquent beaucoup de micro-importateurs (basé sur retour d’expérience du marché) :
Vêtements, chaussures, textiles
Accessoires de mode (sacs, ceintures, bijoux fantaisie)
Cosmétiques et produits de beauté
Petits accessoires électroniques (câbles, écouteurs, gadgets) – avec attention aux restrictions
Produits populaires recherchés localement où l’offre est faible
⚠️ Certains importateurs rapportent que les smartphones, tablettes ou appareils électroniques sensibles peuvent être difficiles à faire passer légalement avec ce statut, même si la loi ne les exclut pas formellement : les douanes appliquent parfois des contrôles stricts.
🧿 Droits de douane réduits : 5 % sur les marchandises importées dans ce cadre.
🧿 TVA et autres taxes d’importation : dans certains cas, l’activité peut être exonérée de TVA et autres taxes selon la loi 2026.
🧿 Impôt forfaitaire : un impôt unique de 0,5 % libératoire peut s’appliquer, calculé sur la valeur en douane augmentée des droits de douane et d’une marge forfaitaire de 30 %. Cela se paie lors de la mise en consommation.
Avant chaque voyage :
Déclaration en ligne des marchandises via la plateforme numérique dédiée.
Indiquer : pays d’origine, nature, quantité et valeur des produits.
Télécharger les factures et reçus pour preuve.
Payer via la carte BEA en devises.
Les marchandises sont ensuite contrôlées par la douane à l’arrivée. Certaines zones spéciales dans les aéroports (comme à Alger) sont dédiées à ce commerce pour accélérer le processus.
✔️ Statut légal clair, ce qui réduit les risques de saisies.
✔️ Droits de douane réduits à 5 %.
✔️ Exonération de certaines obligations : pas besoin de registre de commerce, pas de licence d’importation préalable.
✔️ Comptabilité simplifiée (registre numéroté visé par l’administration fiscale).
❗ Produits sensibles soumis à interprétation douanière : même si un produit n’est pas théoriquement interdit, les services peuvent l’interpréter comme “sensible”.
❗ Dépendance à un compte en devises : l’ouverture et l’utilisation du compte BEA peuvent être contraignantes pour certains.
❗ Pas d’accès à l’allocation chômage si tu exerces cette activité.
❗ Sanctions sévères (jusqu’à radiation de la carte) en cas de fausses déclarations ou non-respect des normes.
Selon l’expérience de nombreux importateurs (parcours informel ou semi-formel) :
👉 Turquie (Istanbul, Gaziantep) : vêtements, textiles, chaussures.
👉 Dubaï / Émirats : gadgets, accessoires électroniques, cosmétiques.
👉 Europe (France, Italie) : articles de mode, accessoires.
👉 Chine (via circuits physiques de shopping) : textiles et biens petits.
L’achat doit être personnel (tu dois te rendre sur place ou y envoyer quelqu’un qui est toi-même le micro-importateur).
Les données officielles consolidées n’ont pas encore été publiées par l’État. Cependant, des estimations suggèrent que le commerce du cabas concerne potentiellement des centaines de milliers de personnes et représente des flux marchands de 2 à 3 milliards de dollars par an avant même la légalisation.
| Élément | Détails |
|---|---|
| Type d’activité | Micro-importation (commerce du cabas) |
| Base légale | Décret exécutif 25-170 (2025) |
| Valeur max par voyage | 1,8 M DA (~12 000 €) |
| Voyages max/mois | 2 |
| Statut requis | Auto-entrepreneur avec code micro-importation |
| Compte requis | Devise à BEA |
| Droits de douane | ~5 % |
| Produits interdits | Sensibles, réglementés, nécessitant licences |
| Fiscalité | Impôt forfaitaire possible (~0,5 %) |
✅ Commence par analyser la demande locale pour choisir les produits.
✅ Vérifie toujours auprès des douanes avant d’acheter (produits sensibles).
✅ Garde des factures claires et traçables (obligatoire pour la déclaration).
✅ Préfère des produits légers, faciles à transporter et populaires.
✅ Utilise la plateforme numérique officielle pour éviter des sanctions.
Posté par : frankfurter
Ecrit par : Rédaction