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Guerre d'Algérie, bataille de Bouyamene, vue croisée : berger-Chouf de l'ALN et soldat colonial :



Guerre d'Algérie, bataille de Bouyamene, vue croisée : berger-Chouf de l'ALN et soldat colonial :
L'un des visiteurs de ce blog à écrit le commentaire suivant :

' Je pense que le nombre de participants de la katiba était de beaucoup supé rieur à 35 vu que le nombre de tués dans l'opération qui a suivi est, au moins le double , 78 d'après mes notes . c'était un convoi de permissionnaires non armés sauf l'escorte bien entendu ,pour le piper je suis d'accord mais l'hélico ?? il ni avait que le piper pour survoler le convoi ,

je ne vais pas épiloguer d'avantage , je trouve cet article un peu trop partisan

la photo est de moi' (Courraly Edmond, 30.05.0.2013).

Quel était mon rôle pendant l'évènement les évènements soumis à débat ici et mes information sont-elles crédibles ?

De décembre 1956 à février 1959, Mon père était correspondant de la révolution algérienne dans l'un des secteurs de la zone IV de la wilaya IV, la vallée de Kellal, arrière pays de Gouraya, département d'Orléanville à l'époque, actuellement de Tipaza.

Dès janvier 1957, alors que je n'avais que 11 ans, je deviens berger-Chouf de cette même révolution et du même secteur.

J'avais des contacts quais quotidiens avec des résistants algériens de passage ou affecté dans mes parcours. Je devais les localiser, les approvisionner en galettes et en petit lait, répérer tout mouvement ennemi à tant pour les informer, assurer donc leur sécurité.

Vers juin 1956, un violent accrochage oppose une unité de l'ALN aux forces coloniale sur le plateau de Saadouna, versant est de la vallée de Kellal. Les forces coloniales avaient fait appel à des renforts de tirailleurs sénégalais, à l'aviation : T26, Piper, hélicoptères.

Les dépouilles des soldats coloniaux tués à Saadouna, qui avaient des parents en Métropole, avaient été rapatriés en France pour y être enterrés. Quant aux sans famille ou non réclamés, au moins 6, avaient été enterrés au cimetière chrétien de Gouraya. Les dépouilles des tirailleurs sénégalais, au moins 22, ont été incinérés dans leur cercueil en bois blanc dans l'enceinte du même cimetière.

Le 28 février 1957, la même unité de l'ALN, dirigée par le même chef, Mohamed Hanoufi, alias Si Abdelhak, accroche et anéantie un convoi militaire colonial à Bouyamene-Lalla-Ouda, dans l'arrière pays de Damous ex. Dupleix. Les forces occupantes y ont laissé 28 de leurs soldats, 27 tué et un prisonnier. 4 véhicules militaires terrestres complètement détruits et un aéronef.

Courraly Edmond, ancien soldat de l'un des détachements du 22ème RI, excellent photographe, m'a adressé un commentaire dans lequel il me reproche essentiellement d'avoir sous estimé, au moins de moitié, le nombre des combattants nationalistes algériens qui ont participé à la bataille de Bouyamene-Lalla-Ouda, le type de l'aéronef abattu et ma neutralité. Ce qui remettrait en cause en tout ou partie mon témoignage.

A mon humble connaissance, l'accrochage de Saadouna et le nom de son baroudeur en chef, Mohamed Hanoufi, alias Si Abdelhak, ne sont cités dans aucun des quelques 4000 livres consacrés aux 'Evènements d'Algérie' estampillés historiques déjà publiés, dont j'ai lu ou consulté un très nombre.

A mon humble connaissance, le seul témoignage de l'accrochage de Bouyamene, publié d'abord par Historia Magazine numéro 229 sous le titre 'Damous : Opération Pilote', plagié par Henri Mabire 'Histoire militaire de la guerre d'Algérie' est du Capitaine Assémat, d'un affabulateur qui a terminé sa belle carrière coloniale dans l'OAS.

Le colonialisme français a définitivement plié bagage et condamné en dernier recours par l'histoire.

Tout comme les résistants français ont pris les armes pour délivrer leur pays : 'occupé', 'outragé', 'martyrisé' par nazis pendant la première partie des années 40, j'ai fais de mon mieux pour libérer le mien du colonialisme français. Si vous appelez cela : 'esprit partisan', je ne vous le contesterai pas.

Le lieutenant Jean Lacoste, patron du 2ème bureau du 22ème RI basé au Bois Sacré avait pour méthodes d'exposer, les jours du marché (mercredis), devant la marier de Gouraya, des cadavres de nationaliste algérien et d'exciter ses harkis et des badauds pour les torturer et les lyncher. Plusieurs membres de ma tribu, notamment mon père, âgé de 54 ans en septembre 1959, a fait partie du nombre des exposés et des lynchés par le tortionnaire en chef du 2ème bureau du 22ème RI.

Des colons du village colonial, notamment Georges Frappa et Ferdinand ont qualifié ses méthodes de 'nazies' et ses harkis de : 'Collabos.'

Le nombre des combattants de l'ALN. de janvier 1957 à février 1959, notre maison située au douar Aghzou-Yettou, sur le versant Ouest de la vallée de Kellal, constituait la passage obligé pour les combattants nationalistes algériens circulant d'est vers l'ouest et vice versa. Ils y trouvaient le couvert. Je veillais efficacement sur leur sécurité. Je leur fournissais des informations des plus sûres.

Vers le 26 février 1957, un messager du FLN nous avait livré un gras mouton et un mulet chargé de semoule pour faire un couscous pour 40 personnes. Le couscous a été préparé par ma mère, servi par mon père. j'ai été présent. Il y avait bel et bien 30 combattants armés. j'ai appris que la katiba était composée de 35 éléments. Les éléments manquants étaient de garde. Je les ai vus après leur relève.Il s'agit donc d'une katiba de 35 combattants.

Vers le 2 mars 1957, dans la matinée, l'un des combattants qui avait participé aux combats, un certain Boualem Ouaouel, natif de Lahrhat ex. Villebourg, m'informe que la katiba allait repasser avec un prisonnier. Il fallait donc préparer à manger pour 30 personnes. Ils étaient 30 et leur prisonnier. J'apprendrai plus que qu'au moins deux des manquants, le baroudeur en chef, Mohamed Hanoufi, alias Si Abdelhak et un certain Ouahlima, étaient tombés au champ d'honneur à Bouyamene.

Le docteur Mohamed Taguia, ancien haut responsable de la wilaya IV, sans jamais citer le nom de Hanoufi Mohamed ni de Si Abdelhak, que l'ALN avait mobilisé à Bouyamène 180 combattants. 180 combattant pouvaient-ils passer inaperçus dans un secteur régulièrement ratissé l'armé coloniale, étroitement surveillé par des aéronef ? Et comment assurer leur logistique ?

La nature de l'aéronef abattu. Si ma mémoire ne trahie pas, l'accrochage de Bouyamène avait débuté en fin de matinée du 28 février 1957. Le secteur dont j'avais la charge, entant que Berger-Chouf, se situe dans la vallée de Kellal, soit à environ 10 kilomètres à vol d'oiseau à l'est de Bouyamène. J'ai vu des avions : T26 (jaune), Piper (vert olive) un hélicoptère de type Alouette, longer la mer pour aller au lieu des combats. Des éléments de l'ALN qui ont participé à la bataille m'ont informé qu'ils ont détruit : 1 aéronef et 4 véhicule militaires terrestres. Ils ne m'ont pas précise le type de l'aéronef abattu. cependant, quelques plus tard, j'ai vu, dans l'enceinte du Bois Sacré, près de l'atelier mécanique, au bord de la route nationale numéro 11, plus tard sur la plage mitoyenne au Bois Sacré, l'épave criblée de balles d'un hélicoptère. S'il y a erreur dans ma note, admettez qu'elle puisse être de bonne foi.

'

Les soldats abattus étaient désarmés : 'Un convoi de permissionnaires était tombé dans une embuscade, à mi-chemin de la piste joignant Bouyamène à Dupleix. Les hommes désarmés n'avaient pas pu se défendre. Les rescapés étaient rares et le moral de tous était sérieusement atteint', capitaine Assénât, Historia-Magazine, numéro 229.

A leur retour de Bouyamène, les combattants de l'ALN étaient repassé par notre maison où un repas leur avait été préparé et servi. Leur nouveau chef, le successeur de Si Abdelhakim, un certain Sihka, avait exposé son butin de guerre. Un jeune prisonnier métropolitain transi de froid et de peur, qui refusait de s'alimenter, au moins 20 armes de guerre : Deux fusils mitrailleurs 24/29, avec trépieds, plusieurs pistolets mitrailleurs : MAT49, Thomson, fusils Garand. Au moins 20 tenues militaires et de pataugas ensanglantées.

Donc, contrairement aux élucubrations du capitane Assénât, les soldats coloniaux accrochés le 28 février 1957 à Bouyamène étaient puissamment armés. L'état major de l'armé coloniale aurait-il envoyé des soldats dans une zone connue pour être sous le contrôle des nationalistes algériens, qui avait connu, 6 mois plutôt, à Saadouna, des combats meurtriers qui avaient fait plus de 60 tués dans ses rangs, notamment des tirailleurs sénégalais ?
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