Algérie

Grève dans la Fonction publique les 13 et 14 avril



Il y a quasi unanimité sur la grève de la Fonction publique du 13 et 14 avril prochain. Les syndicats autonomes réunis autour de la Coordination et la majorité de ceux appartenant à l'Intersyndicale ont opté pour un débrayage de deux jours pour, d'un côté, reconduire leurs revendications mais, d'un autre côté, prouver qu'il va falloir, tôt ou tard, compter avec eux. Hier, c'était un vendredi calme en apparence. La journée printanière cachait une importante ébullition de la scène syndicale autonome de la Fonction publique qui se prépare à mener une grève de deux jours. L'annonce a été faite hier, en fin de matinée, lors d'une conférence de presse organisée au siège du SNTE par les membres de la Coordination nationale des syndicats autonomes de la Fonction publique (CNSAFP). Ainsi, les 12 organisations composant la Coordination et « une majorité » de ceux de l'Intersyndicale (ISAFP), donc pas moins de 15 des organisations syndicales de la Fonction publique (d'autres s'y joindront peut-être), prendront part à la grève des 13 et 14 avril 2008 qui s'annonce mobilisatrice. Pourquoi ce débrayage ? « Devant la persistance des mêmes problèmes (grille des salaires, pouvoir d'achat...), et devant l'attitude des pouvoirs publics à ignorer les syndicats autonomes de la Fonction publique, nous revenons à la charge pour défendre les intérêts des fonctionnaires et notre droit à l'exercice des libertés syndicales », a expliqué le Dr Merabet, porte-parole de la Coordination, dans une brève introduction au sujet de la prochaine grève. Impossible de ne pas évoquer les récentes déclarations du ministre du Travail, Tayeb Louh, lors du 11ème Congrès de l'UGTA, qui considère que les syndicats autonomes ne sont pas représentatifs étant donné qu'ils n'existent pas dans le secteur économique. Les membres de CNSAFP ne se sont pas fait prier pour lui répondre. Pour Meziane Meriane, les syndicats autonomes n'ont jamais dit qu'ils étaient représentatifs dans le secteur économique, par contre, « ils sont les seuls représentants légitimes des travailleurs de la Fonction publique », dit le SG du SNAPEST. Le Dr Yousfi, du SNPSSP, donne deux exemples pour démonter la « logique » du ministre du Travail. Le premier exemple cité concerne la présence du patronat privé (secteur économique) dans les tripartites, même lorsque ces dernières discutent de question en relation avec la Fonction publique. Comme 2ème exemple, il cite la Confédération générale des cadres (CGC - France) « qui est consultée lorsqu'il s'agit de problèmes concernant les cadres ». Ceci pour expliquer qu'il n'est pas nécessaire d'être représentatif partout pour être considéré comme interlocuteur, auquel cas l'UGTA n'aurait pas pu négocier la grille salariale ou le statut général de la Fonction publique puisqu'elle n'est pas représentée au sein de cette corporation, explique encore Dr Yousfi. Pour le porte-parole de la Coordination, les propos du ministre dénotent d'une « démarche irresponsable qui vise à fermer les portes du dialogue ». Il exprimera également son étonnement de voir Tayeb Louh « prendre la parole pendant 2 heures lors du Congrès de l'UGTA pour présenter le bilan moral de la Centrale ». Interrogés sur l'utilité de ces grèves devant la fermeture des portes du dialogue affichée par le ministre Louh, les représentants de la Coordination affirment qu'ils « lutteront encore et toujours pour que la loi sur les libertés syndicales soit totalement appliquée ». Le Dr Merabet compare l'agrément donné aux syndicats autonomes comme un « papier pour circuler », mais quand il s'agit de discuter de ce qui concerne les travailleurs, « on nous considère comme des mineurs qui doivent accepter d'êtres représentés par leurs tuteurs », ironise-t-il. Concernant la question de la représentativité, Meriane considère que les autorités savent, « lorsqu'il faut négocier (comme c'était le cas durant la grève de l'Education de 2003) que nous sommes représentatifs. A ce moment là, ils reconnaissent les véritables taux de suivi d'une grève ». De manière plus générale, le Dr Yousfi avance une représentativité des syndicats autonomes de l'ordre de 77 % parmi les travailleurs syndiqués de la Fonction publique. Les membres de la Coordination pensent que la prochaine grève sera un autre succès, d'abord par le caractère quasi consensuel autour de cette démarche, mais également par la justesse des revendications. Meziane Meriane ajoute toutefois, que si les pouvoirs publics persistent à ne pas reconnaître la légitimité de ces revendications, il n'exclut pas le recours au « boycott des examens de fin d'année ». Il a été rejoint sur ce point par le SG du SNTE, M. Boudjenah. Le président du SNPSSP a tenu, à la fin de la conférence de presse, à préciser que le ministère de la Santé a été instruit pour retirer les statuts particuliers qu'il a remis à la Fonction Publique et pour reconduire ceux qui ont été effectivement discutés avec les représentants des syndicats autonomes du secteur. Obligation a été faite au ministère de faire cosigner lesdits statuts particuliers avant de les remettre encore une fois à la FP. « Je salue ce revirement qui va dans le sens du respect des engagements », a tenu à déclarer Dr Yousfi, à la fin de la rencontre d'hier.
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