Mardi 669e jour d'agression sioniste contre la population civile de Ghaza mise sous un siège total depuis plus de 5 mois (157 jours), l'armée génocidaire d'Israël augmente la cadence de ses massacres contre les femmes, les enfants et les personnes à la recherche d'aides alimentaires.
Le nouveau rapport statistique du ministère de la Santé, publié hier, annonce un bilan de 731 victimes, dont 87 martyrs et 644 blessés transférés vers les hôpitaux de Ghaza lors des précédentes 24h (lundi), soit un total de victimes de 61.020 martyrs et 150.671 blessés, depuis le 7 octobre 2023. Le nombre de victimes depuis la reprise des bombardements, le 18 mars 2025, s'élève à 9.519 martyrs et 38.630 blessés.
Par ailleurs, ajoute le ministère, les massacres israéliens dans les « centres d'aide » israélo-américains ont fait, durant la journée de lundi, 52 martyrs et 352 blessés par les tirs des soldats de l'occupation et des agents de la fondation américaine «GHF», portant à 1.568 martyrs et 11.230 blessés le nombre total des victimes parmi les demandeurs d'aide alimentaire. Concernant les martyrs de la famine et de la malnutrition imposées par Israël et les Etats-Unis, les hôpitaux de la bande de Ghaza ont enregistré, durant la journée de lundi, 8 nouveaux décès (dont un enfant), ce qui porte le nombre total de victimes affamées à 188 martyrs, dont 94 enfants, ajoute la même source. A propos des cas de décès dus au syndrome de Guillain-Barré, révélée lundi, le Directeur général du ministère de la Santé a déclaré à Al Jazeera que « l'eau contaminée est la principale cause » de cette épidémie qui prend forme et qui risque de se propager davantage à l'intérieur de l'enclave et « provoquer des décès massifs ».
Le même responsable a fait état de l'indisponibilité du traitement du syndrome de Guillain-Barré à Ghaza, ajoutant que ses services ont « enregistré l'apparition de plusieurs maladies depuis le début de l'année, dont la méningite » et que « les groupes les plus vulnérables, en particulier les enfants, sont les premiers touchés, en plus de la malnutrition qui aggrave davantage leur immunité ». « Le blocage persistant des approvisionnements essentiels nous rapproche du cinquième stade de la famine », a ajouté le Directeur général du ministère de la Santé.
Mardi, vers 13h (localement), le nombre de victimes sous les bombardements et les tirs israéliens était de 31 martyrs dont 14 demandeurs d'aide alimentaire, a rapporté Al Jazeera citant des sources hospitalières. La même source a ajouté « 6 martyrs et plusieurs blessés ont été recensés dans un bombardement visant des travailleurs humanitaires chargés d'assurer la sécurité de quelques camions entrés hier dans le nord de la bande de Ghaza ». En outre, selon les services des ambulances et d'urgence de la bande de Ghaza le nombre de martyrs parmi les travailleurs humanitaires est de 7 et celui des blessés a atteint une centaine.
Expert de l'ONU: «Israël a construit la machine à famine la plus efficace que l'on puisse imaginer»
Dans des déclarations au quotidien britannique The Guardian, publiées lundi, Michael Fakhri, rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l'alimentation, a estimé que « les gouvernements et les entreprises ne peuvent pas se permettre d'être surpris par l'horreur qui se déroule actuellement » à Ghaza. Ajoutant : « Israël affame Ghaza. C'est un génocide ». Le journal rappelle que M. Fakhri « a été le premier à alerter il y a plus de 500 jours sur le fait qu'Israël orchestrait une campagne délibérée de famine massive à Ghaza ». «Israël a construit la machine à famine la plus efficace que l'on puisse imaginer. Ainsi, même s'il est toujours choquant de voir des gens mourir de faim, personne ne devrait s'étonner. Toutes les informations sont connues depuis début 2024 », a déclaré Michael Fakhri, rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l'alimentation, au Guardian. « Israël affame Ghaza. C'est un génocide. C'est un crime contre l'humanité. C'est un crime de guerre. Je le répète sans cesse, je me sens comme Cassandre », affirme encore Fakhri. The Guardian rappelle, à son tour, que dès le 9 octobre 2023, « deux jours après l'attaque meurtrière du Hamas, le ministre israélien de la Défense de l'époque, Yoav Gallant, a déclaré un «siège total» de Ghaza » et a annoncé « l'arrêt de l'approvisionnement en électricité, en nourriture, en eau et en carburant ». Et que déjà « en décembre 2023, les Ghazaouis représentaient 80% des personnes dans le monde souffrant d'une faim catastrophique », selon les chiffres de l'ONU et des agences d'aide internationale.
Le journal rappelle aussi que Michael Fakhri avait, dans une interview accordée au Guardian le 28 février 2024, déclaré : « Nous n'avons jamais vu une population civile souffrir de la faim aussi rapidement et aussi complètement, c'est le consensus des experts en matière de famine... Priver intentionnellement des gens de nourriture est clairement un crime de guerre. Israël a annoncé son intention de détruire le peuple palestinien, en tout ou en partie, simplement parce qu'il est palestinien... Il s'agit désormais d'un génocide ». « La famine est toujours politique, toujours prévisible et toujours évitable. Mais il n'y a pas de verbe pour parler de famine. On ne famine pas les gens, on les affame et cela conduit inévitablement à la famine si aucune action politique n'est entreprise pour l'éviter », déclare Fakhri. Seulement, l'expert refuse qu'on présente la famine massive en cours « comme une conséquence du dernier blocus (qui dure depuis plus de 5 mois) ». « C'est une méconnaissance du fonctionnement de la famine et de la situation à Ghaza », dit-il à ce propos. « Les gens ne meurent pas de faim subitement, les enfants ne dépérissent pas aussi rapidement. Cela s'explique par le fait qu'ils ont été délibérément affaiblis pendant si longtemps. L'État d'Israël lui-même utilise la nourriture comme une arme depuis sa création. Il peut, et il le fait, desserrer et resserrer sa machine à famine sous la pression ; il la peaufine depuis 25 ans », déclare Michael Fakhri.
L'expert onusien estime que compte tenu du « veto persistant » des États-Unis aux résolutions de cessez-le-feu au Conseil de sécurité de l'ONU, « il incombe à l'Assemblée générale de l'ONU d'appeler les Casques bleus à accompagner les convois humanitaires à Ghaza », note The Guardian.
« Des citoyens ordinaires tentent de forcer un blocus illégal pour acheminer l'aide humanitaire et appliquer le droit international que leurs gouvernements négligent de respecter. Pourquoi avons-nous des Casques bleus sinon pour mettre fin au génocide et prévenir la famine ? », conclut Michael Fakhri.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Mehdi
Source : www.lequotidien-oran.com