Algérie

Ghardaïa

Ghardaïa
Huit mois d'affrontements ont progressivement transformé la vallée du M'zab en champ de bataille. La violence semble s'y être installée pour durer. Provoquant dix morts, occasionnant des dégâts considérables, ralentissant les activités de la ville et plongeant la population de Ghardaïa dans l'angoisse.La poursuite des troubles, mortels certains jours, oblige au constat suivant : devant une menace établie, sur un périmètre circonscrit, l'état n'a pas été, et n'est toujours pas, capable de protéger une population dont les membres sont menacés de mort et les biens de destruction.Celui-ci aura pourtant bien tenté plusieurs solutions... Au temps où Ghardaïa connaissait encore les empressements officiels préélectoraux, on ne lésina pas sur "les moyens" : renforcement des troupes, dialogues de notables, conciliabules de sages, promesses foncières... L'on tenta même une espèce de "petit roque" - coup qui, dans une partie de jeu d'échecs, consiste à faire permuter le roi et la tour pour mettre le premier à l'abri d'une menace pressentie - entre les walis de Tamanrasset et de Ghardaïa.La dernière solution en date émanant du laboratoire gouvernemental, consisterait en un plan "bien ficelé", tracé par le ministre de l'Intérieur. Depuis que Belaïz a annoncé l'avènement de son plan mystérieux, les Algériens affectés par les souffrances de leurs concitoyens de Ghardaïa, sont dans l'expectative ! "C'est un plan élaboré sur la base de la raison et de la sagesse. Les pouvoirs publics ont été instruits pour l'appliquer (...)", nous a-t-il rassurés ! Nous aurions gagné à ce que le ministre nous dévoilât la teneur de ce plan - qui tient donc à la fois de la rationalité et de la vertu - ne serait-ce que pour l'intérêt pédagogique de l'expérience !À la vérité, il n'y a ni plan ni stratégie. Tout n'est qu'approximation et tâtonnements. Notre pouvoir a deux sortes d'armes : la force brutale et l'argent. Il sait manier les deux, successivement ou concomitamment. Et a essayé les deux, à Ghardaïa comme ailleurs. En renforçant les forces de l'ordre et en promettant des dédommagements financiers et fonciers. Visiblement, les forces qui manipulent les leviers de la haine et de la violence à Ghardaïa ont de "meilleurs" arguments que les autorités.Cet amateurisme dans la gestion des crises s'exprime à travers ce réflexe consistant à commencer par nier les faits quand ils posent la question du rôle de l'état dans la protection du citoyen. À Ghardaïa, on tente de faire passer une victime d'un assassinat pour une victime de la circulation comme on a voulu, à Beni Douala en 2001, faire passer un lycéen pour un "voyou"La gestion des événements de Ghardaïa illustre l'incompétence politique chronique de nos "responsables" : dès qu'ils n'arrivent pas à réduire une crise par la répression ou par la logique de la "réconciliation" financée, ils sont désemparés et laissent apparaître la profondeur de leur incapacité. Ce genre de tragédie fait partie du coût de maintien d'un régime malgré son détachement des souffrances populaires, son incompétence politique et son inertie opérationnelle.M. H.musthammouche@yahoo.frNomAdresse email


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