Algérie - Revue de Presse

Générosité aux ordres



Les Etats-Unis ont appelé plusieurs pays pétroliers, notamment ceux du Golfe, à être plus généreux dans leur participation à l?aide mondiale à la suite des ravages des tsunamis. Fallait-il donc en arriver là pour que l?Arabie Saoudite ou le Koweït décident d?augmenter leurs aides aux pays sinistrés ? Pour que les princes et émirs fassent des dons privés ? Pour que la Banque islamique de développement (BID), basée à Djeddah, se montre généreuse avec une somme de 500 millions de dollars ? Pour que l?Organisation de la conférence islamique (OCI) mette des jours avant de lancer un appel aux 57 pays qui la composent ? Pour qu?un des oulémas saoudiens, cheikh Saïd Al Bouraïk, exprimant sur la télé sa déception, lance : « Schumacher (Michael, champion de Formule 1), qui n?est pas musulman, a fait don de 10 millions de dollars aux victimes qui étaient pour la plupart musulmanes. » ? Cet appel de Washington interpelle tous les autres pays arabes et musulmans, bien en retrait par rapport à l?implication de l?Occident - surtout - dans cette entreprise humanitaire. Cela est d?autant plus important à relever que l?Indonésie, le plus grand Etat musulman - par le nombre de ses habitants - est le plus touché. Jusqu?à hier, le bilan s?élevait à 104 055 morts (soit les deux tiers de toutes les victimes de la catastrophe), sans oublier les milliers de sinistrés. L?Indonésie croule également sous le fardeau de la dette externe avec 130 milliards de dollars. Pourtant, la générosité des « pays frères » apparaît limitée, sinon timide. En cela, l?implication des populations dans ce genre d??uvre reste tributaire du bon vouloir des gouvernants, notamment dans les pays arabes. Le verrouillage de la vie associative annihile l?élan de solidarité, pourtant beaucoup plus spontané dans cet espace géographique. Cela au point que les simples citoyens doutent franchement de la destination des dons. Toute une crise de confiance à rétablir. Ailleurs, en Amérique, en Europe ou en Australie, ce sont plutôt les ONG qui jouent le premier rôle afin d?apporter toute forme d?aide aux victimes des catastrophes naturelles. Des ONG, bien évidemment, validées par la présence, en leur sein, d?hommes et de femmes ayant fait leurs preuves dans le service d?utilité publique. Au niveau national ou international. C?est toute la différence.


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