Algérie

Francofolies de La Rochelle

L’Afrique à l’honneur L’Afrique, ses tourments et sa musique étaient à l’honneur de la deuxième soirée des Francofolies de La Rochelle, qui a réuni samedi l’Ivoirien Tiken Jah Fakoly, le bourlingueur Bernard Lavilliers, un historique du festival, les Maliens Amadou et Mariam et la Nigériane Asa.Quelque 10.000 spectateurs étaient massés sur l’esplanade Saint-Jean d’Acre, la plus grande des scènes du festival, pour cette soirée conclue par le concert de Tiken Jah Fakoly. Le reggae-man ivoirien à l’allure de prophète rasta -tunique bariolée vert, rouge et jaune, dreadlocks et regard magnétique- s’est servi de cette scène comme d’une tribune pour chanter les maux et les espoirs de son continent. Entre deux morceaux, il a plaidé la cause des «travailleurs sans papiers», sous les ovations du public: «Cette expression sonne mal dans le pays des droits de l’homme. C’est une main-d’œuvre dont la France a besoin. Si ces gens travaillent, cotisent et payent des impôts, la France doit tout faire pour leur donner des papiers!» De même, sa chanson-manifeste «Ouvrez les frontières» a été suivie d’une explication de texte. «Loin de nous l’idée d’inciter la jeunesse africaine à partir. Personne ne viendra développer le continent africain à notre place», a-t-il lancé. «Mais on ne peut pas autoriser la jeunesse du monde entier à aller où elle veut quand elle veut et l’interdire à la jeunesse africaine. Nos matières premières n’ont jamais eu besoin de visa!» Dans le public fusaient alors quelques timides «Et un, et deux, et trois zéro», souvenir de la victoire d’une France black-blanc-beur à la Coupe du monde de football, dont on célébrait samedi le dixième anniversaire. Tiken Jah Fakoly, qui a dédié une chanson à Ingrid Betancourt, a été rejoint sur scène pour des duos par les artistes dont les concerts avaient précédé le sien, Asa, Bernard Lavilliers et Amadou et Mariam. «Nous voulons des hommes intègres. La démagogie, l’hypocrisie, la dictature, nous n’en voulons pas!», a chanté le couple malien. Fakoly et Lavilliers, son «grand frère», ont interprété leur duo «Question de peau», qui parle des «clandestins traqués par la police». Lavilliers, au ton toujours très engagé, n’est pas avare de coups de griffe envers Nicolas Sarkozy et sa politique. Dans un entretien publié le matin même par le journal Sud Ouest, il avait déclaré au sujet du nouvel album de Carla Bruni-Sarkozy, chanteuse et épouse du président de la République: «Je vais aller le faucher sur Internet, mais surtout pas l’acheter!» A quelques pas de la grande scène, le théâtre de la Coursive avait accueilli un peu plus tôt un concert de Stephan Eicher, filmé dans l’optique d’un DVD live. Entouré de deux musiciens, le chanteur suisse a livré un très beau spectacle, marqué par une version renversante de son vieux tube «Combien de temps» qu’on aurait cru jouée par les Montréalais échevelés d’Arcade Fire. Il a conclu son concert en laissant monter une partie du public sur scène pour un ultime morceau. Les jeunes Berry, Bensé, Alister et Maya Barsony ainsi que les Svinkels, les Québécois d’Omnikrom et le Belge James Deano étaient également à l’affiche de cette deuxième journée. Dimanche, les Francos proposent un spectacle inédit, «Nous sommes tous Claude François», hommage décalé aux chansons de «Cloclo» à l’occasion du 30e anniversaire de sa mort.
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