Algérie

Forum Cirta-FM Détente, loisirs et insécurité



Après une interruption d'un mois et demi, le Forum de Cirta-FM est revenu hier samedi sur les antennes de la radio régionale de Constantine, avec pour thème le déficit en matière de lieux de détente et d'équipements de loisirs dans la ville de Constantine et sa périphérie. De Djebel Ouahch à Aïn Smara, en passant par El-Méridj et El-Baaraouia, ainsi que les jardins publics et les espaces verts de la grande métropole de l'Est, le constat est le même: des sites en jachère livrés à eux-mêmes et à la déprédation, squattés par une faune d'individus qui les ont transformés en des lieux infréquentables. Dans ces conditions, il serait bien aléatoire de parler de détente et de loisirs dans des lieux où l'insécurité règne en maître, comme l'a bien fait remarquer un auditeur. L'exemple du défunt parc d'attractions de Djebel Ouahch qui, en prenant beaucoup de temps d'antenne, illustre bien l'échec, ou plutôt l'absence d'une politique de loisirs pour une ville de la taille de Constantine, qui regorge de sites enchanteurs qui ne demandent qu'à être mis (ou remis) en valeur afin de desserrer l'étreinte sur les familles constantinoises encerclées par le béton. En reconnaissant bien que la ville de Constantine est très peu pourvue en matière d'équipements de détente et de loisirs, le représentant de l'APC a rappelé néanmoins que le développement urbain anarchique qu'elle a connu depuis l'indépendance a fait naître un gros problème de disponibilité d'assiettes foncières. D'un autre côté, les investisseurs ont été découragés par certains comportements et un environnement hostile. Sur un autre plan et en citant l'exemple du parc d'attractions de Djebel Ouahch, le représentant des services des Biens de l'Etat a révélé qu'une expertise officielle a conclu qu'un tel projet ne peut plus convenir dans de pareils sites, à la périphérie du périmètre urbain, soumis à une insécurité chronique. Malgré l'intervention à l'antenne d'un représentant de la Gendarmerie nationale qui a mis exergue les actions sécuritaires opérées sur le site depuis deux ans (6O l'année dernière, avec l'arrestation de 9 individus qui furent présentés à la justice, et 28 depuis le début de cette année avec l'arrestation de 2 personnes), le débat est resté assez vif sur les problèmes de la sécurisation des lieux de détente et de loisirs, condition sine qua non au développement de toute politique dans ce domaine. Ce qui a poussé un auditeur à poser cette question sous forme de cri de détresse: quand la famille constantinoise pourra-t-elle aller se détendre à Djebel Ouahch comme naguère, en toute sécurité ? Le conservateur des forêts de Constantine, tentant de rassurer cet auditeur, a révélé qu'il y a un projet pour l'aménagement des sites forestiers de Constantine en centres de loisirs. Selon lui, la petite forêt du 7e kilomètre sur la route de Aïn Smara, celle de cette dernière ville, celle d'El-Baaraouia et, bien entendu, Djebel Ouahch peuvent remplir leur rôle de loisirs et de détente sans aucun équipement. Intervenant en dernier, le représentant de la direction de l'environnement a tout d'abord fait remarquer le manque flagrant de législation dans la gestion des espaces verts qui existait avant la promulgation de la loi n°07-08 du 13/O5/2OO7 relative à la gestion, à la protection et au développement des espaces verts dans le cadre du développement durable. Il dira que la superficie réservée à l'espace vert en Algérie est faible: elle est de l'ordre de un mètre carré par habitant, alors que les normes internationales donnent 1O mètres carrés par habitant. Mais c'est le dernier volet de son intervention qui a attiré l'attention de l'assistance, car le représentant de la direction de l'environnement annonce un projet «colossal» pour Constantine, qui se présente sous la forme d'un parc de loisirs et de détente qui sera implanté à Zouaghi, sur un site de 32 hectares. Le projet comprend un jardin de détente et 5 aires de jeux pour enfants, une serre pour enfants qui fonctionnera à l'énergie solaire. L'étude du projet a été faite par un groupe italien pour une enveloppe globale de 4O milliards de centimes et un délai de réalisation de 36 mois. Toutes ces grandes questions qui ont été posées, deux heures durant, par les correspondants de la presse locale et nationale, tour à tour aux représentants de l'APC, de la conservation des forêts, des services des Biens de l'Etat et de ceux de l'environnement, sont restées en suspens... et sans réponses vraiment satisfaisantes.
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