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Famine à Ghaza: «Israël mène une campagne délibérée» selon Amnesty



Lundi 681e jour de l'agression sioniste contre la population civile de Ghaza et plus de 5 mois (169 jours) de siège total de l'enclave, l'armée génocidaire d'Israël poursuit ses massacres contre les femmes, les enfants, et les personnes à la recherche d'aides alimentaires.

Le rapport statistique publié, hier, par le ministère de la Santé, fait état de 404 victimes lors des précédentes 24h (samedi), dont 60 martyrs et 344 blessés transférés vers les hôpitaux de Ghaza, soit au total 62.004 martyrs et 156.230 blessés, depuis le 7 octobre 2023. Le bilan des victimes depuis la reprise des bombardements, le 18 mars 2025, passe ainsi à 10.460 martyrs et 44.189 blessés.

En outre, l'armée d'occupation et les agents de la fondation américaine «GHF» ont tué 27 Palestiniens et blessé 281 autres dans les «centres d'aide» israélo-américains, durant les précédentes 24 heures, portant le nombre total des victimes parmi les demandeurs d'aide alimentaire à 1.965 martyrs et 14.701 blessés. Par ailleurs, le ministère a fait état, hier, du décès de 5 personnes affamées, dont 2 enfants, ce qui porte le nombre total de victimes de la famine et de la malnutrition, imposée par Israël et soutenue par les Etats-Unis, à 263 martyrs, dont 112 enfants.

Le nombre de martyrs et de blessés continue d'augmenter à Ghaza avec l'élargissement des attaques sionistes. Les bombardements d'hier ont fait, selon un bilan établi vers 15h30 (localement) par des sources hospitalières, au moins 19 martyrs dans différentes zones de la bande, dont 8 demandeurs d'aides alimentaires.

L'hôpital Al-Awda a annoncé, de son côté, que 22 Palestiniens attendant de l'aide alimentaire devant les centres de la Fondation «GHF» ont été blessés par les tirs des forces d'occupation israéliennes près du carrefour de Netzarim, dans le centre de la bande de Ghaza.

Les largages aériens des «aides» alimentaires continuent eux aussi de faire des victimes. Hier, le Complexe médical Nasser, a annoncé le martyre d'homme âgé qui a succombé à ses blessures lors de la chute d'une palette sur les tentes abritant des personnes déplacées dans la région d'al-Mawasi, à Khan Younes, au sud de l'enclave.

Le nombre de personnes dont l'état de santé se dégrade davantage sous l'effet de la politique de famine imposée par Israël, avec la complicité agissante des Etats-Unis, est également en hausse, augmentant le risque de nouveaux cas de décès pour cause de malnutrition.

Le porte-parole de l'hôpital des martyrs d'Al-Aqsa, Khalil Al-Daqran, a déclaré à Al Jazeera que le secteur de la santé à Ghaza, au bord de l'effondrement en raison du blocus imposé par l'occupation, accueille quotidiennement un «grand nombre de patients souffrant de malnutrition».

A ce propos, le réseau des ONG palestiniennes a alerté, hier dans une déclaration à Al Jazeera, sur une situation gravement dangereuse à Ghaza en raison de la poursuite de la politique israélienne de la famine comme arme de guerre. «Nous diagnostiquons quotidiennement quelque 200 enfants souffrant de malnutrition. L'occupation continue d'empêcher l'entrée des produits de première nécessité pour lutter contre la famine, et le peu de marchandises entrant à Ghaza ne couvre que 10% des besoins», affirme un membre du réseau des ONG palestiniennes, ajoutant que «la plupart des médicaments sont épuisés» et qu'environ «15.000 personnes malades et blessées, dont des enfants, ont un besoin urgent d'évacuation».

Amnesty : «Israël mène une campagne délibérée de famine» à Ghaza

«De nouveaux témoignages apportent des preuves convaincantes que la famine pratiquée par Israël sur les Palestiniens de Ghaza est une politique délibérée», affirme Amnesty International dans un communiqué publié hier, mentionnant de «nouveaux témoignages glaçants de civils déplacés affamés».

«Israël mène une campagne délibérée de famine dans la bande de Ghaza occupée, détruisant systématiquement la santé, le bien-être et le tissu social des Palestiniens, a déclaré Amnesty.

Citant des «récits (qui) confirment les constatations répétées de l'organisation selon lesquelles la combinaison mortelle de la faim et de la maladie n'est pas une conséquence regrettable des opérations militaires israéliennes» mais «le résultat escompté des plans et des politiques qu'Israël a conçus et mis en Å“uvre, au cours des 22 derniers mois, pour infliger délibérément aux Palestiniens de Ghaza des conditions de vie destinées à entraîner leur destruction physique», explique le communiqué de l'ONG.

Amnesty «a interrogé 19 Palestiniens, actuellement hébergés dans trois camps de fortune pour personnes déplacées à l'intérieur du pays (PDI), ainsi que deux membres du personnel médical soignant des enfants malnutris dans deux hôpitaux de la ville de Ghaza». «Les témoignages que nous avons recueillis sont bien plus que des récits de souffrances : ils constituent une condamnation cinglante d'un système international qui a accordé à Israël le droit de tourmenter les Palestiniens en toute impunité depuis des décennies », a déclaré Erika Guevara Rosas, directrice principale de la recherche, du plaidoyer, des politiques et des campagnes à Amnesty International.

Pour «commencer à inverser les conséquences dévastatrices des politiques et actions inhumaines d'Israël», l'ONG appelle à une «levée immédiate et inconditionnelle du blocus et un cessez-le-feu durable». «L'impact du blocus israélien et de son génocide en cours sur les civils» est tel qu'il «ne peut être annulé par une simple augmentation du nombre de camions d'aide ou par la reprise de largages aériens inefficaces et dangereux», poursuit Amnesty.

L'ONG appelle aussi à doter les établissements de santé «du matériel et des équipements nécessaires à leur fonctionnement», de faire cesser les déplacements massifs des civils, et de permettre «aux organisations humanitaires de confiance» d'«acheminer l'aide», et de «fournir des abris en toute sécurité et sans restrictions arbitraires, dans le respect de la dignité et de l'humanité de la population civile».


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