Algérie - Faudel

Extraits. Faudel, Un enfant de la cité



? « J?en ai du retard à rattraper. J?en ai des ravins à combler. Des fossés de malaise entre mon milieu d?origine et celui que j?ai fini par atteindre. Je suis comme tous ceux qui ont échappé à leur condition, un orphelin, un bâtard, un apatride, un exilé. Je suis Français mais on me regarde toujours comme un immigré. Et en Algérie, je suis un immigré aussi. Je ne suis plus pauvre mais j?en ai toujours les marques comme une acné juvénile qui a mal cicatrisé. Je suis riche mais je ne suis pas complètement riche. Parce que j?ai des envies de riches mais pas les goûts ».

?« J?ai essayé de sortir de cette image dorée mais lassante de petit prince du raï. J?ai essayé de sortir du carcan. Et puis surtout, j?ai commencé à chanter en français, ma première langue, la langue du pays où je suis né. J?ai regardé mes origines en face et j?ai admis que j?étais français avant tout. » ? « Ma vie est comme un film. Le gamin pauvre qui réussit. C?est moi et je sais que je suis une bonne histoire. A raconter. Ce que je suis en train d?essayer de faire « .

? « La cité, ce n?est pas un nom qui s?affiche à la une des journaux ou sur la veste comme une médaille de guerre. Ce sont des gens qui vivent, qui vibrent, qui veulent. Avec eux, j?ai été heureux. On était démunis, mais pleins de ressource. »

? « Quand on vit quelque part, on finit toujours par en embrasser la culture. Je suis toujours étonné d?entendre parler de volonté quand on parle d?intégration. Qu?on le veuille ou non, même si on continue, de gré ou de force à vivre avec sa communauté d?origine, on s?imprègne de la culture du pays d?adoption. C?est pour cela que je ne suis pas sûr qu?on choisisse d?être français, on l?est de fait en vivant parmi d?autres Français . » ? « Quand j?étais môme, il y avait encore plein de "Français de souche" au Val-Fourré. Dans le premier immeuble qu?on a habité, on était la seule famille maghrébine, on ne parlait pas trop de communautarisme, parce qu?elles se mélangeaient de force les communautés, mais maintenant c?est fini "

? « Nos grand-pères rêvaient de l?Algérie algérienne ; nous, nous rêvons de la France algérienne. »

? « J?ai laissé tombé l?école en cinquième, quand les étoiles du raï se sont mises à filer ».

? « Maintenant ça me manque l?école. Il y a des choses auxquelles je n?ai pas accès, et dont je ne suis même pas capable de dire à quoi elles ressemblent. Je sens seulement qu?elles m?échappent. »
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