Avec un ministère qui lui est dédié, des structures au niveau local et des centaines d’associations, l’approche environnementale n’a pas connu d’envol significatif. En dehors des discours et des actions ponctuelles, la question n’est encore ni intégrée dans une approche économique ni encore moins pédagogique au sein de l’école.
Nawal Imès - Alger (Le Soir)
C’est au ministère de l’Environnement qu’a été dévolue la mission de porter l’ensemble des problématiques liées à l’environnement et à sa préservation. A travers ses directions et ses structures au niveau local, la politique gouvernementale est censée être déclinée et concrétisée par des actions.
Le très large spectre d’intervention du ministère de l’Environnement a néanmoins fini par diluer les responsabilités. L’environnement n’a cependant jamais été l’apanage d’un ministère, soit-il dédié. Tous les pays qui ont relevé le défi ont réussi grâce à une politique multisectorielle. Force est de constater que des années après la mise en place d’un ministère, ce dernier se retrouve seul à essayer de porter une politique. Il donne l’impression d’évoluer seul sans avoir réussi à être la locomotive qui tire les autres secteurs.
Au fil des années, la prise de conscience est devenue grandissante. L’intérêt pour les questions liées à l’environnement est aujourd’hui inéluctable. La société civile est mobilisée autour de cette question. Il existe des centaines d’associations de quartier ou à vocation nationale qui s’intéressent aux différents aspects liés à la protection de l’environnement. Des actions ponctuelles sont régulièrement menées. Les citoyens soucieux de leur cadre de vie se mobilisent régulièrement pour l’embellissement de leur ville, le reboisement ou des opérations de nettoyage du littoral. Cette conscience citoyenne n’est que rarement accompagnée de véritables politiques nationales. L’école ne joue pas le jeu. Les millions d’élèves qui fréquentent les bancs des établissements scolaires sont peu ou pas du tout sensibilisés aux questions liées à leur environnement. Les quelques cours dispensés tout au long de leur cursus ne les mobilisent pas assez autour de problématiques d’avenir.
La théorie n’est que très rarement suivie de pratique. Ni ateliers de recyclage, ni projections dans la réalité. L’économie, quant à elle, est loin d’être orientée vers le «vert». Si sous d’autres cieux l’économie verte est désormais une réalité, elle connaît des balbutiements timides en Algérie.
Le créneau est pourtant porteur. De jeunes investisseurs s’y intéressent avec des idées novatrices. Pour s’imposer comme l’alternative, ils ont besoin du soutien institutionnel et d’une réelle politique qui encourage ces investissements et qui en fait la promotion. Sans une synergie de l’ensemble des acteurs, aucune politique environnementale ne pourra être efficace. Les décisions au niveau central continueront à ne trouver que très peu d’écho et la sphère économique continuera d’évoluer en marge sans une vision inclusive.
Nawal Imès
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Posté par : akarENVIRONNEMENT
Source : LeSoirdAlgerie.com du dimanche 27 mai 2018