Algérie

Elections sénatoriales


L’attraction est du côté du tiers présidentiel Alors que nous assistons, au niveau des wilayas, à des primaires au sein de chaque formation politique, ce qui a d’ailleurs pour mérite de réhabiliter localement le politique, c’est surtout les nominations auxquelles va procéder le président Bouteflika, dans le cadre du tiers présidentiel, qui polarisent l’intérêt des analystes politiques. Ces nominations, comme l’expliquent ces analystes, sont perçues comme des indicateurs d’une lisibilité de la scène politique, pour ce qui va se produire après cette échéance. Parmi les sénateurs du tiers présidentiel qui sont en fin de mandature, on peut citer dans le désordre Yacef Sadi, Zohra Drif, Mohamed Boudina, Abderrahmane Belayat, Tahar Zbiri, Dalila Hlilou, Ahmed Mahsas, le général Chelloufi. En tout et pour tout, vingt-quatre, avec à leur tête, Abdelkader Bensalah. Dans les couloirs du Conseil de la nation, où ce renouvellement partiel apporte de l’eau au moulin des commentateurs, on susurre que l’actuel président ne verra pas son bail renouvelé par M. Bouteflika, car son parti, le RND, actuellement majoritaire, va perdre cette position dominante, pour la bonne et simple raison que les nouveaux sénateurs qui seront issus des collectivités locales porteront les couleurs du FLN qui a repris les rennes des APC et des APW, lors de la consultation d’octobre 97. D’où la grande question qui alimente les supputations, à savoir qui succédera à M. Bensalah dont on dit, par ailleurs, qu’il sera chargé d’une fonction ministérielle importante. Le nom de Abdeslam Belaïd revient dans toutes les combinaisons pour accéder au rang de deuxième homme de l’Etat dans la hiérarchie protocolaire. L’homme a le profil de l’emploi et, insistent les observateurs, il partage beaucoup de choses avec Abdelaziz Bouteflika. Tous les deux ont, en effet, le même mentor politique, Houari Boumediène, dont ils étaient tous les deux des ministres de premier plan: l’un aux Affaires étrangères, l’autre à l’Energie. Les observateurs ajoutent que les vicissitudes politiques vécues par ces deux hommes, victimes des purges «chadliennes», n’ont pas altéré leur amitié. Les Algériens ont eu à le vérifier à travers le soutien que M. Abdeslam avait apporté à la candidature de Bouteflika à la présidentielle. D’ailleurs, juste après son arrivée à la magistrature suprême, M. Bouteflika avait confié quelques missions à Belaïd Abdeslam. Lors des déplacements du président de la République à l’Est du pays, l’ancien ministre du Pétrole de Boumediène a toujours été au rang des personnalités locales chargées de l’accueil, M. Abdeslam étant originaire de Aïn Kébira, wilaya de Sétif. Un paramètre toujours pris en compte dans l’optique des fameux équilibres régionaux chers au système. Les fins limiers de la scène politique avancent également que M. Abdeslam «a l’oreille de Bouteflika» qui le consulterait régulièrement sur des questions majeures. Ainsi, ajoute-t-on, Belaïd Abdeslam serait pour beaucoup dans le retrait de la fameuse loi sur les hydrocarbures concoctée par Chakib Khelil. Autant d’affinités électives avec Bouteflika qui font de Belaïd Abdeslam un sérieux prétendant au perchoir du Conseil de la Nation. Mais ce n’est là qu’un jeu de conjectures de journalistes. Et la mise au premier plan de Abdeslam n’est qu’une manière de le «carboniser», d’autant qu’il ne compte pas que des amis dans le système.
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