Algérie

Du sang neuf pour des convictions pérennes



Et c’est par nos traditions historiques politiques et sociales de militantisme toujours vivace. Tôt ou tard, l’alternative démocratique et sociale triomphera, les leçons de la stratégie politique de la Révolution vont se libérer.» C’est par ces mots que le président du Front des forces socialistes (FFS), Hocine Aït Ahmed, a tenu d’emblée à saluer les délégués du RAJ, réunis hier en assemblée générale, pour procéder au renouvellement de leurs instances. Ce message écrit a été lu par le secrétaire général sortant, Hakim Addad, lors de la cérémonie d’ouverture des travaux de cette importante réunion organique qui s’est tenue au siège de l’association Tharwa Fadhma n’Soumer à Alger. «Pour des jeunes engagés dans le combat difficile des luttes démocratiques, dans un contexte des plus hostiles tant au plan local qu’aux niveaux national et international, c’est une tâche profonde que de promouvoir le renouvellement des hommes et des femmes à la tête des structures de l’organisation», poursuit Hocine Aït Ahmed, avant d’ajouter : «Cet acte requiert une attention intelligente et sérieuse. Une attention doublement attentive qui doit consolider et la construction des structures et la continuité des programmes et des engagements.» Dans son message au caractère éminemment politique, le leader du FFS n’a pas manqué de dénoncer les entraves faites à l’action militante dans un pays verrouillé de toutes parts en exhortant, à travers les aficionados du RAJ, toute la jeunesse algérienne engagée à persévérer dans la lutte démocratique : «Notre pays a trop souffert et souffre encore de trop de carences : déficit démocratique, citoyenneté formelle, dénaturation des ambitions politiques en vaines rivalités et autres misères que la dictature entretient avec la plus grande des célérités.» Et de conclure : «Aussi, je ne peux en cette occasion que vous adresser mes souhaits les plus sincères de voir aboutir votre ambition de mener votre propre expérience d’apprentissage et de lutte démocratique. Bon courage au RAJ qui a su plus souvent montrer le chemin du courage et de l’engagement. Puisse-t-il réussir ce pari de la normalité que la situation anormale du pays a rendu si difficile.»
Outre le texte de Hocine Aït Ahmed, ce «congrès» a vu l’intervention de quelques hôtes du RAJ, parmi lesquels Yasmina Chouaki, présidente de l’association Tharwa Fadhma n’Soumer, Yacine Teguia, membre du conseil national du MDS, et Zineb Belhamel, représentante du CLA.
L’allocution d’ouverture a toutefois été prononcée par Hakim Addad, le «doyen» des «enrajés», comme l’a indiqué à juste titre l’un des intervenants. Faisant brièvement le bilan de cette organisation qui a vu le jour un certain 16 mars 1993, Hakim Addad a voulu de prime abord avoir une pensée «pour toutes celles et tous ceux qui nous ont accompagnés dans notre lutte et pour ceux qui, depuis 1962, se sont battus et se battent pour passer de la libération du pays à la libération du citoyen algérien». Il a souligné au passage que la tenue de cette AG était «un défi» en elle-même tant il est difficile aux associations, syndicats autonomes et autres partis d’opposition de se réunir. Epiloguant sur le slogan de cette assemblée, «Donnons de la valeur à nos convictions», il dira : «Malgré les empêchements, les interdictions, malgré la matraque et les paniers à salade des flics (que les jeunes appellent «la trousse»), nous n’avons jamais renié nos convictions et nous ne les renierons jamais. Maintenant, nous devons œuvrer pour que nos valeurs produisent une «plus-value», comme on dit dans le capitalisme.»
Hakim Addad, qui aura été 17 années durant le visage de RAJ et sa figure la plus emblématique, semble résolu à céder la place aux plus jeunes et passer le témoin.
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