Algérie

Désordre


Ce n?est pas regretter l?unicité de pensée chère au système du parti unique qui a fait les beaux jours du FLN que de relever dans le discours du pouvoir en place une certaine ambivalence pour ne pas parler carrément de divergences de fond dans l?approche de certains dossiers stratégiques entre le centre du pouvoir, le président de la République et les pouvoirs périphériques. La dernière déclaration du président Bouteflika faite au quotidien espagnol El Pais dans laquelle il prend explicitement partie pour l?idée de la création d?une organisation des pays producteurs de gaz considérant que l?initiative « mérite d?être examinée et discutée entre tous les intéressés », balaie d?un revers de la main les assurances données sur le même sujet par le ministre de l?Energie et des Mines, M. Chakib Khelil, qui soutenait mordicus tout à fait le contraire. Cette situation met à mal l?homogénéité et la crédibilité de l?Etat tant à l?intérieur qu?à l?extérieur du pays. Sans nul doute qu?il est sain et un signe de vitalité et de bonne santé démocratique d?un pays que des débats contradictoires s?instaurent dans la société y compris dans les allées du pouvoir, dans les institutions de l?Etat, sur les petites et les grandes décisions qui engagent l?Etat algérien au plan national et international ! Les démentis et les réajustements tant au niveau de la réflexion que de l?action gouvernementale que s?envoient à la figure comme dans un jeu de massacre les pouvoirs publics, à l?image du virage à 180% opéré à la faveur des amendements à la loi sur les hydrocarbures apparaissent fondamentalement structurels pour ne pas y déceler, au mieux des dysfonctionnements, au pire des divergences et des luttes féroces dans la gestion des affaires de l?Etat. C?est que les faux pas dans l?entourage du pouvoir ont tendance à trop se répéter et à s?accumuler pour ne pas prêter attention aux clameurs qui s?élèvent du sérail, aux velléités qui ne disent pas leurs noms de forcer la main au chef de l?Etat sur certains dossiers sensibles. Plus d?une fois, le chef de l?Etat fut amené à siffler le hors-jeu, à brandir le carton jaune, en désavouant publiquement premier ministre, ministres, président de l?APN qui se prennent au jeu de chasser sur ses terres, en s?appropriant des dossiers relevant de ses prérogatives constitutionnelles. Mais jamais le carton rouge. Il reste à savoir pourquoi. Bouteflika n?a-t-il donc pas les coudées franches pour faire respecter les règles du jeu constitutionnel et institutionnel ? A moins, comme le pensent d?aucuns, que derrière tout ce désordre politique apparent se cache une stratégie de gouvernement mûrement réfléchie inspirée par le président de la République lui-même et utilisée comme ballon-sonde pour mettre tous les atouts de son côté dans les décisions qu?il est amené à prendre.
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