Algérie

Des spécialistes s'interrogent

«Ceux qui ont pris la décision de suspendre l'opération de privatisation du CPA auraient dû prévenir au moins ceux qui gèrent le dossier, ils l'ont appris par voie de presse», nous a lancé un des cadres du ministère des Finances à la fin de la conférence de presse de la ministre déléguée chargée de la Réforme financière. A l'entendre, les choses ne se sont pas passées comme il se doit. Il ne sera pas le seul à commenter une décision à propos d'un dossier qui «devait pourtant être ficelé en février 2006». L'on persiste à dire que «la cession du CPA était ficelée au profit de CALYON, la banque issue de la fusion des deux françaises, le Crédit Agricole et le Crédit Lyonnais, d'où le nom». En plus, «les jeux étaient faits pour les Français, nous avons déjà vécu ce genre de situation comme ça été le cas pour Orascom», nous dit-on pour affirmer que «le tout allait être annoncé à l'occasion de la visite de Sarkozy à Alger» (voir Le Quotidien d'Oran du 20/11/2007). Mieux encore, «en quoi la crise des subprimes pourrait-elle toucher le CPA ?», s'interrogent les spécialistes qui refusent de croire à ce qui a été avancé par Mentouri. Mais ils pensent que la véritable question autour de laquelle s'est décidée la suspension est «pourquoi se débarrasser du CPA alors que ça été la banque par laquelle beaucoup de crédits sont octroyés et que des intérêts personnels de castes au pouvoir sont préservés ?», se demandent nos interlocuteurs pour affirmer qu'«un bras de fer a été engagé entre ceux pour et ceux contre depuis le lancement du processus de sa privatisation et ce sont les contre qui ont réussi». Les erreurs relevées dans sa gestion ? «On a pris trop de temps et on vient de donner le plus mauvais signal, celle de l'arrêter pour une raison irrecevable, le report et le retard, ce sont les pires des choses dans nos relations avec les étrangers». Ce que les spécialistes de la finance regrettent «c'est que par cette décision, on donne un avantage considérable à BNP Paribas et à Société Générale qui est celui d'avoir le temps nécessaire pour constituer leur réseau d'agences à travers l'ensemble du territoire national et comme une banque ne vaut que par son réseau, elles prendront une longueur d'avance qui leur permettra d'exiger une révision à la baisse du prix de cession du CPA au cas où elles souhaiteraient revenir dans la course, sinon, on ne voit pas comment le CPA va les intéresser après cette suspension». Et, ajoutent nos interlocuteurs, «si jamais un de leurs concurrents prendra le CPA, elles auront réussi une position confortable sur le marché algérien à raison d'une cinquantaine d'agences chacune d'ici à la fin 2008».
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