Algérie - Revue de Presse

Des jeunes saccagent le centre-ville



Emeutes du chômage à Mécheria Après un calme précaire, ponctué de revendications isolées, mais récurrentes, manifestées par des jeunes sans emploi, cette fois-ci c?est le ras-le-bol. Et surtout la goutte qui fait déborder le vase. En effet, tôt dans la matinée d?hier, plusieurs centaines de jeunes et moins jeunes ont manifesté leur désarroi en installant des barricades sur la RN6, à la sortie de Mécheria menant vers Naâma. Les émeutiers ont carrément barré cette route nationale à l?aide de grosses pierres, de petits fûts et de pneus usagés auxquels ils ont fini par mettre le feu. Tout allait dégénérer, n?était l?intervention des représentants de la société civile qui ont su, il faut le reconnaître, calmer les esprits survoltés. Malgré les jets de pierres, le commissaire de la sûreté nationale de cette localité n?a ménagé aucun effort pour éviter que la situation ne dégénère. Tout en intimant l?ordre à ses éléments de ne pas charger, il a entamé un dialogue avec les meneurs en les invitant à venir au Centre culturel de la ville où les attendaient le secrétaire général de la wilaya, le chef de daïra, le directeur des transports et la directrice de l?emploi, et ce, pour exprimer le motif de ce mécontentement inhabituel. Une fois sur place, les contestataires ont évoqué leurs doléances qui consistaient principalement en un licenciement du personnel (man?uvres et ouvriers) récemment recruté et ne résidant pas dans la wilaya. Les émeutiers ont fait allusion notamment aux travailleurs embauchés par les sociétés Algerian Railways Company (ARC), une multinationale de droit algérien qui entreprend la rénovation de la ligne ferroviaire entre Saïda et Béchar, soit quelque 360 km de rails, ainsi que le projet P34 de Sonatrach. Sur place, les jeunes accostés n?ont pas hésité à nous révéler leur « misère » et leur « difficulté à se projeter dans l?avenir ». En somme, la « hogra » est sur toutes les lèvres. Par ailleurs, l?intervention du secrétaire général de la wilaya a permis d?aplanir la quasi-totalité des divergences par la constitution d?une commission représentant la société civile. Celle-ci aura pour missions d?assister et de superviser les opérations de recrutement dans la région. Il est demandé, en outre, à ladite commission de discuter les différents problèmes inhérents à la plateforme de revendications des jeunes chômeurs, chaque samedi au siège de la daïra. Il est à signaler que certains responsables locaux ne se sont pas montrés étonnés de l?émeute dans leur ville. A ce propos, ils ont précisé qu?« aucun investissement public ou privé générateur d?emplois n?a vu le jour dans cette wilaya déshéritée où le pastoralisme demeure le seul poumon économique ». Cette dernière enregistre, insiste-t-on, l?un des taux de chômage les plus élevés du pays. Un facteur, ajoute-t-on, qui a contribué aussi à pousser certains jeunes à des déviances, voire à une délinquance les menant souvent à consommer de la drogue, mais aussi à rejoindre les réseaux de narcotrafiquants parfois d?envergure internationale. A titre indicatif, il est utile de noter qu?entre 2002 et 2004, près de 38 q de kif traité ont été saisis dans cette wilaya.


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