Algérie

Des facteurs aggravants

Contraintes - La fermeture des écoles ne s'explique pas seulement par la dénatalité qui est bien réelle de nos jours, mais aussi par l''exode rural et le terrorisme islamiste.
Le cas des écoles fermées à Aït Yenni et Draâ Ben-Khedda illustre parfaitement cet état de fait. Durant la décennie noire, plusieurs villages dans les zones chaudes ont été abandonnés par la population qui a cherché refuge dans les villes. Dans la commune de Sidi Naâmane, daïra de Draâ Ben-Khedda, deux écoles sont fermées à Boumhala et Tala Moquar.
La cause : le terrorisme. Dans ce dernier village, l'école sera rouverte incessamment, selon des responsables à la Direction de l'éducation. «À notre niveau, nous sommes prêts à rouvrir l'école primaire de Tala Moquar, pour peu que les citoyens en expriment le besoin», affirme une source du secteur éducatif de Tizi Ouzou. La même disposition est affichée au sujet de l'ensemble des écoles fermées.
Depuis la fermeture de ces deux écoles en 1995, le personnel a été réaffecté ailleurs. Pour les enseignants, c'est l'inspection de la circonscription de l'ex-Mirabeau qui les a réaffectés à travers les autres établissements restés ouverts, comme nous l'a expliqué l'inspecteur Salah Aberkane. Sinon, concernant les autres travailleurs qui relèvent de la compétence de la mairie, le président de l'Assemblée populaire communale (APC) de Sidi Naâmane a confirmé leur redéploiement. «Certains employés sont allés à la retraite, depuis», dira Rabah Khodja, comme pour rappeler que la fermeture des deux écoles a duré longtemps. Quinze ans, mine de rien. Les villages Tala-Moquar et Boumhala ont été carrément évacués, lorsque les groupes terroristes faisaient régner la terreur dans ce patelin, dont la population a souffert le martyre. Depuis maintenant cinq ans, l'on assiste au retour des habitants dans leurs villages. Le retour est certes timide : près de 20% de la population seulement est concernée. Les élèves sont scolarisés à l'école des Frères Saâdaoui de Zeboudj-Kara, un village mitoyen de Tala-Moquar. Une vingtaine d'écoliers sont issus des villages Tala-Moquar et Boumhala, révèle M. Chabane, directeur de l'école primaire de Zeboudj-Kara.
Cet établissement, où trois salles sont fermées par manque d'élèves, a un effectif de 150 écoliers, venant des trois villages. Ce qui illustre encore le phénomène de la baisse de la population scolaire. L'ancien directeur de l'école Tala-Moquar est affecté, depuis 1995, à l'école de Moul-Diwan, dans la ville de Draâ Ben-Khedda.
Même dans son nouvel établissement, il y a un rétrécissement des effectifs. 259 élèves dans cette école située pourtant en plein centre-ville. Soit une moyenne de 24 élèves par classe, voire moins. «Je suis resté à Tala-Moquar de 1981 à 1995 ; je suis resté jusqu'à la dernière minute, jusqu'au jour où la route a été coupée au niveau de Zeboudj-Kara pour prévenir contre les attentats à la voiture piégée», se souvient M. Kechid.
Selon l'inspecteur de la circonscription, la DE a donné son accord pour la réouverture de l'école primaire de Tala-Moquar cette année.
Elle recevra les élèves des deux villages, Tala-Moquar et Boumhala, inscrits actuellement dans plusieurs établissements de Tadmaït, Draâ Ben-Khedda et Sidi Naâmane. La carte scolaire est prête, indique notre interlocuteur. Près de 75 élèves seront donc réaffectés dans cet établissement scolaire fermé depuis 1995.
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