Algérie

Défense des droits des migrants : Intégration de l'Algérie au réseau africain de la Cimade

L'Algérie vient d'être officiellement intégrée au réseau africain de la Cimade, une ONG de lutte contre toutes les formes de racisme de par le monde. Cette intégration est devenue effective à la mi-février dernier avec la participation de l'Association des femmes algériennes pour le développement (AFAD) au projet régional de défense des droits des migrants, demandeurs d'asile et réfugiés initié à partir de Dakar (Sénégal) par la Cimade. Ce projet, auquel outre l'Unesco, sont associées des ONG du Maroc, de la Mauritanie, du Mali, du Niger et du Sénégal, s'étalera sur trois années (2009-2012) et devra aboutir à l'élaboration d'un rapport exhaustif sur la situation des migrants demandeurs d'asile et réfugiés dans ces six pays.Une fois finalisé, ce document sera soumis aux instances européennes à l'effet de revoir sa politique sur la question. « Le projet régional de la Cimade a pour finalité de proposer un cadre juridique régional pour la libre circulation des personnes, car il y a eu trop d'atteintes aux droits des migrants africains. Les rapports établis par la Cimade, la seule ONG autorisée par la loi à entrer dans les centres de rétention administrative, sont accablants », précise Mme Mounira Haddad, la présidente de AFAD. Et d'ajouter : « L'initiative a pour but de manifester une solidarité active avec ceux qui souffrent, qui sont opprimés et exploités et d'assurer leur défense, quelles que soient leur nationalité, leur origine, ou leur position politique ou religieuse. » Dans son approche de ce délicat dossier, la Cimade a un regard plutôt critique à l'égard de ces six pays qui se sont, considère-t-elle, substitués en « gendarmes » de l'Europe.En effet, note Mme Haddad, des pays traditionnellement d'émigration comme le Maroc, l'Algérie, le Mali, le Niger, le Sénégal ou la Mauritanie sont subitement devenus des pays de transit, voire d'accueil par défaut pour de nombreux migrants, réfugiés et demandeurs d'asile. De plus, les accords initiés par l'Union européenne et ses Etats membres pour endiguer les flux migratoires vers l'Europe ont des conséquences importantes sur la manière dont sont traités les migrants. Et pour cause, ces pays n'ont ni les moyens humains et financiers, ni, pour certains, la tradition démocratique nécessaire à un traitement de ces questions conformes aux normes internationales en matière de respect des droits humanitaires. La Cimade pointe surtout du doigt l'Algérie où environ 40 000 migrants ont été arrêtés entre 2000 et 2008 dans des conditions inhumaines. Selon l'ONG, ces migrants sont souvent privés de procès équitables et détenus dans des conditions dégradantes. Aussi, au cours de la même période, pas moins de 25 000 migrants ont été reconduits par les autorités algériennes vers les zones frontalières du Mali et du Niger, abandonnés à eux-mêmes dans le désert saharien.Pour elle, le Mali est, ainsi, devenu un lieu de refoulements massifs par voie terrestre au nord du pays, où la situation de conflit accentue les risques pour les migrants et les réfugiés refoulés. D'après la représentante de notre pays à la Cimade, l'idée du projet est née à l'issue de deux missions exploratoires en 2007 et 2008 dans la région, dont l'Algérie, au terme desquelles a été établi un diagnostic sur la situation des migrants en transit, refoulés ou rapatriés. Un état des lieux a, en outre, été fait sur les besoins des migrants et des associations leur venant en aide dont l'objet est d'approfondir les possibilités de mises en lien des différents acteurs impliqués dans la défense aussi bien au niveau national que régional, notamment par le renforcement de leur participation au réseau euro-africain sur les migrations.
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