Algérie

Déçu un 8 octobre


Bien sûr, on aurait voulu. Qu'au moins l'un des dirigeants, un ministre, un sous-secrétaire, un chef de daïra ou un planton de piscine communale, bref, quelqu'un qui représente à quelque échelon l'Etat, parle du 5 octobre.En bien ou en mal, en faux ou en vrai, juste pour en parler, peut-être pour assumer, en tout cas pour montrer qu'un Etat ne peut être absent d'une journée où 500 personnes ont été tuées par ses propres forces, sans l'alibi du terrorisme, de l'islamisme radical, de la situation sécuritaire ou de la main de l'étranger. Même ce régime, autiste et aveugle, gras et cruel, sait que cette journée est historiquement le prélude à l'avènement des rares libertés existantes, et de fait, à l'apparition de ministres non FLN au gouvernement.L'Etat, ou ses représentants, aurait pu faire semblant de dénoncer la torture, en instaurant une commission d'enquête chargée de retrouver la commission d'enquête disparue installée peu après les évènements. L'Etat aurait même pu se recueillir, 4 secondes, à la mémoire des jeunes algériens qui ont été mitraillés. Mais ce v'u n'a aucune chance d'être exaucé, c'est comme si on demandait à ce que le président de la République présente ses condoléances au peuple de Ghardaïa. Car au fond, ce ne sont même pas des v'ux. Dans un cas comme dans l'autre, tout le monde sait à quoi s'attendre.Les dirigeants, qui disparaissent généralement le 5 octobre pour réapparaître le 6 au soir, savent très bien ce qu'ils font.S'ils pouvaient effacer cette journée, reprendre le multipartisme, les journaux privés et les syndicats libres pour ne laisser que la SM, les mouhafadhas et le quotidien El Moudjahid, ils le feraient. Dans l'impossibilité, ils préfèrent se taire. Mais on peut leur faire confiance ; pour l'imminente révision de la Constitution, ils vont parler, et beaucoup parler.Ça aussi, c'est une forme de torture.
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