Algérie

Coopération énergétique algéro-espagnole, Medgaz en phase finale


La visite durant deux jours à Madrid d’une délégation de dirigeants de Sonatrach devrait aboutir à la finalisation du projet de gazoduc Medgaz par la décision d’investissement que doit prendre le conseil d’administration de la société du même nom, à savoir Medgaz.

Si la réalisation du tronçon du gazoduc situé en Algérie a déjà été lancée et que les autorisations pour la réalisation du tronçon situé en territoire espagnol ont été obtenues, il reste la partie sous-marine qui nécessite un investissement que doivent faire tous les partenaires qui ont des intérêts dans le projet de gazoduc. Parmi les partenaires, quatre d’entre eux ont déjà du gaz qui doit être transporté par le pipeline, à savoir Sonatrach, Cepsa, Iberdrola et Endesa. Les trois compagnies espagnoles ont déjà signé des contrats d’achat de gaz avec Sonatrach. Il reste les trois autres compagnies, à savoir BP, Total et Gaz de France. Sonatrach et Cepsa disposent de 20 % d’intérêts dans le projet, alors qu’Iberdrola, Endesa, BP, Total et Gaz de France possèdent chacune 12 % des intérêts. Selon le PDG de Sonatrach, Mohamed Meziane, cité hier par l’APS à Madrid, « c’est une visite aux partenaires espagnols de Sonatrach dans le Medgaz pour faire le point sur l’avancement du projet, voir s’il y a des choses qui restent à solutionner et coordonner la poursuite des actions pour sa mise en œuvre ». Après les rencontres qui ont lieu avec les dirigeants des compagnies Cepsa, Iberdrola et Endesa, respectivement Carlos Perez de Bricio, Ignacio Galan et Manuel Pizarro, le premier responsable de Sonatrach a indiqué qu’« il y a une volonté des partenaires espagnols de faire aboutir le projet dans les délais fixés et nous espérons que la décision d’investissement sera prise dans les prochaines semaines ». Abordant l’état du projet, il a annoncé : « Nous sommes dans la phase finale du processus de concrétisation du projet. Pour notre part, l’Agence de régulation des hydrocarbures (ARH) et le ministère de l’Energie et des Mines ont finalisé la concession. Côté espagnol, les autorisations ont été accordées aussi. Il nous reste juste à vérifier avec les partenaires que toutes les conditions sont réunies pour pouvoir, dans le cadre d’une réunion du conseil d’administration de Medgaz, signer l’accord d’investissement. » En résumé, le projet aborde la dernière ligne droite qui est celle de la décision d’investissement pour construire la partie sous-marine du gazoduc. Sur le territoire algérien, l’investissement est fait par Sonatrach, alors que pour la partie sous-marine l’investissement est fait par les compagnies associées dans le projet. Ce qui nécessite une décision des sept compagnies associées.L’annonce officielle de la décision de réalisation du projet de gazoduc pourrait être faite aussi bien à l’occasion de la tenue d’une réunion de haut niveau ou à l’occasion de la visite d’Etat du roi Juan Carlos 1er et de la reine Sofia en Algérie, au début de l’année prochaine. A ce propos, lors d’une conférence de presse tenue mardi à Madrid, les ministres algérien et espagnol des Affaires étrangères, Mohammed Bedjaoui et Miguel Angel Moratinos, ont confirmé la tenue en décembre 2006 à Alger de la 3e réunion de haut niveau algéro-espagnole et la visite d’Etat du roi Juan Carlos 1er et de la reine Sofia en Algérie au tout début de l’année prochaine.

Une dimension intercontinentale
Si ces deux événements confirment le partenariat qui existe entre les deux pays, l’annonce de la réalisation du gazoduc va encore renforcer leurs relations stratégiques, surtout que l’Algérie est le principal fournisseur de gaz de l’Espagne et que le gazoduc va avoir une dimension intercontinentale avec les extensions vers d’autres pays européens, comme la France ou l’Allemagne. Avec une capacité initiale de 8 milliards de mètres cubes par an dans sa première phase, Medgaz transportera le gaz naturel de Beni Saf, sur la côte algérienne, jusqu’à Almeria en Espagne. La longueur du pipeline sera de 200 km. Il sera posé au fond de la mer Méditerranée, à une profondeur de 2160 m. Sur le territoire espagnol, il sera connecté au gazoduc Almeria-Albacete. Cette connexion permettra de livrer du gaz aux autres pays européens. L’investissement nécessaire à la réalisation du gazoduc sous-marin a été estimé à 630 millions d’euros. Selon les prévisions du consortium, la mise en service du gazoduc est prévue au début de l’année 2009. La décision d’investissement devait être finalisée durant le premier semestre 2006 et les travaux de réalisation devraient s’étaler du 2e semestre 2006 jusqu’à la fin de l’année 2008 pour tous les tronçons qui totalisent une longueur totale de 1050 km, dont 550 km sur le territoire algérien, 200 km en mer et 300 km sur le territoire espagnol. Avec ce nouveau gazoduc, le troisième du genre entre l’Algérie et l’Europe, Sonatrach consolidera son rôle de fournisseur important de gaz naturel en Europe.


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