Algérie

Construit au 19ème siècle

L’immeuble du 9 rue de Gênes menace d’ensevelir ses occupants Habitant, pour certaines d’entre-elles, depuis 1936 au 9 rue de Gênes, un immeuble presque deux fois centenaire, dans le vieux quartier de Sidi El-Houari, et pas loin de la rue Philipe, 18 familles vivent dans des conditions désastreuses. Selon l’un des plus anciens locataires, le vieil immeuble aurait, d’abord appartenu à des jésuites avant qu’un célèbre docteur d’Oran n’en devienne le propriétaire et le cède à l’actuel patron, lui-même plus que centenaire. Elevé sur trois étages, l’immeuble menace ruine et risque, à tout moment, d’ensevelir ses occupants. En effet, hier dans la matinée, K.R, un enseignant, nous a fait visiter les lieux. Au rez-de-chaussée, l’humidité, le poids de l’âge, les affaissements, l’absence d’entretien et le dernier séisme, ont très sérieusement endommagé cette vieille construction comme en témoignent les séquelles. Traversés par de profondes lézardes, le sol, les murs ainsi que les toits, ne tiennent plus que par miracle. En effet, ne reposant plus que sur de gros madriers, matériau couramment utilisé avant le 20 ème siècle, les murs porteurs laissent apparaître d’immenses fissurations obliques qui vont du sol au faîte de la vieille bâtisse. A l’intérieur, l’humidité est tout simplement insupportable. Selon les locataires, le propriétaire ayant plus que décuplé le montant du loyer, l’affaire a été portée devant les tribunaux qui leur ont donné gain de cause. Depuis, c’est à dire à partir de 2004, plus personne ne paie de loyer et le contentieux demeure entier. «Le propriétaire ayant exigé de nous 10.000 dinars le mois, il refuse d’entreprendre les travaux de réparation que nécessite le vieil immeuble. Pour ces raisons et afin de prévenir la catastrophe et cerner, le cas échéant, les responsabilités de ce qui pourrait nous advenir, nous demandons aux pouvoirs publics de faire application des dispositions que prévoit la loi pour de tels cas» assurent nos interlocuteurs avant d’avouer qu’ils ne dorment plus que d’un œil, de crainte d’être surpris dans leur sommeil par...l’effondrement qui plane, comme une épée de Damoclès, sur leurs têtes. «Comme vous pouvez le constater par vous-même, j’habite ici depuis bien avant la seconde guerre mondiale. Je totalise 36 années d’ancienneté dans l’enseignement mais, comme je n’ai pas d’enfant, toutes mes demandes pour l’obtention d’un logement décent sont restées sans effet» déclare K.R, la voix enrouée et les yeux imbibées de larmes qu’il n’a pas réussi à retenir ni à cacher. Les lieux étant particulièrement insalubres, de nombreux locataires ont contracté des maladies chroniques. De la sorte, dans une même famille, on compte jusqu’à 3 enfants handicapés. Parmi les maladies dont souffrent les locataires, l’asthme, la méningite et les bronchites chroniques entre autres. Pour justifier leur longue présence sur les lieux, certains de ces habitants nous ont remis copie des fiches de recensement portant la date du 8 juin 1966. «Il y a quelque temps de cela, une commission nous a rendu visite et a photographié chacun de nous devant la porte de son logement. Depuis, plus rien», assure K.R avant de nous faire visiter les logements faisant face au 9 rue de Gênes. «Ici, dit-il, il y avait de vieux logements appartenant à l’OPGI. Les inconnus qui les ont squattés ont été récemment relogés et, pour éviter que d’autres indus ne les réoccupent, les voisins les ont tout simplement démolis. Hier donc, les habitants du 9 rue de Gênes, faisaient toujours le guet dans l’espoir de voir les autorités locales faire un geste en leur faveur. «Les logements ne comprenant pas plus de deux petites pièces, nous vivons dans une promiscuité insupportable. Pour ces raisons, nos enfants, dont beaucoup ont dépassé la quarantaine, sont toujours célibataires» se plaignent, en chœur, des chefs de familles, au teint mat à force d’être constamment exposés à l’humidité et à la vétusté des lieux. Leur calvaire étant antérieur au recouvrement de l’indépendance, ces citoyens jouiront-ils un jour des bienfaits de la liberté et de la souveraineté? Nemili M.
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