Algérie - Pisciculture, Aquaculture

Constantine - Plaidoyer pour investir dans l'aquaculture





La direction des services agricoles (DSA) de Constantine et en collaboration avec celle de la pêche et des ressources halieutiques (DPRH) de Skikda organisent des portes ouvertes sur l'aquaculture intégrée à l'agriculture, aujourd'hui mardi, au niveau de la maison de la culture Malek-Haddad, en présence de représentants de la banque Badr et des différents dispositifs d'aide à l'emploi des jeunes (Ansej, Angem et Cnac.)

Il s'agit, d'après les organisateurs, de capter et attirer les capitaux en dehors du secteur agricole, pour encourager davantage d'investissements dans ce créneau d'aquaculture intégrée à l'agriculture au niveau de la wilaya.

L'objectif recherché, selon le directeur des services agricoles, par cette manifestation est de faire sortir cette activité du carcan de l'autoconsommation où elle se trouve, pour la muter en une activité qui se pratique à l'échelle industrielle. Surtout que la wilaya, ajoute-t-il, ne manque pas d'atouts pour atteindre ce but, ambitieux peut-être, mais qui reste à sa portée malgré tout.

«En tout cas, nous y travaillons», dira-t-il.

Il y a lieu de faire savoir, dans ce sillage, que des expériences sont déjà tentées dans la wilaya, à l'instar des exploitations de Belebdjaoui, Sahraoui et Bouhdjar, qui ont commencé à développer cette activité.

«Cependant, cela reste assez limité et nous ambitionnons de l'élargir et en faire une véritable industrie», dira le même responsable.

Et d'indiquer, dans ce cadre, que les banques et notamment la Badr, mais aussi les dispositifs d'aide à l'emploi (Ansej, Cnac, etc.), seront de la partie et présents aux portes ouvertes, se déclarant prêts à financer et accompagner les investisseurs potentiels. Il s'agit là d'une activité stratégique qui génère une forte valeur ajoutée sur le marché.

«Par cette journée, nous voulons montrer aux agriculteurs, qui ont les moyens nécessaires, se résumant d'ailleurs en des bassins d'accumulation d'eau douce dans leurs exploitations, pour les ensemencer avec des alevins de divers genres de poissons», ajoute-t-il.

Et d'estimer qu'ils auront tout à gagner en adoptant cet élevage en complément, qu'ils ne regretteront pas car ce n'est que du bénéfice et à plus d'un titre. En effet, même l'eau douce des bassins, qui ont été ensemencés d'alevins, est recommandée pour l'irrigation dans l'agriculture et surtout pour l'arboriculture et l'oléiculture, car ce sont des eaux enrichies qui sont parfaites comme engrais naturel. Et de citer des expériences réussies en la matière, à l'instar de l'élevage de crevettes à la Marsa (Skikda), qui sera présenté comme exemple à adopter et à multiplier.


A.E. A.



L’aquaculture dans la région est: Des initiatives timides. Malgré le climat méditerranéen qui caractérise l’Est algérien, en particulier la wilaya de Constantine, l’aquaculture demeure l’activité la moins fréquente et la moins convoitée par nos agriculteurs. C’est lors d’une rencontre entre les spé-cialistes de ce secteur et les agriculteurs, tenue mardi en marge des portes ouvertes sur la promotion de l’investissement dans le domaine de l’aquaculture, que ce sujet a été largement débattu. Les discussions ont touché les opportunités d’investissement en aqua-culture, la pisciculture intégrée à l’agriculture, les potentialités hydriques de la wilaya de Constantine, la crevetticulture et les modalités d’investissement en agriculture et aquaculture. Les agriculteurs à Constantine trouvent encore des difficultés à se lancer dans ce domaine, considéré comme une activité d’avenir et un investissement très rentable. Ils se méfient de ce type d’élevage, jugé comme une manœuvre à haut risque. «En tant qu’agriculteurs, nous irriguons nos terres à travers le peu de retenues collinaires qui existent au niveau de la wilaya. Et pour se lancer dans l’aquaculture dans ces retenues, il nous faut un certain volume mort d’eau. Ce qui devient insuffisant pour élever les poissons et irriguer les terrains en même temps», a déclaré Abdelkrim Lebssir, agriculteur à Constantine. Et d’ajouter : «Nous avons fait un ensemencement de 7 retenues collinaires auparavant, mais avec la sécheresse enregistrée dernièrement, tous les types de poissons élevés sont morts. Soit c’est un problème de volume d’eau, ou de nombre de poissons très élevé pour une seule retenue dont la superficie est de 200 ha.» Plusieurs problèmes ont été soulevés par des intervenants concernant la wilaya de Constantine, notamment le manque d’encadrement, la mauvaise gestion et l’organisation des fellahs, les ressources hydriques qui font défaut et le coût d’importation de l’aliment nutritif, qui représente 60% du budget d’investissement. Les spécialistes présents ont tenté de rassurer les agriculteurs en leur affirmant que l’aquaculture aide à augmenter la production agricole de 20%. Et les résultats, selon eux, étaient très satisfaisants dans les wilayas du Sud. En réponse au problème des ressources hydriques, Leïla Belkadi, assistante du directeur de l’Agence des bassins hydrographiques Constantine-Seybouse-Mellag (ABHCSM) s’est opposée aux dires des agriculteurs. Elle a estimé que Constantine présente par son climat méditerranéen un lieu favorable pour l’aquaculture. En plus, selon elle, la wilaya est dotée de forages assez suffisants pour cette activité, sans oublier que chaque commune est alimentée en eau potable. «Il est nécessaire de souligner aussi que la wilaya est dotée d’un programme d’épuration des eaux usées orientées vers l’irrigation. Ce qui va augmenter les chances des agriculteurs à s’investir dans ce domaine», a-t-elle déclaré (Par Yousra Salem. El Watan du jeudi 21 décembre 2017)
Karaali Abdelouahab - Constantine, Algérie

22/12/2017 - 365858

Commentaires

Constantine - De bonnes perspectives pour l'aquaculture par A. El Abci L'aquaculture à Constantine, est-ce possible ? Oui, répond sans hésitation le directeur de la Pêche et des Ressources halieutiques de Skikda, Hocine Bousbia, lors d'un point de presse tenu hier en commun avec le directeur des Services agricoles de Constantine, en marge de l'organisation de « portes ouvertes » sur l'investissement dans l'aquaculture à la maison de la Culture Malek Haddad. « Il faut juste se débarrasser de la mentalité qui dit que l'aquaculture c'est pour les villes côtières. D'ailleurs, poursuivra-t-il, nous sommes là surtout pour mettre à disposition des investisseurs intéressés par cette activité, notre savoir-faire surtout qu'au niveau de la direction de la Pêche de Constantine, il y a cinq demandes déposées cette année, qui s'ajoutent aux cinq autres datant de 2016 à Aïn Abid, El Khroub, Hamma Bouziane. Pour dire que l'aquaculture attire quand même assez de monde à Constantine ». Et d'indiquer que les bassins d'élevage de divers poissons en eau douce de ces localités, ont donné de bons résultats avec des produits (Carpe et Tilapia), qui pèsent jusqu'à 600 grammes et représentent ainsi une bonne évolution. Toujours dans ce sillage, la responsable de l'antenne de pêche de Constantine fait observer que de nombreux autres investisseurs intéressés ont demandé la délimitation de zones aquacoles dans la wilaya, qui n'existent pas encore. « En tout cas, poursuivra l'hôte de Skikda, nous sommes là aussi pour présenter notre expérience d'élevage de la crevette en eau douce, qu'il est possible de réaliser au niveau de Constantine, moyennant une formation technique dans ce genre de poissons », poursuit-il. Et de noter, à ce propos, que « des inscriptions de candidats désireux d'y être initiés sont actuellement en cours au niveau de notre antenne locale », c'est dire l'intérêt rencontré en la matière. L'élevage de la crevette peut réussir dans la wilaya, en considération que le problème réside juste dans des analyses d'eau des bassins, qui doit être un peu plus salée et jamais inférieure à 20 degrés. Et d'évoquer, en appui « le cas de la ferme de Ouargla que nous approvisionnons en alevins pour la croissance, à partir de la station de la Marsa (Skikda) », dira-t-il. Le DSA, Yacine Ghédiri, pour sa part, a insisté sur la disponibilité de son administration à accompagner les agriculteurs intéressés, avec les banques, les services vétérinaires de la DSA, ses laboratoires et la direction de la pêche halieutique de Skikda et ce, jusqu'à la réalisation de son projet. (Le Quotidien d'Oran du mercredi 20 décembre 2017)
Karaali Abdelouahab - Constantine, Algérie

20/12/2017 - 365679

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