Algérie

Conférence pour attirer les investisseurs Un autre filon qui dort

Une conférence internationale sur les ressources minérales en Algérie, CIRMA 1, est organisée depuis hier à l'hôtel Hilton par le ministère de l'Energie et des Mines. L'objectif de cette rencontre, a expli-qué hier le ministre de l'Energie et des Mines Chakib Khelil, est de démontrer que notre pays veut devenir un acteur important dans le domaine minier, sachant que l'Algérie dispose d'énormes richesses qui sont restées inexploitées durant les décennies écoulées. «CIRMA 1 a été décidée comme une rencontre repère de promotion vers les investissements miniers afin d'ajouter une pierre à l'édifice qui sert la concrétisation des résultats visés par les réformes du secteur minier», a déclaré le ministre au cours de son intervention devant des investisseurs et chercheurs venus de plusieurs pays pour s'enquérir des potentialités dont dispose l'Algérie dans ce domaine, mais aussi pour en savoir plus sur le cadre légal et juridique qui entoure le secteur. Chakib Khelil a déclaré qu'avant 2000, la loi n'était pas attractive puisque l'Etat détenait toujours la majorité dans les contrats de partenariat. Le ministre fera savoir que l'Etat a investi pas moins de 1 milliard de dollars dans ce secteur durant les trente dernières années mais n'a pas récupéré le moindre dollar. Mais après l'ouverture du marché en 2000, le secteur a bénéficié de quelque 270 millions de dollars d'investissement à travers une trentaine de contrats de partenariat. Cette somme, souligne le ministre en marge de la rencontre, représente les investissements engagés par des firmes étrangères pour explorer les sites miniers, dont l'Algérie regorge, dit-il. L'objectif, ajoute encore le ministre, c'est d'atteindre 20 millions de tonnes par an de production, toutes matières confondues, alors qu'aujourd'hui, dit-il, la production ne dépasse pas 1,5 million de tonnes. Les matières minières, qui ont triplé ces dernières années, intéressent beaucoup les investisseurs étrangers, souligne le ministre en indiquant que l'Algérie est entrée dans la «phase d'autosuffisance» puisqu'elle a pu exporter pour 450 millions de dollars de minéraux alors qu'elle n'en a importé pour la même période que 400 millions. Selon une note du ministère de l'Energie et des Mines, le secteur a connu une expansion sans précédant depuis la promulgation de la loi minière en 2001. Un chiffre d'affaires de 61 milliards de dinars a été réalisé, note-t-on dans le même rapport qui précisera que cette branche était déficitaire durant plus de 20 ans. Il faut savoir que la loi minière du 3 juillet 2001 exonère les investisseurs dans le secteur de plusieurs taxes et droits. La nouvelle loi prévoit également des abattements sur la redevance minière en fonction des investissements consentis et du type d'exploitation, tout comme les frais de prospection et de recherche sont amortis dans le cas du passage à la phase d'exploitation. Mais l'un des points les plus importants peut-être dans la nouvelle loi, c'est la création de deux agences (ANPM et ANCGM) qui constituent une sorte de « base de données » dont peuvent bénéficier en tout temps les partenaires et autres investisseurs au sein du secteur. Chakib Khelil a déclaré que la loi minière et ses textes d'application ont été révisés selon le principe universel de renforcement et de modernisation des institutions du secteur minier, dans le cadre, poursuit-il, « du développement durable et de séparation des rôles de l'Etat et des investisseurs ». Les principes directeurs de la législation et de la réglementation minières sont, poursuit encore le ministre, l'égalité d'accès à l'information pour faciliter la prise de décision, l'égalité d'accès aux titres miniers, la promotion de participation de l'investissement privé dans le secteur minier et la protection de l'environnement. Interrogé sur les réserves prouvées d'uranium dont dispose l'Algérie, le ministre a indiqué que pour l'heure, elles sont de l'ordre de 29.000 tonnes, de quoi alimenter, dit-il, deux centrales nucléaires de 1.000 mégawats durant une soixantaine d'années. Les réserves sont dérisoires, a tenu à préciser le ministre, qui soulignera qu'il faudrait encore faire des efforts, en particulier après l'entrée en vigueur de la loi sur le nucléaire l'année prochaine. Enfin, questionné sur les informations qui circulent ces derniers jours sur la probable augmentation de la production de l'OPEP, le ministre a répondu que cela sera tranché lors de la réunion qui se déroulera le 5 décembre à Abou Dhabi, après, précise-t-il, analyse de la situation.
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