Algérie

Conférence. Jean-Paul Sartre et l’Algérie, « Une tribune pour les colonisés »

La douzaine de jours que durera le Salon international du livre d’Alger (Sila) qui est paré cette année d’un alléchant mot d’ordre « Ecriture et émancipation » est ponctuée, du mardi 31 octobre au 9 novembre par un riche cycle de conférences programmées dans le cadre du café littéraire et animées par des écrivains, des historiens des essayistes et des hommes politiques venant d’horizons divers.

Hier après-midi, la conférence animée par Jean-Louis Planche, un historien et universitaire français, a suscité un vif intérêt en donnant à profusion des détails, souvent étayés de témoignages, sur les massacres perpétrés par l’armée et les colons en mai-juin 1945. C’est sur le thème de la décolonisation de l’Algérie que Mohamed Lakhdar Maougal prendra le relais pour parler du rôle joué dans ce cadre par Jean-Paul Sartre. Il a d’abord revisité brièvement la vie du jeune Sartre et comment ce dernier, notamment après son contact avec Paul Nizan, en vient à se révolter contre sa société ainsi que contre le système politique qui la chapeaute et la structure. Mais, précise Maougal, il faut attendre la Seconde Guerre mondiale, son incorporation dans l’armée puis son dur internement dans un camp en tant que prisonnier pour voir Jean-Paul Sartre évoluer philosophiquement et que commencent à s’affirmer dans ses écrits les idées liées à l’existence qui vont donner sa théorie existentialiste dont le noyau est basé sur la liberté. Ce sera cependant avec l’immense vague des mouvements de libération qui fleurissent partout que celui qui deviendra incontestablement un intellectuel aussi bien atypique que charismatique va se transformer pour devenir un acteur actif dans la lutte anticoloniale. Même s’il n’est jamais venu en Algérie, probablement empêché par les autorités coloniales, Sartre a joué un rôle immense en faveur de la libération des pays du Maghreb et surtout de l’Algérie en agissant lui-même et en donnant la parole aux colonisés. Il va participer à sa manière en multipliant les efforts pour mobiliser de l’intérieur un mouvement d’engagement des Français contre la colonisation. C’est grâce aux expériences accumulées dans cet engagement que le maître à penser qu’il était devenu se transformera peu à peu en intellectuel engagé au sens propre du terme qui n’hésitera pas à se lancer dans l’anti-impérialisme ou dans les luttes, comme en 1968, transformatrices des sociétés occidentales…


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