Algérie

Commentaire

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Le congrès extraordinaire du Rassemblement national démocratique (RND) prévu le 5 mai prochain promet d'être chaud. Comme son frère jumeau et néanmoins rival politique le Fln tirant sa légitimité et sa «force» électorale de son inféodation au pouvoir, le Rnd subit lui aussi de plein fouet les retombées des luttes de clans et des rééquilibrages des forces au sommet du pouvoir.Les changements successifs au niveau des directions politiques qu'ont connus ces deux formations ont toujours été le fait d'un parachutage décidé dans les sphères du pouvoir. Les congrès, les débats prétendument démocratiques, les élections aux postes organiques du parti, le vrai-faux suspense pour élire le secrétaire général alors que le choix est déjà tranché à l'avance dans les cabinets noirs du pouvoir, tout cela n'est qu'un jeu de scène qui ne trompe pas sur le rôle d'encensoir du système dévolu aux partis du pouvoir.Il est symptomatique de relever, à cet égard, que la guerre frontale opposant les chefs des deux partis du pouvoir, Amar Saadani et Ahmed Ouyahia, n'est pas le résultat d'une divergence dans les choix programmatiques et doctrinaux de ces deux formations qui se découvriraient aujourd'hui, soudainement, quelques divergences après avoir chanté et loué leur totale convergence de vues. La pomme de discorde qui fait se déchirer dans une guerre de chiffonniers les premiers responsables de ces partis se focalise sur la surenchère autour du soutien et de la fidélité au président Bouteflika.Pour lui porter l'estocade et l'achever politiquement, Saadani brandit l'arme fatale de la trahison à l'encontre du secrétaire général par intérim du Rnd tout en se présentant comme étant le fils unique et légitime, digne héritier de Bouteflika et du pouvoir. Il n'en veut pas ou plus de la kafala et de la filiation par adoption de Ouyahia qu'il suspecte d'être trop gourmand à son goût quant à son ambition politique personnelle. Ouyahia, qui connaît bien l'alchimie du pouvoir en place pour avoir assidûment fréquenté ses arcanes, n'a sans doute jamais autant douté de son étoile depuis que Saadani l'a mis dans son viseur.Le patron du Rnd a-t-il brûlé ses vaisseaux ' Le mouvement de redressement qui secoue son parti et qui va certainement en s'amplifiant à mesure qu'approche l'échéance de la tenue du congrès n'est pas pour apporter la sérénité dont a besoin, aujourd'hui plus que jamais, Ouyahia. L'homme ne fait plus le consensus autour de lui. Il a beau minimiser la portée de la contestation interne à son parti, qui a demandé dans un communiqué, mardi, le report du congrès, qualifiant avec mépris de «groupuscule» ses animateurs, il sait qu'il a déjà perdu une bataille et certainement la guerre pour les combats politiques futurs qu'il se préparait à mener, car il n'est pas aussi naïf politiquement parlant pour croire aux mouvements spontanés.Privé du soutien du pouvoir, mal servi par cette affaire de scandale de compte bancaire offshore au Panama d'un de ses lieutenants parmi les plus proches ? le ministre de l'Industrie et des Mines, Abdessalem Bouchouarab ? confronté à une fronde interne, c'est la première fois de sa carrière politique qu'Ouyahia sera amené à jauger sa représentativité et son aura à la faveur du prochain congrès, qui se tiendra dans une conjoncture bien particulière. Y survivra-t-il ' S'il part cette fois-ci, ce sera un aller simple sans retour. Parole de Amar Saadani !


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