Algérie

Commentaire

Où en sommes-nous par rapport à la transition ? S’il peut être admis, selon la position occupée dans l’échiquier politique, que la phase politique de la transition soit déclarée achevée ou inachevée, rien qu’au regard du fait que le processus électoral a repris son cours normal, en terme de rapprochement des urnes, c’est-à-dire que l’édifice institutionnel est reconstruit, compte tenu que leur légitimité est renouvelée, pourrait-il en être de même pour ce qui concerne la phase économique? Il est bien évident que du point de vue de l’opposition, la question se pose vraiment de savoir si nous sommes encore dans une trajectoire réelle menant vers une double transition à la fois vers l’économie libérale et le multipartisme puisque nous ne serions ni dans une réelle économie de marché ni dans une réelle démocratie, ni dans un réel Etat de droit puisque tous les présidents successifs et ce, jusqu’à aujourd’hui, parlent encore de la nécessité de construire un Etat de droit. Toujours selon l’opposition à laquelle le parti MSP vient de fausser compagnie en s’opposant à la levée de l’état d’urgence depuis les derniers attentats à Alger, alors qu’il exigeait le contraire auparavant, le fait même que l’état d’urgence demeure instauré à ce jour est une entrave à l’explication officielle qui tend à faire accréditer la thèse selon laquelle la démocratie est une réalité compte tenu que l’état d’urgence n’est pas suspensif du processus de démocratisation. Durant les premières années de la décennie 90, il a été expliqué que la démocratie serait réelle à l’achèvement de la construction de l’édifice institutionnel, c’est-à-dire à la reprise du processus électoral qui donnera une légitimité aux institutions élues. Aujourd’hui, l’objectif de la reprise du processus électoral est atteint et même que celui-ci commence réellement à s’inscrire dans la tradition bien qu’il s’en trouve pour dire qu’en réalité, le champ politique dans son étendue restrictive et dans son fonctionnement à respiration minimale, au bord de l’asphyxie, ne correspond pas tout à fait à une situation de démocratie et il en est de même pour le champ syndical et de la même façon, le champ économique ne correspond pas à celui dans lequel s’exerce réellement la concurrence. Peut-on alors admettre, comme nous y invitait le pouvoir durant les premières années de la décennie 90, que la transition se terminerait avec la reprise du processus électoral qui conférerait la légitimité aux institutions ou alors se convaincre que la transition passe maintenant des institutions aux comportements et aux mentalités? Quand on voit qu’au sein des démocraties, les personnalités politiques adverses s’accusent de ne pas respecter le jeu démocratique, il est alors évident que la démocratie idéale demeure éternellement à l’état de projet, mais cela n’empêche pas le respect consensuel de certaines règles du jeu politique. Un jeu qui ne doit pas être fermé ni à l’avantage exclusif de ceux qui en ont les cartes en main, au point où à l’avance, les vainqueurs ainsi que les vaincus sont identifiés.
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