Algérie

Commentaire


Pourquoi ? Comment pouvoir prétendre regarder l’avenir avec une pensée renouvelée, des approches reformulées, alors qu’il n’apparaîtrait pas du tout, après l’accumulation de tous les maux, l’affaire Khalifa en étant seulement une partie, que les démarches étatiques entreprises dans un contexte d’absence ou de déliquescence de l’Etat soient réellement efficaces, qu’est prise l’exacte mesure des problèmes et que se soit exprimée la disponibilité à en débattre dans un cadre national pour trouver les éléments d’un vrai consensus. Pourquoi les discours et instructions pratiquement publics du président avaient pu donner quelques espoirs alors que le terrain le contredisait? La question devrait vraiment se poser et nécessiter une réponse approfondie qui permettra de donner les éléments constitutifs d’une solution. Toutes les démarches annoncées seraient alors fictives pour ce qui concerne leur application, ou inadaptées aux mentalités des prédateurs et accapareurs de ceux qui guettent la moindre faille ou alors elles n’auraient pas trouvé des acteurs étatiques capables de faire appliquer les orientations et instructions présidentielles sans le moindre écart? Violence dite terroriste, montée en puissance des maux sociaux à travers le pays, détournements, gestion rythmée par la corruption, émeutes locales exprimant l’insatisfaction, celles-ci n’étant pas pour le moment coordonnées... Si certains, comme toujours de par leur proximité du pouvoir, continuent, mais sans conviction, à soutenir que nous vivons dans le système le plus démocratique qui soit, le plus sain, les problèmes et les contradictions demeurent encore les mêmes, à savoir avec la même fracture politique, la même impossibilité à obtenir la relance de l’économie. Cinq chefs d’Etat ont été consommés, une dizaine de chefs de gouvernement, peut- être autant pour ce qui concerne les chefs des GIA, et la violence ne veut toujours pas dire son dernier mot, de même que l’»immoralité» de la gestion des deniers. Nous nous en tenons encore à la thèse que le terrorisme est un phénomène étranger à notre société (et à la classe politique), que la consommation de la drogue est également un phénomène étranger à notre société, ce qui nous fait faire l’économie d’une réflexion collective sérieuse et donc de la thérapie qu’il faut. Il n’y a aucune utilité à faire de telles déclarations et nul ne peut tirer des dividendes en pratiquant volontairement la politique de l’»autruche». Pourquoi notre société est-elle à ce point vulnérable? Pourquoi nos différentes perceptions entrent-elles dans une situation qui privilégie les affrontements physiques et non d’idées et que sont impossibles les écoutes mutuelles? Il faut bien le remarquer. Les trois pôles du triangle «pouvoir, partis, populations» sont devenus répulsifs, autant alors dire qu’il faudrait en rechercher les causes à la fois dans les hommes et dans le système politique qui régit, depuis plus de quarante années, le fonctionnement de l’Etat et régule les relations au sein de la nation.
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