Algérie

Commentaire


Bras de fer en haute mer La grève des patrons pêcheurs se poursuit à travers le territoire national. Elle ne constitue en aucune façon une surprise: elle découle d’une logique entretenue depuis les années 70, période à laquelle l’Etat s’est dessaisi du dossier. Le secteur de la pêche a toujours vécu en marge de toute législation et seule la loi de la jungle a prévalu dans la gestion des affaires. Un patron pêcheur est seul à décider de qui fait quoi, pour combien et dans quelles conditions. Ni sur le plan social, ni sur le plan légal, encore moins au plan du contrôle d’activité, ce secteur n’a pu être maîtrisé par les pouvoirs publics. Aujourd’hui que ces derniers essaient de faire prévaloir un soupçon d’ascendant administratif, les maîtres des quais se rebiffent et refusent tout compromis, toute discussion. Pourtant, les exigences sont «basiques»: un contrôle des personnels navigants au plan de la couverture sociale, un contrôle de l’activité de pêche avec déclaration des prises au réel et non pas «au pif» comme cela se fait depuis la nuit des temps, et le respect des dispositions indispensables à la survie des espèces en matière de repos biologique... Nos voisins maghrébins tournent depuis toujours sur ces normes, somme toute banales, et arrivent de ce fait à négocier très cher les concessions annuelles, avec notamment l’Union européenne et le Japon. Si le ministère a voulu remettre de l’ordre, avec beaucoup de retard faut-il le rappeler, ce n’est que justice. Ils sont légion les cas de marins tombés malades ou impotents qui mendient dans les pêcheries pour trouver de quoi manger, car à aucun moment ils n’ont bénéficié de couverture sociale. Il y a sur notre littoral une pêche anarchique, aux plans des zones de pêche et des périodes, qui fait qu’à présent, certaines espèces sont menacées de disparition et d’autres ont déjà depuis longtemps tiré leur révérence... Le ministère des Pêches, qui soutient son secteur à coup de subventions multimilliardaires, a-t-il tort à présent de faire respecter les lois de la République? Toute la question est là. Sauf que les patrons pêcheurs ne l’entendent pas de cette oreille.
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