Algérie

Commentaire


De nouvelles frontières pour une nouvelle géopolitique Dans son dernier discours devant les cadres de la nation, le président s’était étonné de ce que les élus changent de parti au gré des conjonctures. Cette interrogation a été celle du président devant les cadres de la nation. Qu’est-ce que c’est également que ces partis qui n’arrivent pas à garder leurs élus et pourquoi des partis débauchent-ils des élus appartenant à d’autres partis? En football au moins, il y a un cadre pour cela et qu’on appelle les «mercato». Pourquoi alors pas d’équivalent pour les partis? D’abord, quelles sortes de militants avons-nous et, réellement, les conditions sont-elles réunies pour donner un sens à l’acte de militer au sein d’un parti? Avons-nous un champ politique capable de faire émerger des hommes politiques au lieu de l’habituelle émergence des personnalités déjà connues provenant des institutions et favorables à la restriction de l’étendue du champ politique de façon à ce que ne puisse pas en émerger des concurrents qui ont des chances de s’avérer redoutables ? Comment les militants conjuguent-ils les concepts de fidélité et d’intérêt? Il y a ceux qui ont quitté leur parti pour rester fidèle à leurs idées. Ceux-là ont fondé d’autres partis, ou sont restés des SDF, à la recherche de meilleures opportunités pour se structurer, leur conviction étant grande que des forces politiques sont matérialisées par des partis. Mais parmi les SDF il y en a qui ont la conviction que la situation politique actuelle ne fournit pas les conditions idéales pour favoriser l’émergence de partis. Y a-t-il réellement des partis émergeants? Quand on admet qu’un parti ne s’enracine que par des marches, des manifestations, des meetings et par un accès facile aux médias lourds, on en conclut alors qu’il n’y a pas de véritable parti politique enraciné au sein des populations. Ni les partis censés être au pouvoir, ni ceux de l’opposition ne peuvent se prévaloir d’une audience élargie, réelle et d’une capacité à encadrer les foules. Leurs relations avec les populations sont donc fictives. Il y a ceux qui ont abandonné leurs idées pour rester fidèle à leur parti, ou plutôt au sigle, et tenter d’y émerger profitant du départ de ceux qui ont quitté ce parti pour rester fidèles à leurs idées. Certains d’entre eux font tactiquement hiberner leurs idées et épousent celles du moment pour s’emparer de l’appareil du parti et faire ensuite resurgir leurs idées. Il y en a qui, parce qu’ils n’ont pas de certitudes doctrinales, ou qui n’ont pas du tout d’idées, épousent la ligne du parti qui leur offre un abri, une identité et de la considération. Il y en a qui ne sont fidèles ni à leur parti ni à leurs idées, allant là où leurs intérêts sont préservés. C’est l’exemple de ceux qui ont des «avoirs» à partager, et pourquoi pas à faire prospérer. Il y en a qui estiment que la position d’éternels opposants comporte le risque de leur éternelle marginalisation et de la démobilisation de leurs militants. Ceux-là peuvent rejoindre le pouvoir s’ils contrôlent l’appareil de leur parti, ou entrent en dissidence et créent un autre parti qu’ils s’empressent de mettre à la disposition du pouvoir. Il y en a, quand même, qui font prévaloir leurs principes sur leurs intérêts, mais mènent un combat perdu d’avance. Ils investissent dans la durée, mais c’est le temps qui est leur ennemi car il les mène vers leurs limites biologiques naturelles sans qu’ils atteignent leurs objectifs. Quant à ceux qui font prévaloir leurs intérêts sur les principes, tout semble leur sourire en terme de dividendes lucratifs ; mais quand ils sont bien seuls à se regarder dans la glace, ils ne doivent pas avoir d’eux-mêmes une haute estime.
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